Pour la première fois, le banc en 6-2 d'Erasmus s'est retourné contre les Springboks
Rassie Erasmus a admis que son fameux banc en 6-2 s’était retourné contre lui, à Ellis Park, face aux All Blacks samedi 22 août. Une erreur qui, selon le sélectionneur sud-africain, aurait pu être évitée.
Fidèle à la réputation physique de son pack, l’Afrique du Sud avait misé, comme souvent, sur cette force pour le premier test du Rugby’s Greatest Rivalry, en alignant six avants et seulement deux arrières sur le banc, contre la répartition classique de cinq avants pour trois arrières, censée offrir une couverture plus équilibrée en cas de blessure. Le polyvalent Andre Esterhuizen, hybride entre centre et avant, devait servir de filet de sécurité. Sauf que le plan initial pour le colosse des Sharks, 193 cm et 113 kg, prévoyait de l’utiliser comme flanker.
Une seconde période qui a tout basculé
Après une première mi-temps très serrée, l’écart s’est creusé en seconde période, 21 à 3, révélant les limites du banc sud-africain face à celui des Blacks. Dès la neuvième minute, un changement forcé par une blessure a d’ailleurs perturbé tout le plan d’impact prévu par Erasmus pour la fin de la rencontre.
Le sélectionneur n’a pas voulu accabler ses remplaçants, malgré deux cartons jaunes reçus alors que le match échappait aux siens en seconde période. Il reconnaît cependant que le dernier quart d’heure a posé un vrai problème à corriger.
« Ce n’est pas une catastrophe, mais c’est nul »
Après la rencontre, Erasmus avait déjà rejeté l’idée d’une « catastrophe », rappelant que les Springboks avaient déjà connu des passages difficiles et toujours su rebondir. Une position qu’il a maintenue lundi 24 août, lors de l’annonce de son équipe, tout en apportant davantage de contexte cette fois.
« Évidemment, c’est préoccupant. Quand je dis que ce n’est pas une catastrophe, c’est quand même nul. C’est de la merde. Ce n’est pas agréable de se retrouver dans cette position. Je préfère jouer mal et gagner que jouer bien et perdre. Je trouve que pendant un bon nombre de minutes, nous avons bien joué, mais nous avons perdu. C’est frustrant », a résumé le sélectionneur.
La blessure précoce de Kurt-Lee Arendse fait dérailler le plan
« Je ne veux pas chercher d’excuses, parce que ce qui s’est passé, c’est de ma responsabilité et de celle de l’équipe. Mais je pense que, pour la première fois depuis longtemps, l’expérience du banc en 6-2 s’est retournée contre nous. Je le dis tel quel. Si on regarde le nombre de fois où on l’a fait, je crois que c’est la première fois que ça rate.
« Quand Kurt-Lee (Arendse) s’est blessé, Jesse (Kriel) est passé à l’aile, Damian (Willemse) est passé centre droit, nous voulions faire entrer Andre comme flanker d’impact, il a dû aller en 12, et toute la ligne arrière s’est retrouvée réorganisée à cause de cette seule blessure de Kurt-Lee. C’était une mauvaise planification de ma part.
« Il aurait sans doute été préférable de placer Gaza (Willemse) sur l’aile, Sacha (Feinberg-Mngomezulu) à l’arrière et Manie (Libbok) à l’ouverture. Le duo 12/13 serait resté intact. Nous avions aussi Grant (Williams), qui aurait pu passer à l’aile, avec Cobus (Reinach) entrant directement à la mêlée. Je pense avoir fait le mauvais choix de remplacement à ce moment-là, et cela a déréglé toute la fluidité offensive, ainsi que certains aspects défensifs. »
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