France - Italie : les chiffres qui annoncent un choc plus serré qu’il n’y paraît
Plus que jamais favori pour le titre et seule équipe à pouvoir encore réaliser le Grand Chelem, le XV de France termine dimanche 22 février le premier bloc de trois matchs par la réception d’une Italie a priori plus faible, mais qui lui avait joué des mauvais tours il y a seulement deux ans au même endroit, à Lille.
Meilleure attaque, meilleure défense : le XV de France a mérité son 10/10 au classement du Tournoi des Six Nations avec ses deux victoires bonifiées contre l’Irlande (36-14) puis au Pays de Galles (54-12). Les Bleus donnent le tournis à leurs adversaires, avec en chefs d’orchestre Dupont et Ramos, des solistes performants comme Louis Bielle-Biarrey à l’aile, marqueur lors de chacun de ses sept derniers matches dans le Tournoi, ou l’omniprésent François Cros en troisième ligne.
Et ils ont ajouté de nouvelles cordes à leur jeu avec une bien meilleure maîtrise des chandelles, dans un Tournoi où le pied n’a presque jamais été autant utilisé que lors de cette édition (64 fois par partie en moyenne, dix de plus qu’en 2021).
« Tant mieux si on a réussi à produire des performances qui font plaisir, qui font que les joueurs sont encensés, que l’équipe est encensée. Mais on est des latins et on se méfie énormément des louanges. C’est assez manichéen. Soit c’est très très bon, soit c’est l’inverse. Le yin et le yang », a imagé le sélectionneur Fabien Galthié vendredi lors de la conférence de présentation de son équipe.
La différence se fera sur la conquête
D’après les données récoltées par Opta, face à l’Italie, le secteur de la conquête promet d’être décisif. La touche française est irréprochable depuis le début du Tournoi, avec un 27 sur 27 sur ses propres lancers, quand l’Italie est la meilleure défense en touche de la compétition, volant ou récupérant le ballon sur 21% des lancers adverses après deux journées. La mêlée, elle aussi, s’annonce comme un bras de fer clé : les deux équipes tournent à 100% de réussite sur leurs introductions, mais l’Italie se montre plus destructrice, avec huit pénalités gagnées en mêlée et 17% de succès sur la mêlée adverse, seul l’Angleterre faisant mieux dans ce secteur.
Ballon en main, la France reste l’attaque la plus tranchante de ce Tournoi, avec 13 essais inscrits, soit déjà quatre de plus que la meilleure des autres nations. Cinq de ces essais naissent directement sur relance du jeu au pied, signe d’un triangle arrière capable de punir la moindre munition approximative dans le fond du terrain. Mais en face, l’Italie oppose une défense dense : 88 % de plaquages réussis, à un point de la France (89%) et deux de l’Écosse (90%), meilleure nation dans ce domaine, et surtout 47 plaquages dominants (contre 33 pour la France), le taux le plus élevé du Tournoi.
Les Azzurri défendent bas, avec 39,2% de plaquages effectués sur les hanches ou plus bas, un taux record dans la compétition. Cette stratégie pourrait toutefois se retourner contre eux face à une équipe de France qui a dans son ADN la capacité à jouer dans la défense, à libérer les bras et à multiplier les offloads : après deux journées, les Bleus en cumulent 44, soit 28 de plus que l’Italie, deuxième nation dans ce domaine.
La discipline pourrait jouer aussi. Alors que la France s’est achetée une conduite avec seulement dix pénalités en deux matchs, l’Italie en affiche le double, certes à la deuxième position mais loin devant les autres nations.
D’après notre moteur de pronostic, la France a 71% de chances de gagner contre 29% pour l’Italie (une stat destinée à évoluer jusqu’au coup d’envoi du match). Une victoire des Bleus les assurerait de passer la semaine de trêve internationale en tête du Tournoi, avant un final corsé avec le déplacement en Écosse (7 mars) puis la réception de l’Angleterre (14 mars).