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Une première sélection, la chance dont rêvait l'atypique Aaron Grandidier-Nkanang

L'ailier palois Aaron Grandidier-Nkanang à l'entraînement avec le XV de France. (Photo by Tertius Pickard / AFP via Getty Images).
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Six ans avant les JO de Brisbane 2032, un champion olympique sera sur la pelouse du Suncorp Stadium samedi : Aaron Grandidier-Nkanang, couronné en rugby à VII à Paris en 2024. Ce sera la première cape à XV chez les Bleus, pour l’ailier de Pau. Une étape pour lui qui avait verbalisé avant la fin de la saison régulière de Top 14 son désir d’être plus qu’un réserviste du groupe France, lui qui n’a fait que des allers-retours entre Marcoussis et le Béarn lors du dernier Tournoi des Six Nations.

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« Je ne réalise toujours pas », concède le jeune homme de 26 ans, assis dans le vertigineux lobby de l’hôtel de l’équipe de France à 48 heures d’affronter les Wallabies. L’occasion de revenir sur les méandres d’une carrière rêvée dès la petite enfance à Londres, où il est né.

« Le chemin a été long, il a été atypique, il a été rempli de difficultés, de belles choses également. C’était vraiment mon objectif depuis le début de ma petite carrière de rugbyman, être international de rugby à XV. Et forcément, l’idée au début c’était de jouer pour la Rose ! ». Comprenez l’Angleterre de Steve Borthwick qui doit regretter aujourd’hui de ne pas avoir détecté ce talent.

Sauvé par le VII

Ambitieux, l’adolescent délaisse vite le basket pour le ballon ovale, qu’il a découvert à la Saint Olave’s Grammar School, avant de décrocher une bourse pour la Saint Mary’s University, à côté de… Twickenham.

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Et ses qualités le mènent effectivement au maillot blanc anglais, à VII. Rien en revanche du côté du XV, Et c’est le CA Brive qui a finalement récupéré ce rugbyman mal dégrossi de 19 ans.

« Cinq ans un peu compliqué », lâche-t-il. Il ne réussit pas à s’imposer, et c’est l’équipe de France à VII qui le remet en selle, jusqu’à ce couronnement au Stade de France, contre les maîtres fidjiens, à côté d’un certain Antoine Dupont. Un essai en prime.

« Sans le VII, je ne serais pas là aujourd’hui. Mais moi, après les JO, le but était de me consacrer pleinement au XV. Avec un objectif en tête, viser une cape en équipe de France… Et aujourd’hui j’en suis là ! Je suis trop fier ! » Une fierté partagée par son club, la Section paloise, heureuse de compter un quatrième international français dans sa ligne de trois-quarts (avec Attissogbe, Gailleton et Brau-Boirie)

« Pau m’attendait sur les ballons hauts, et au début, clairement, j’ai été très très nul »

Et c’est la Section qui saisit l’occasion: « J’ai eu la chance d’avoir Seb (Piqueronies, le manager béarnais) qui m’a proposé de venir à Pau ».

Mais le retour à XV est compliqué. « Le club m’attendait sur les ballons hauts, et au début, clairement, j’ai été très très nul. Ah oui, très très nul. C’est là où je veux remercier le staff de la Section. Ils ne m’ont pas lâché. Dans certains clubs, j’aurais peut-être été mis de côté. Eux, ils m’ont donné ma chance. »

Et comme le constate Piqueronies, le nouveau capé des Bleus a retrouvé son « super pouvoir » sur les ballons aériens, du haut de son 1,87m pour 94 kg.

Désormais acclimaté au XV, le jeune Londonien passionné de mode, de musique et de design s’est aussi fait à la vie en province. Même si, au départ, « Londres-Brive, waouh ! Ca a été un gros choc culturel ! »

« Aztec le DJ » pour les intimes

Après la Corrèze, c’est donc les Pyrénées. Et une nouvelle passion, le golf. En attendant que l’autre Aaron, « Aztec », le DJ, retrouve ses platines : « Avec ma compagne, on a rénové une maison. Et j’ai une pièce dédiée à la musique, j’ai tout pour mixer, pour créer. Guitare, piano, synthétiseurs, j’ai tout. Aztec, il est toujours là, quelque part. »

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Mais Aaron Grandidier-Nkanang, c’est aussi ce deuxième nom, celui de son père, d’origine nigériane. « C’est volontaire de porter tout mon héritage », explique-t-il, heureux d’avoir découvert ce pays en avril, « pour un projet en lien avec le rugby forcément, la mode, la musique et la nourriture », avec un documentaire à venir.

En attendant, le rugby est prioritaire. Et il veut encore progresser : recordman français à VII, avec 11 essais en un week-end de compétition, l’ailier palois n’est pas encore un serial marqueur à XV: « Le nez d’un finisseur, sentir les coups, c’est quelque chose qui me manque un petit peu. Et la confiance de prendre des risques, de jouer mes duels à fond. »

Mais, en regardant le chemin parcouru, le nouvel ailier du XV de France est surtout fier: « Ca a été long, très long. Mais pour moi, ça a été juste une conscience permanente que je méritais, que j’avais les capacités de jouer au plus haut niveau. Même quand ça ne marchait pas bien, c’est ça qui m’a permis de ne rien lâcher. » Le voilà sur le point de devenir international français. À lui de marquer les esprits samedi à Brisbane pour se donner le droit de perdurer sous le maillot bleu.

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