L'UBB a attendu la seconde période pour faire respecter son rang
Bordeaux-Bègles avait un compte à régler avec lui-même après la déroute subie à Toulouse. Il aura fallu une mi-temps entière pour que l’équipe girondine prenne enfin la mesure du Stade Français, dominé sans appel 40 à 10 dimanche 20 septembre, lors de la clôture de la troisième journée de Top 14. Une victoire ternie tout de même par la blessure de Matthieu Jalibert.
La série noire face aux Parisiens appartient désormais au passé. Battue à deux reprises la saison dernière par le Stade Français, et deux fois à Chaban sur les trois dernières saisons, l’UBB n’a cette fois pas cédé au syndrome de la bête noire. Mais il lui aura fallu du temps pour imposer son autorité.
Rien n’était joué à la pause. Les partenaires de Maxime Lucu, une nouvelle fois précieux, ont longtemps buté sur une défense parisienne féroce et intraitable dans le combat physique.
Un début à fond, puis un passage à vide
Privé de Louis Bielle-Biarrey, laissé au repos, Bordeaux-Bègles a confié les clés du couloir à Hugo Avogadro, son remplaçant, originaire lui aussi de Grenoble. Auteur d’un en-avant dans l’en-but adverse sur son tout premier ballon, dès la 2e minute, l’ailier s’est rattrapé neuf minutes plus tard. Sur une première main jouée en mêlée, il a cadré son vis-à-vis avant de forcer le passage pour aplatir.
Cet essai précoce aurait pu porter les Girondins vers le match rédempteur qu’ils espéraient après Toulouse. La blessure à la cuisse droite de Matthieu Jalibert, sortie prématurée du numéro 10, en a décidé autrement. Une absence dont Louis Foursans, demi d’ouverture parisien, mesurera après coup le poids dans la physionomie de la rencontre. « Un de leurs facteurs X, Matthieu Jalibert, s’est blessé, est sorti. Peut-être que ça les a aussi un peu perturbés », glissera-t-il.
Pire pour Bordeaux, sur une chandelle de son remplaçant Hugo Reus, les Parisiens de Jeremy Ward se sont montrés les plus prompts et les plus réalistes. Mathis Ibo a douché l’enthousiasme bordelais en reprenant l’avantage, 5 à 10 à la 15e minute.
Un combat parisien bien préparé
Solidement contrés par des Stadistes très engagés dans le combat, qui avaient visiblement bien préparé leur coup malgré l’absence de plusieurs cadres, les hommes de Yannick Bru ont ensuite manqué de fluidité et de précision. Trois pénaltouches contrées en témoignent, tout comme le manque de réussite de Reus, auteur d’un en-avant à la chute après un par-dessus tenté pour lui-même, à la 21e minute. « À la mi-temps, on était dans les clous. On s’était dit qu’on voulait faire un “match de chiens”, désolé de l’expression, mais on était dans ce qu’on voulait faire. On les a embêtés », racontera Foursans.
La rencontre, disputée, a viré à la tension après le carton jaune infligé à Damian Penaud à la 32e minute. Elle aurait pu basculer avant la pause en faveur des visiteurs, malgré leur indiscipline flagrante. Mais ce sont bien les Girondins, réduits à quatorze et pourtant les plus courageux, qui ont planté leur deuxième essai par l’intermédiaire de Reus, à la 36e minute.
La bascule du second acte
Le regain de forme bordelais s’est confirmé au retour des vestiaires, avec un changement d’état d’esprit que Shaun Sowerby, l’entraîneur de l’UBB, mettra en avant à l’issue de la partie. « La première analyse, c’est que malgré les frustrations de la première période, on est très content d’être ressorti après la mi-temps avec une attitude un peu différente, avec beaucoup plus d’engagement, en sachant que le Stade français, c’est une équipe de combattants qui nous a rendu la tâche très difficile », expliquera-t-il.
Les avants bordelais, intraitables, ont envoyé Maxime Lamothe derrière la ligne sur une pénaltouche à la 48e minute, puis Tom Willis à la 54e minute, après un 50-22 magnifiquement exécuté par Lucu. « Dès qu’on a commencé à avancer, on a vu qu’on était supérieurs alors qu’en première mi-temps, on n’avançait pas, ou on perdait beaucoup trop de positions, soit en conquête, soit après conquête et dans les collisions, c’était compliqué », précisera Sowerby.
Cinq essais en une demi-heure pour l’UBB
Le bonus offensif en poche, l’UBB a levé le pied sans pour autant céder, malgré deux temps forts parisiens aux abords de sa ligne autour de l’heure de jeu. Mieux, Arthur Retière, tout juste entré en jeu, a mis à profit sa vivacité pour inscrire un cinquième essai à la 68e minute. Damian Penaud a suivi quatre minutes plus tard, après un coup-franc joué rapidement.
Ce basculement soudain a laissé les Parisiens sans réponse, comme le reconnaîtra amèrement Foursans. « On n’a pas assez entrepris. On avait un gros banc qui était prêt à nous apporter ce déclic. Mais en fait, on prend un essai, deux essais très facilement en cinq ou dix minutes. Et là, le match tourne complètement. Donc, on n’existe plus sur la seconde mi-temps. C’est dommage parce qu’on en avait parlé dans la semaine. On a parlé à la mi-temps et malheureusement, on n’a pas su remettre les ingrédients en début de seconde mi-temps », regrettera-t-il.
Pour Sowerby, cette capacité à inverser le cours d’un match longtemps compliqué représente une satisfaction en soi. « C’est important pour le staff, pour les joueurs, de voir qu’ils peuvent aussi gagner des matches comme ça », conclura-t-il.
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