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Joe Schmidt après la 6e défaite de l'Australie : « On est désespéré de gagner »

reporting from Brisbane

Joe Schmidt, le sélectionneur de l'Australie, après la victoire de la France contre l'Australie dans le Championnat des Nations le samedi 11 juillet 2026 à Brisbane (Photo : Willy Billiard / RugbyPass).
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À Brisbane, les Wallabies ont longtemps cru tenir leur match, menant de neuf points à la pause, avant de céder d’un bloc face à une équipe de France clinique dans les moments clés et implacable en seconde période. Défaite 26-42, lourde, malgré une première période maîtrisée.

« Je pense parler au nom du groupe en disant qu’on est dégoûtés », a convenu le sélectionneur néo-zélandais Joe Schmidt. « Encore une bonne première mi-temps. Mais il faut être capables d’enchaîner avec une seconde période du même niveau, digne de ces quarante premières minutes. »

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Australia
26 - 42
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France
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Menés 21-12 à la mi-temps par des Australiens alors très saignants, les Bleus ont longtemps balbutié leur rugby, offrant un essai à chaque fois qu’ils étaient pénalisés. Celui du talonneur Faenga-Amosa d’abord (9e), l’ancien Montpelliérain, sur pénaltouche, après un déblayage illicite de Mauvaka. Puis le doublé du flanker Fraser McReight (26e et 33e), après le carton carton jaune de Meafou pour plaquage haut sur Valetini puis sur une pénaltouche après un hors-jeu français.

Mais les Bleus, même maladroits, avaient aussi montré ce cocktail de puissance et de malice qu’ils maîtrisent parfaitement. Avec Emmanuel Mefaou d’abord, dès la 2e minute, en force évidemment, au ras d’un ruck, contre le pays de son enfance, là où il a vécu jusqu’à ses 20 ans. Puis par Grandidier-Nkanang, en filou, au nez et à la barbe de Meredith, sur un petit coup de pied en profondeur de Ntamack (18e).

Sixième défaite consécutive

Même s’il considère que le jeu au pied de son équipe n’a pas été assez précis – malgré deux 50-22 et une paire de box-kicks bien sentis – Schmidt remonte aussi à une première petite déstabilisation à la sortie du talonneur Josh Nasser dès le début de la rencontre. « Brandon Paenga-Amosa (le remplaçant, ndlr) a dû assumer énormément », a salué Schmidt, évoquant « un effort énorme de sa part face à un paquet d’avants dense, exigeant. Il a serré les dents, il a tenu. Ça force le respect. Mais forcément, sur les vingt dernières minutes, on a commencé à lever de pied. Et c’est très décevant. »

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Au final, reconnaît-il, « une défaite de plus ». La série noire continue avec cette sixième défaite consécutive. Il faut remonter à 2015-2016 pour trouver trace d’une telle mauvaise séquence. Et en conférence de presse, Schmidt admettait que celle-ci était particulièrement difficile à encaisser.

« C’est difficile d’en tirer du positif tant on est désespéré de gagner. Quand on enchaîne assez de séquences pour produire du jeu, pour mener à la pause, et que ça échappe ensuite… c’est éprouvant, honnêtement », admettait-il. « Au final, c’est clair, il faut gagner la semaine prochaine. C’est aussi simple que ça. »

La confiance à la pause, la frustration à la fin

Pourtant, les images qui avaient filtré à la pause montraient un groupe solide, soudé en cercle, debout, entourant leur entraîneur, attentif à ses propos. « À la pause, l’énergie était là. La confiance aussi, plutôt correcte », a confirmé Joe Schmidt qui ne se voile pas la face alors qu’il ne lui reste qu’un test-match avant la fin de son mandat, contre l’Italie la semaine prochaine.

« Mon passage touche à sa fin et j’aimerais laisser ce groupe en ordre de marche. Les joueurs s’accrochent, ils essaient de prolonger ce qu’ils ont construit sur les deux dernières semaines. Mais là, trouver des motifs de satisfaction n’est pas simple. Il y en a, forcément. On ne mène pas 21-12 contre la France à la mi-temps sans éléments positifs. Mais on ne peut pas encaisser quatre essais en seconde période.

« Leur pression au pied a été forte, ils ont contesté, récupéré, écarté. Et après le carton jaune, ils nous ont fait payer. Une seconde période très décevante. On s’était pourtant mis dans une excellente position en première mi-temps, avec de la confiance à la pause. Et là… j’essaie encore de mettre tout ça en ordre.

Un devoir de gagner

« Pour moi, on aligne de très bonnes séquences par moments. Mais le rugby se juge au résultat. Et il faut gagner des matchs internationaux. La France a remporté le Tournoi, c’est une équipe de très haut niveau. Mener 21-12 à la pause, c’est se donner une chance réelle de battre la meilleure équipe du Tournoi. Mais notre devoir, c’est de gagner pour notre pays. Et on ne le fait pas.

« Dans le groupe, on a le sentiment de passer à côté. On sait aussi que ce n’est pas loin de basculer du bon côté. Mais il faut que ça bascule dès la semaine prochaine.

« On n’a décidément aucune réussite avec le poste de 10… »

« Je crois que je l’ai déjà dit. On n’accepte pas ce genre de poste pour finir deuxième. À l’intérieur, je suis quelqu’un de très compétitif et je veux que ces joueurs obtiennent un minimum de récompense pour leurs efforts. Je les vois travailler dur, je sais que leurs intentions sont vraiment positives. Mais quand les choses ne vont pas dans notre sens, il faut réussir à reprendre la main dans le match. Et ça touche aussi à l’expérience. On avait une charnière très inexpérimentée et on n’a décidément aucune réussite avec le poste de 10, aucune continuité, ce qui, pour un meneur de jeu, complique le fait d’installer le fil du match comme on le voudrait.

« Je pense que Declan (Meredith, le jeune demi d’ouverture qui vivait sa toute première sélection, ndlr) s’en est très bien sorti, pour un joueur qui n’avait jamais disputé de Test auparavant et qui se retrouve face non seulement à Ntamack, mais aussi à Jalibert en fond de terrain. Ce sont deux ouvreurs de niveau mondial, et lui vient du rugby de club (les Brumbies, ndlr) pour son premier Test, avec la mission de nous guider sur le terrain pendant que deux joueurs de ce calibre font exactement la même chose pour leur équipe. Et Maxime Lucu est un vrai meneur de jeu à Bordeaux?Bègles, très influent. Il a été très efficace lui aussi, ce qui ajoute encore à la difficulté. »


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