Paul Gabrillagues (Stade Français) : « Ce n'est pas le même visage que l'an dernier »
Le Stade Français n’avait plus accueilli de barrage à domicile depuis longtemps, et lorsque l’occasion s’est enfin représentée, les hommes en rose n’ont laissé aucune place au doute. Dimanche 14 juin à Jean-Bouin, ils ont écrasé La Rochelle 45-5, ce qui dit beaucoup sur le chemin parcouru depuis le sauvetage miraculeux de la saison passée. Six essais, une mêlée dominatrice, quatre pénalités obtenues sur ce seul secteur, et une maîtrise collective qui a fini d’asphyxier des Rochelais venus les mains vides après leur sprint final épuisant de six victoires consécutives.
Un barrage longtemps attendu
Paul Gabrillagues, capitaine du soir, a su trouver les mots justes pour raconter cette transformation. « Je pense qu’on a bien géré toute la saison en termes d’énergie, de temps de jeu, pour arriver sur ces matchs importants avec le maximum d’énergie », a-t-il confié après ce deuxième match contre le même adversaire en deux jours. Si le premier lors de la dernière journée de Top 14 avait permis aux Rochelais de jouer le barrage, celui-ci leur a été fatal.
« C’est toujours facile à dire après le match, mais c’est vrai que le staff a bien analysé ce match, comme les autres durant la saison », relevait Gabrillagues. « Ça fait deux semaines qu’on joue contre La Rochelle, donc je pense qu’on se connaissait mutuellement très bien, autant eux que nous. C’était un peu aussi une partie d’échecs, notamment sur les touches, où on voulait brouiller les pistes chacun de notre côté. »
La bataille des rucks : le plan qui a tout changé
Le plan de bataille s’est articulé autour d’un axe central que les Parisiens avaient identifié bien avant le coup d’envoi. « Les vingt premières minutes, on voulait arriver avant eux sur les rucks parce qu’on savait qu’on allait avoir une grosse guerre là-dessus », a expliqué Gabrillagues. Cette équipe de La Rochelle possède quelques-uns des meilleurs gratteurs du championnat, et sans un travail acharné sur ce secteur, le Stade français aurait eu des ballons compromis, une attaque entravée, un match tout autre. Ils ne lui ont pas laissé cette chance.
Ce fut Romain Briatte, enfant du club, qui ouvrit les hostilités dès la sixième minute, alors même que les visiteurs n’avaient toujours pas franchi la ligne médiane. Puis vinrent Léo Barré, slalomant dans une défense rochelaise déjà fébrile, Joe Marchant, Jeremy Ward, et Briatte encore, auteur d’un triplé dont le dernier essai, après la sirène, referma définitivement ce chapitre.
La confiance, nouvelle arme du Stade Français
« Ce n’est pas le même visage que l’an dernier », a reconnu Gabrillagues. « Je pense que la confiance joue énormément dans le sport de haut niveau, que ce soit le rugby ou le sport. Je pense que ce match-là va nous amener à encore beaucoup de confiance. »
Rendez-vous est désormais pris à Marseille pour une demi-finale face à Montpellier, comme en 2024. Les soldats roses y arrivent portés par cette confiance retrouvée que leur capitaine décrit avec autant de modestie que de conviction.
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