La Section Paloise change de dimension... avec les effets indésirables que ça entraîne
Deuxième du Top 14 depuis plusieurs semaines, Pau progresse à vive allure et change de dimension, ce qui lui cause d’autres problèmes, avec de nombreux joueurs internationaux, des matchs programmés à 21h00 et un changement de statut aux yeux de ses adversaires.
La Section voulait grandir, elle connaît une énorme poussée de croissance. Depuis son succès fin novembre à Bordeaux (34-33), déjà lors d’un faux doublon, elle occupe la place de dauphin, un statut menacé par… une UBB revancharde (3e à 1 point) en visite au Hameau dimanche 1er mars en clôture de la 18e journée.
« On va batailler le top 2 contre le champion d’Europe en prime time dans un stade archi-plein », se réjouit Antoine Nicoud, entraîneur de la défense béarnaise. « C’est un peu la même situation que face à Toulon qui était 3e avant de venir chez nous (début février, NDLR). La saison avance et on dispute encore ce genre de rencontres. C’est génial, on en est fiers », poursuit-il.
Privé de phase finale dans l’élite depuis 2000 et une demi-finale perdue contre Colomiers, Pau a fait de la qualification son objectif de la saison.
Sauvé in-extremis en 2021, aujourd’hui dauphin
« Même si on termine 6e, on devra être heureux car il faut mesurer le chemin parcouru », confiait récemment le manager Sébastien Piqueronies, en poste depuis mai 2021, qui avait commencé son aventure béarnaise par un maintien miraculeux décroché à la dernière seconde de la dernière journée contre Montpellier. Quatre ans et demi plus tard, l’édifice vert et blanc est posé sur de solides fondations, avec un effectif jeune et prometteur.
À la lutte avec les meilleurs depuis l’été 2023, 9e puis 8e ces deux dernières saisons, la Section a pris ses aises parmi le gratin. Et une nouvelle dimension. Elle fait partie des trois équipes toujours invaincues à domicile, avec Toulouse et le Racing 92, et n’avait jamais été classée si haut en Top 14 à la sortie de l’hiver depuis qu’elle est revenue dans l’élite, en 2015. Un vertige autant qu’une plongée dans l’inconnu.
« Il y a plein de choses neuves mais le club s’y est bien adapté pour le moment », sourit Thibault Daubagna. Le demi de mêlée, comme huit de ses coéquipiers palois, a été appelé dans le groupe élargi du XV de France durant le Tournoi des Six Nations.
Des joueurs protégés
Seul Toulouse a envoyé un contingent plus important. « Les Bordelais ont deux joueurs protégés ce week-end (Bielle-Biarrey, Jalibert), on en a trois (Attissogbe, Brau-Boirie, Gailleton). On apprécie, on est fiers d’eux. Ce sont des éléments importants chez nous, évidemment qu’ils manquent », reconnaît Antoine Nicoud. « Joe (Simmonds) aussi est absent depuis un moment mais d’autres gars ont émergé pour assurer le leadership, et nos circuits de décision sont bien clairs et incarnés », ajoute le technicien.
« Quand tu es compétiteur, que tu veux défendre ton maillot, tu ne demandes qu’à jouer des affiches à 21h00 devant toute la France… »
À l’intersaison, le staff béarnais avait convoqué 52 joueurs pour la reprise du groupe professionnel. Une volonté d’anticiper les aléas habituels d’un exercice qui s’étend sur dix longs mois. « Entre ce que tu prévois et ce qu’il se passe, l’adaptation est permanente. On a parfois eu sept trois-quarts en sélections donc tu ne travailles pas pareil, tu trouves des solutions. On enchaîne les matchs à 21h00, ce sont plein de petits défis. L’an passé, on a eu notre quinzaine de blessés pendant deux ou trois mois. Je préfère gérer ce qui nous arrive actuellement », juge Nicoud.
Une positive attitude à laquelle souscrit Daubagna : « Quand tu es compétiteur, que tu veux défendre ton maillot, tu ne demandes qu’à jouer des affiches à 21h00 devant toute la France. C’est une gestion différente, on a une place que nos adversaires veulent prendre. Mais pour le moment, on l’a plutôt bien défendue. »
Afin de retrouver sa gloire d’antan, Pau sait qu’il lui sera impossible de vaincre sans péril. « On a une cible automatique dans le dos parce qu’on est 2e, reconnaît encore Nicoud. Mais je suis très content car dans notre progression d’équipe, on veut jouer les meilleurs… et les battre. C’est ça qui nous fera grandir. »
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