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David Ellis : l'ancien coach des Bleus prépare les Fidji à battre son ancienne équipe

Le demi d'ouverture français Morgan Parra (à gauche) et l'entraîneur adjoint de l'équipe, le Britannique David Ellis, à l'issue du quart de finale de la Coupe du monde de rugby 2011 opposant la France à l'Angleterre à l'Eden Park d'Auckland, le 8 octobre 2011. PHOTO AFP / GABRIEL BOUYS (Crédit photo : GABRIEL BOUYS/AFP via Getty Images)
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David Ellis revient à Lyon avec une drôle de mission. Dans cette ville où il a travaillé cinq ans et demi, l’ancien entraîneur de la défense française prépare désormais les Fidji à battre le XV de France, qu’il a accompagné pendant onze saisons.

L’Anglais de 69 ans a été nommé entraîneur en charge de la défense des Flying Fijians par interim le 1er septembre dernier pour la Pacific Nations Cup, cinq semaines avant la nomination de Jake White, ancien coach de Montpellier (2014-2017), comme sélectionneur. White, champion du monde avec l’Afrique du Sud en 2007, l’a prolongé.

Lors de sa nomination, la fédération fidjienne avait mis en avant plus de vingt-cinq ans d’expérience, avec une participation à plus d’un millier de rencontres professionnelles et 200 tests. Outre les Bleus, Ellis a travaillé avec les Tonga, la Roumanie et les All Blacks, comme consultant lors de leur série victorieuse contre les Lions britanniques et irlandais en 2005.

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Onze années françaises qu’il n’a pas oubliées

Mais avant de préparer les Fidji à contenir les attaques françaises, Ellis a longtemps veillé sur la défense des Bleus. Arrivé en 2000 auprès de Bernard Laporte, puis resté avec Marc Lièvremont, il a quitté la sélection après la finale de la Coupe du Monde de Rugby 2011, perdue 8-7 contre la Nouvelle-Zélande.

Son passage reste aussi associé au quart de finale remporté contre les All Blacks quatre ans plus tôt. La sortie de Serge Betsen après quatre minutes avait privé les Français d’un défenseur essentiel, sans faire céder l’ensemble. Ellis avait d’ailleurs donné le prénom du troisième ligne… à son labrador.

« Beaucoup de matchs me reviennent, le Grand Chelem de 2004 et les deux Tournois remportés en 2006 et 2007, mais le quart de finale de la Coupe du monde contre la Nouvelle-Zélande, cette même année, était particulier », confie-t-il à RugbyPass.

« Nous avions adopté une tactique en première période qui ne fonctionnait pas vraiment. En seconde période, nous en avons donc changé et commencé à plaquer tout le monde à deux. L’objectif était d’obliger les Néo-Zélandais à engager davantage de joueurs dans les rucks. Ça a perturbé leur stratégie offensive et nous avons réussi à les éliminer. »

La France occupe une large place dans le parcours de cet ancien mineur, d’abord joueur de rugby à XIII en Angleterre, en Australie et dans l’Hexagone. C’est Jacques Fouroux qui lui avait ouvert les portes du XV au Racing. Ont suivi, entre autres, des expériences à Bordeaux, Castres, Brive et Lyon, où il a participé aux titres de Pro D2 de 2014 et 2016.

Des Fidjiens plus disciplinés

À Lyon, Ellis a retrouvé les internationaux fidjiens évoluant en Europe. Leur présence lui permet de mesurer le chemin parcouru depuis la Pacific Nations Cup, disputée avec un groupe largement composé de joueurs locaux évoluant en France et des Fijian Drua.

« Quand vous arrivez à Lyon et que vous retrouvez tous les joueurs qui jouent régulièrement dans les clubs du Top 14 ou au Royaume-Uni, vous voyez la différence, physiquement et dans les échanges avec eux. Vous vous dites alors que ce n’est plus du tout la même chose », remarque-t-il.

« Nous avons beaucoup travaillé sur l’organisation, sur la hauteur des plaquages et sur la discipline. Je crois que nous sommes désormais à 92% de plaquages sous le sternum, en ciblant le ballon. Contre le Japon, l’autre semaine, nous n’avons été pénalisés que trois fois sur l’ensemble du match. C’est le niveau d’exigence que nous visons. »

Battus 20-15 par les Japonais en finale de la Pacific Nations Cup, les Fidji ont remporté la revanche 34-28 en octobre, pour la première de White. Il leur faudra désormais réussir ce qu’ils n’ont accompli qu’une fois en douze rencontres face aux Français.

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Il promet d’ouvrir une bouteille en cas de victoire

C’était en 2018, au Stade de France, avec des essais de Semi Radradra et Josua Tuisova, complétés par onze points au pied de Ben Volavola, pour une victoire 21-14. Tuisova et Volavola sont encore dans le groupe. Leur nouvel entraîneur de la défense espère les accompagner vers un deuxième succès, dans une ville où il aurait alors plaisir à prolonger la soirée.

« J’ai arrêté de boire du vin le 2 janvier, simplement parce qu’un bilan de santé avait révélé un taux de cholestérol élevé. J’ai donc suivi un régime et perdu 20 kilos », admet-il. « Mais quand nous battrons la France samedi, j’ouvrirai probablement une bouteille pour fêter ça. C’est assez singulier que ça se passe dans une ville où j’ai travaillé pendant cinq ans et demi, en aidant Lyon à monter de Pro D2 en Top 14. »

Ellis dit bien « quand », pas « si ». Le rendez-vous lyonnais ouvrira la séquence européenne des Fidji dans le Nations Championship, avant un déplacement en Irlande.

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