Majo Itoje recadre sèchement Fin Smith : le vestiaire anglais se fissure-t-il ?
Le groupe anglais est-il en train de craquer sous la pression ? C’est ce que l’on pourrait penser au premier abord en regardant la vidéo qui circule sur les réseaux depuis le week-end dernier et la défaite historique de l’Angleterre face à l’Italie (23-18).
La séquence devenue virale
Au Stadio Olimpico de Rome, la scène a frappé les esprits. Au début de la deuxième mi-temps, alors que l’Angleterre cherche à se relancer au pied, Itoje réunit son ouvreur Fin Smith et ses vice-capitaines Ellis Genge et Jamie George autour d’un choix capital : prendre les points au pied ou insister en touche pour forcer l’essai.
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La discussion, captée par les micros de terrain, se conclut sur cet ordre sans nuance d’Itoje à son numéro 10 : « Don’t argue with me. Take the three. » – « Discute pas avec moi. Prends les trois points ». C’est plus un ordre en criant qu’une simple demande…
Maro Itoje says there is no rift in England squad after on …” data-state=”closed”>Dans les jours qui ont suivi, l’épisode a été interprété comme le symbole d’un XV de la Rose sous pression, certains y voyant même la marque d’une fracture interne. Itoje, lui, a publiquement rejeté ces rumeurs ce récit.
Maro Itoje tempère la polémique
« Il n’y a pas de problème. Il n’y a pas de problème entre nous. Fin est un type bien et je m’entends très bien avec lui », a-t-il simplement répondu lorsque la presse l’a interrogé à ce sujet. Pour le capitaine, ces quelques secondes, sorties de leur contexte, ne disent rien d’autre que la réalité d’un groupe qui débat, tranche vite et « passe à autre chose ».
« Lorsque vous avez de bonnes relations avec les gens, vous pouvez avoir ce genre de conversations et passer à autre chose assez rapidement. Il n’y a pas eu de suite après. Naturellement, je pense qu’en raison de la défaite, cela a pris plus d’importance que ce n’était réellement le cas. »
Victorieuse douze fois de suite avant le début du Tournoi des Six Nations, l’Angleterre est tombée de haut en enchaînant trois défaites, ce qui la met en concurrence avec le Pays de Galles pour la cuillère de bois. C’est en prenant ce contexte en considération que fans et observateurs se sont légitimement interrogés.
« Je n’ai pas perdu mon sang-froid »
Le deuxième ligne de Saracens, pourtant peu habitué à élever la voix en public, assume la forme autant que le fond, sans dramatiser. « Je n’ai pas vraiment perdu mon sang-froid. Vous ne me voyez pas souvent avec un micro, je ne suis pas toujours équipé, mais je donne peut-être une fausse image de moi », a-t-il rigolé.
« Fin, c’est mon pote. Ce que je fais, c’est que j’aime bien entendre ce que mes principaux leaders pensent de la situation et, quel que soit celui qui joue en 10, il aura évidemment un rôle important là-dedans.
« Au départ, j’ai demandé ce que nous pensions devoir faire et, je voilà. Il a donné son avis, j’ai donné mon avis, et je voulais simplement passer rapidement à la suite.
« Je pense en vrai que c’est bien que les joueurs de l’équipe sentent qu’ils peuvent donner leur avis et, Dans le sport, c’est sans doute la discussions la plus cash qu’on peut avoir. On a déjà eu des échanges bien plus secs entre nous et avec d’autres coéquipiers !»
Un XV de la Rose au bord de la crise sportive
Pendant que le débat enflait autour de l’autorité de Steve Borthwick, l’Angleterre a choisi de resserrer les rangs avant un dernier virage au parfum de quitte ou double. La délégation anglaise a posé ses valises à Paris jeudi, après trois jours de mise au vert à Vérone, avec l’objectif clair d’éviter la pire campagne de son histoire dans le Tournoi.
Le sélectionneur, conforté par une motion de confiance de la RFU après la nouvelle désillusion de Rome, sait qu’il joue déjà une partie de son avenir à moyen terme, alors qu’on lui a accordé la tournée estivale pour prouver qu’il est l’homme de la Coupe du Monde de Rugby 2027.