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« Et là j’ai dit "Waouh, ça va être long !" » : les confidences d'Alo-Emile sur sa première sélection en bleu

reporting from Brisbane

Le Français Moses Alo-Emile célèbre à la fin du match du Nations Championship opposant les Wallabies australiens à la France au Suncorp Stadium, le 11 juillet 2026 à Brisbane, en Australie. (Photo de Graham Denholm - Nations Championship/Nations Championship via Getty Images)
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Pour l’équipe de France samedi 11 juillet, il n’était pas question évidemment de faire « de cadeaux » à ces Wallabies, désormais sur une série de six défaites d’affilée. « C’est une compétition, on ne peut pas faire de cadeaux. La semaine dernière, les Blacks ne nous en avaient pas faits », rappelait le sélectionneur Fabien Galthié à juste titre.

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Pas de sentiment non plus, même pour ces Australiens qui affrontaient leur mère patrie : Tom Staniforth, Moses Alo-Emile et Emmanuel Meafou. Pas de sentiment sur le terrain, mais une émotion immense en dehors, mêlant fierté et bonheur. Il n’y avait qu’à voir le pilier du Stade Français, encore des étoiles dans les yeux au moment de remonter dans le bus.

Une première sélection chargée d’émotion

« Que des émotions franchement, et même de voir ma famille juste à côté du banc c’était incroyable. En plus gagner contre l’Australie, c’est pas mal », confiait Moses Alo-Emile avec sur la tête la casquette de sa toute première sélection internationale avec le maillot tricolore. « Regardez en plus, j’ai le numéro 1234, 1-2-3-4, franchement c’est cool. C’est un rêve. J’avais dit avant de faire la tournée que c’était déjà pas mal, mais là jouer un match avec les Bleus c’est encore plus ! »

Pour ajouter de la symbolique à cette rencontre qui restera à jamais gravée dans sa mémoire, le premier essai fut marqué par un compatriote, le colosse Emmanuel Meafou. C’était au bout de la deuxième minute. Deux minutes au niveau international que Moses a pris en pleine face.

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« C’était trop bien », rigole-t-il. « Mais en fait je pensais qu’il y avait déjà quinze minutes qui étaient passées parce que le tempo de match international, j’ai pas l’habitude ! Et en fait quand il a marqué, j’ai vu le temps et c’était que quatre minutes trente, et j’ai dit “Waouh, ça va être long !”. Mais franchement quand t’es dans un groupe comme ça, y a pas mieux. »

Retrouvailles avec le passé

C’était également pour lui le moment pour lui des retrouvailles avec d’anciens coéquipiers. La veille, Harry Wilson, le capitaine des Wallabies, nous avait raconté qu’il avait « joué dans l’équipe scolaire du Queensland ; je ne l’ai pas revu depuis, donc c’est plutôt sympa de l’affronter à nouveau ».

Et juste après le match, les deux anciens amis ont pu échanger. « Oui, on a discuté après le match vite fait », a confirmé Moses Alo-Emile. « Il y avait lui, Fraser McReight, Angus Bell, George, presque tous. J’ai joué avec ou contre eux quand j’étais jeune, et franchement de partager le terrain ce soir c’était incroyable aussi. »

Car à peine trois kilomètres séparent la Brisbane State High School du Suncorp Stadium. Un trajet de quelques minutes en voiture. Mais pour Moses, il a fallu huit ans. Passé par la First XV de BSHS puis par la sélection des Queensland Schoolboys, le pilier gauche a oeuvré pour ce quatrième succès consécutif contre les Wallabies, une série qui remonterait à soixante ans.

Brisbane, point de départ et d’arrivée

« C’est quelque chose qui n’arrive qu’une fois dans une vie. Pouvoir jouer mon premier match à Brisbane contre les Wallabies… je l’ai souvent dit aux médias français, c’est comme le destin, comme si c’était écrit », raconte-t-il à RugbyPass. « C’était étrange aussi. Quand je suis arrivé à Brisbane il y a deux semaines, habillé avec l’équipement français. Je viens ici presque tous les deux ans pour voir la famille, mais cette fois, c’était complètement différent. »

Neuf ans plus tôt, il affrontait dans le championnat GPS des noms désormais installés. Harry Wilson, Fraser McReight, Len Ikitau. Wilson est aujourd’hui capitaine des Wallabies, McReight mène les Reds, Ikitau sort d’une saison 2025 récompensée par le titre de joueur de l’année.

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Ces trajectoires, Alo-Emile les a croisées très tôt. Puis la sienne a bifurqué. Faute d’opportunités en Australie après le lycée, il choisit l’exil à 18 ans. « Je suis parti en France parce que c’était pratiquement le seul pays qui m’offrait une opportunité. » « En Australie, rien ne s’ouvrait avec Rugby Australia. J’ai signé un petit contrat en centre de formation là-bas et la suite appartient à l’histoire. »


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