88% de victoires : l'insolent succès de Valentin Delpy
Dix essais encaissés pour le promu et lanterne rouge Montauban à Toulouse (68-13). N’en déplaise à Clément Poitrenaud, entraîneur des arrières de Toulouse, qui semble s’être « fait chier » samedi après-midi à Ernest-Wallon, les Toulousains ont régalé leur public.
Avec une grosse partie de l’effectif mobilisée pour le Tournoi des Six Nations, ce fut une fois encore l’occasion de faire jouer les seconds couteaux parmi lesquels l’ouvreur Valentin Delpy, pouvant également jouer arrière.
Le joueur de 22 ans, qui a débuté le rugby à Pamiers (au Sporting Club Appaméen), où il a joué dix saisons avant de rejoindre Blagnac à l’âge de 15 ans, est depuis un globe-trotter du rugby. En quête de temps de jeu, avec pour seule boussole l’expérience du terrain, il enquille les clubs comme d’autres les foulées.
Arrivé au Centre de Formation du Stade Toulousain à partir de 2023-2024, avec qui il est sacré champion de France espoirs cette année-là, il est prêté alternativement en Top 14 à Oyonnax (2023) et Perpignan (12 matchs en 2025 alors qu’il arrivait comme joker médical) puis à Colomiers (Pro D2) cette saison-ci (avec une clause de rappel par Toulouse pendant les doublons) où il ne cesse de briller – comme jadis un certain Thomas Ramos dont il s’inspire fortement.
Cette saison, sur douze feuilles de match avec Colomiers Rugby, il participe à dix victoires. Avec le Stade Toulousain avec qui il compte quatre titularisations, il n’a pas encore connu la défaite. En 16 matchs cette saison, entre Pro D2 et Top 14, il en est à pour l’instant 152 points (avant la trêve de mars) avec une moyenne de 9,5 par match, en plus de 1 000 minutes de temps de jeu. Il affiche un insolent 88% de victoires.
Delpy a une chance unique : il joue alternativement avec le 1er du Top 14 et le dauphin de la Pro D2. Son temps, il le partage avec les meilleurs. « C’est la rançon de la gloire », convenait Florian Nicot, entraîneur de Colomiers fin janvier avant de devoir lâcher une fois de plus sa pépite.
« On a des résultats, on a des joueurs de qualité, et on se doit de les perdre sur certaines périodes. On le sait, c’est comme ça. Après, il y a d’autres matchs qui sont dealés avec eux sur le prochain bloc ; il y a certainement trois matchs où il sera pas présent avec nous, mais c’est comme ça. Il appartient au Stade Toulousain et les choses sont calées depuis longtemps. Il me semble quand même que c’est un deal gagnant-gagnant pour tout le monde. »
« C’est sûr que c’est plus facile d’arriver dans des équipes qui fonctionnent bien, que ce soit ici ou à Colomiers, les deux tournent plutôt pas mal », reconnait Valentin Delpy, pas distrait par ce va-et-vient permanent.
Joueur décrit comme très intelligent, avec un « QI rugby » élevé, capable de bien gérer le jeu au pied et la distribution, il présente également un bon gabarit pour défendre, à l’aise sous pression, capable de passes décisives. Il est considéré comme une pépite dans la lignée des grands espoirs français au poste d’ouvreur, sur les traces de profils comme Thomas Ramos, avec en plus des études d’ostéopathie en parallèle de sa carrière (quatrième année).
Avec le Stade Toulousain, il avoue se régaler « parce que, que ce soit aux entraînements ou aux matchs, à chaque fois j’ai pris du plaisir. Sur tous les matchs en plus, on a pas mal gagné à chaque fois que je suis venu ; enfin, on a gagné à chaque fois que je suis venu…
« Le groupe a été vraiment super avec nous, avec moi, donc ça c’était plutôt cool. On prend de l’expérience à chaque fois qu’on vient ici et on pioche dans tout ce qui est bon des deux côtés, donc que ce soit à Colomiers ou au Stade. J’engrange de l’expérience et je suis ouvert à tout, à tout ce qui m’apporte ici et à Colomiers. »
« Je suis content d’enchaîner, franchement, tant que je suis sur le terrain, moi je suis satisfait et j’ai envie de jouer… »
Verrouillé par le Stade Toulousain jusqu’en 2028, Valentin Delpy n’envisage pas de se la couler douce, même si la période de congé se chevauche entre Pro D2 et Top 14. « Déjà on a des vacances après le match de Brive, qui nous attend jeudi prochain », raconte-t-il. « Mais moi je suis content d’enchaîner, franchement, tant que je suis sur le terrain, moi je suis satisfait et j’ai envie de jouer. Donc je suis plutôt content de continuer à m’entraîner et de jouer. »
Son retour définitif à Ernest-Wallon serait prévu dès l’été 2026, malgré le souhait de Colomiers de le conserver, comme l’USAP avait tenté de le faire la saison passée. Mais si tel était le cas, il se placerait en concurrence directe avec Romain Ntamack et Thomas Ramos au poste d’ouvreur ou d’arrière. La doublure de luxe est en passe de devenir un concurrent crédible au sein de l’un des effectifs les plus riches d’Europe.
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