« On n’a rien gagné. Donc, du calme » : la prudence de Mignoni après la qualification du RCT
Toulon, de retour à ce niveau pour la première fois depuis 2015 après avoir créé la sensation à Glasgow samedi 11 avril, ira donc à Dublin affronter les Irlandais du Leinster, vainqueurs de Sale, en demi-finale de la Champions Cup le week-end des 2 et 3 mai prochain.
Comme en 2015, date du dernier titre des Toulonnais dans la compétition, le RCT affrontera les Leinstermen en demi-finale, mais la rencontre aura cette fois lieu chez des Irlandais qui atteignent ce stade de la Champions Cup pour la sixième saison d’affilée.
Toulon a battu les deux meilleures équipes de l’URC
Pour s’offrir une telle affiche, les Toulonnais ont réalisé un authentique exploit en allant l’emporter sur la pelouse synthétique de Glasgow (22-19), invaincu cette saison en Champions Cup et leader en United Rugby Championship. Ainsi, le manager Pierre Mignoni a eu l’audace de battre les deux meilleures équipes de l’URC, une semaine seulement après avoir vaincu les Stormers d’Afrique du Sud (8-27) en huitième de finale.
En plus, le RCT peut s’enorgueillir d’avoir réussi là où le XV de France et le Stade Toulousain avaient échoué. Les Warriors faisaient pourtant partie des favoris de cette édition, après avoir empoché 20 points sur 20 possibles lors de la phase de groupes, mais ils sont tombés sur des Varois revanchards après des mois difficiles incarnés par leur 11e place en Top 14.
La prudence de Mignoni
En difficulté dans le Top 14, désormais à la 11e place après cinq matchs sans victoire (quatre défaites et un nul), les Toulonnais se refont une santé dans le championnat européen, prouvant que le mental est bien présent.
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« Je suis désolé, c’est bien, mais on n’a rien gagné hein », a tout de même rappelé Pierre Mignoni en conférence de presse, quitte à jeter un froid après deux victoires hautement importantes. « On n’a rien gagné. Donc, du calme. Il reste deux matchs pour gagner un trophée. Au-delà de gagner un quart de finale qui te donne aucun trophée, le plus important, c’est de retrouver notre groupe. Pas notre équipe, notre groupe. Il y a des joueurs qui travaillent beaucoup toute la semaine, des mecs que je n’ai pas mis dans les 23, qui méritent également d’y être et qui sont très proches les uns des autres. »
« Cette équipe n’a pas besoin de réfléchir trop »
Héroïques défensivement, les Rouge et Noir ont tenu bon dans le premier acte malgré leur indiscipline et ont même basculé en tête à la pause grâce à un doublé de l’ailier Gaël Dréan, puis ont inscrit un quatrième essai grâce à un exploit de l’Italien Brex.
De quoi écoeurer les Ecossais et retrouver le dernier carré de la Champions Cup, onze ans après leur dernière apparition à ce niveau, lors de la saison 2014-2015. Alors irrésistibles avec leur pléiade de stars, ils avaient remporté cette saison-là leur troisième Coupe d’Europe d’affilée.
« On est arrivé limite presque en retard de d’habitude », a analysé le manager du RCT. “On voulait pas laisser beaucoup d’énergie pour rien. Cette équipe, elle a besoin d’être vite dans l’action. En fait, elle a pas besoin de réfléchir trop, parce que quand on réfléchit trop, on n’est pas bons, on n’est pas connectés. Je commence à comprendre en tout cas que cette équipe a besoin de presque arriver et jouer, dans une stratégie simple, le plus simple possible mais claire. Claire, avec beaucoup, beaucoup d’intelligence, et surtout beaucoup de détermination. »
Un habitué et un revenant
Face à eux se dressera un Leinster revigoré par une victoire probante face aux Anglais de Sale (43-13) à Dublin. Les Irlandais ont fait la différence dans le deuxième acte, après une première période terne, marquée par un déchet technique impressionnant et un score de 7-3 à la mi-temps.
Profitant de l’indiscipline des Sharks, qui ont reçu deux cartons jaunes presque coup sur coup, et finissant par retrouver leur rugby, les joueurs du Leinster ont alors déroulé pour s’envoler et géré de main de maître la fin de la rencontre.
Le club vainqueur à quatre reprises de la Coupe d’Europe – mais dont la dernière couronne date de 2018 – garde encore en mémoire le souvenir douloureux de quatre finales perdues en 2019, 2022, 2023 et 2024, les trois dernières face à des clubs français (Toulouse puis La Rochelle deux fois).
Pour le RCT, ce sera un retour à ce niveau de la compétition. « Ce n’est pas arrivé depuis 2015. Mais ne nous enflammons pas. On a tendance à vite le faire par chez nous (sourire). On n’a rien gagné », a insisté Mignoni, conscient du défi qui l’attend désormais.

