Édition du Nord | US
Select Edition
Nord Nord
Sud Sud
Mondial Mondial
Nouvelle Zélande Nouvelle Zélande
France France

Grâce à Brive, Noah Brown espère viser l’Angleterre ou l’Afrique du Sud U20


Noah Brown
Comments
Comment

En quelques mois à peine, les rêves de Noah Brown ont commencé à prendre forme. Longtemps sans club et freiné dans son parcours en Angleterre, il attire désormais l’attention de plusieurs grandes écuries françaises, a suscité l’intérêt de Rassie Erasmus et s’entraîne même avec Courtney Lawes, l’inusable deuxième ligne anglais. Au printemps, lors de visioconférences avec certains des clubs les plus importants d’Europe, le jeune homme de 19 ans avait du mal à mesurer la vitesse à laquelle sa vie basculait.

Deuxième ligne au profil peu commun, Brown mesure 2,06 m pour 124 kg. Né à Port Elizabeth d’une mère sud-africaine et d’un père anglais, il a grandi dans le Grand Londres et peut représenter les deux pays. Son objectif reste simple : porter le maillot de l’Angleterre ou de l’Afrique du Sud chez les moins de 20 ans. Après Oxford College, il a choisi Brive, en Pro D2, et a rejoint l’équipe espoirs pour sa première saison française.

ADVERTISEMENT

Un parcours anglais contrarié

Son arrivée dans le sud de la France ne doit rien au hasard. Brown est passé par les filières de London Irish et Gloucester sans parvenir à intégrer durablement le rugby académique de Premiership. Son faible temps de jeu à Gloucester a refroidi les clubs anglais. À leurs yeux, il n’avait jamais vraiment disposé d’une vitrine pour montrer ses qualités.

Ses entraîneurs à Oxford College, Harrison Marshall et Tom Redfern, avaient pourtant tenté à plusieurs reprises de le pousser vers les moins de 20 ans anglais. Sans succès. À la fin de son cursus, les options se sont réduites et Brown a compris qu’il lui fallait un soutien extérieur. Il a alors contacté l’agence Izzat, qui a diffusé ses vidéos auprès des décideurs du rugby français.

En l’espace de quelques heures, huit clubs français se sont manifestés…

« J’avais fini de jouer au rugby à l’université et je ne savais pas trop quelle direction prendre », explique Brown. « Quelques clubs avaient manifesté leur intérêt pendant mes études, mais rien ne s’était concrétisé, et j’ai pensé que ma meilleure chance était de contacter Izzat pour me faire connaître. Ils ont estimé que le rugby français me ferait beaucoup de bien. Ils ont contacté tous les clubs de Pro D2 et du Top 14, et en l’espace de quelques heures, huit d’entre eux m’ont fait part de leur intérêt.

« Toulouse, Pau, Bordeaux-Bègles et le Racing 92 ont manifesté de l’intérêt. J’ai eu des entretiens téléphoniques avec chacun d’entre eux pour parler de moi en tant que personne, de leur style de rugby et de la manière dont ils souhaitent jouer. Il s’agissait de prouver aux clubs intéressés ce dont j’étais capable, et de tout mettre en œuvre pour intégrer l’équipe d’Angleterre ou celle des moins de 20 ans d’Afrique du Sud. Je pense pouvoir atteindre ce niveau. »

Noah Brown

Pour un joueur qui cherchait encore sa voie, se retrouver face à ces institutions avait quelque chose d’irréel. La suite l’a été davantage lorsque ses nouveaux agents ont sollicité leurs contacts sud-africains et se sont retrouvés au téléphone avec Rassie Erasmus. Sa mère Wendy, comme la famille installée entre Le Cap, Johannesburg et Plettenberg Bay, a vécu ce moment avec beaucoup d’émotion.

« C’était complètement dingue, je n’arrivais pas à y croire », raconte Brown. « Je suis resté assis là, à essayer de réaliser ce qui venait de se passer. Même mon père, qui était derrière, adorait tout ça. Quand j’ai dit à ma mère que mon agent avait parlé à Rassie Erasmus, elle n’en croyait pas ses oreilles. C’était une expérience incroyable. »

VIDEO

Pourquoi Noah Brown a choisi Brive

Brive a finalement fait la différence. Le club n’a pas seulement mobilisé ses entraîneurs lors des échanges à distance, il a aussi demandé à Courtney Lawes de présenter son environnement. La présence de l’ancien international anglais, et son discours très favorable sur son club, ont pesé lourd. Lors de sa visite en Corrèze, Brown a participé à plusieurs séances avec Lawes.

« Brive s’est vraiment démarquée, car toute son équipe dirigeante participait à la visioconférence et ils ont même fait intervenir Courtney Lawes », explique-t-il. « Il m’a dit que c’était une opportunité formidable pour moi de pouvoir m’y rendre et de me consacrer pleinement à mon rugby. À Brive, il n’y a pas grand-chose à faire, c’est une ville très calme, mais ça veut dire aussi qu’on peut vraiment se consacrer à son rugby plutôt que de sortir faire la fête, ce qui ne m’intéresse pas vraiment. J’adore le fait que ce soit une petite ville.

« J’admirais énormément Courtney quand j’étais plus jeune, en voyant ce qu’il faisait sur le terrain ; pouvoir m’entraîner à ses côtés quand je suis arrivé ici, c’était incroyable. Ça a été un argument de poids. Il a adoré son expérience ici. »

« Je n’avais rien d’exceptionnel »

Pourtant, son parcours n’a rien eu d’évident. Grand passionné de rugby, Brown n’était pas destiné à faire carrière lorsqu’il a débuté avec la deuxième équipe des moins de 8 ans de Maidenhead RFC.

« Je n’avais rien d’exceptionnel », dit-il. « J’ai commencé à comprendre qu’il fallait travailler dur. J’ai été sélectionné chez les London Irish en U16, j’ai commencé à diriger les touches et je me suis dit : “Oui, ça pourrait donner quelque chose.”

« Au collège, puis au lycée, j’allais dans un club du coin pour m’entraîner davantage aux skills, à la prépa physique, à tout. Je m’entraînais aussi un peu au tir au but – je l’avoue – et je faisais tout ça tous les jours jusqu’à la tombée de la nuit, ce qui prouve bien que le travail acharné finit par porter ses fruits. »

Une transformation physique rapide

Son potentiel physique sautait aux yeux, mais son grand corps restait fragile. À son arrivée dans le rugby universitaire, il ne pesait que 74 kg pour 2,06 m. Il a alors cherché à se renforcer, notamment grâce aux conseils de sa famille sud-africaine et à une préparation alimentaire plus adaptée.

« Quand j’ai commencé le rugby à l’université, je pesais 74 kg pour 6 pieds 9 pouces, j’étais donc très mince. J’ai compris que je devais prendre du poids. J’en ai parlé à certains membres de ma famille en Afrique du Sud, qui m’ont parlé d’une bouillie de maïs sud-africaine appelée mieliepap. Ça m’a aidé à prendre du poids de manière saine et très rapidement ; mes performances à la salle de sport ont explosé, ce qui s’est traduit par une véritable puissance et une domination évidente dans mes courses avec le ballon et en défense. J’ai fini par prendre 50 kg en trois ans.

ADVERTISEMENT

« Je n’avais pas beaucoup de temps de jeu à Gloucester, ce qui était frustrant, et c’est là que j’ai compris que je devais vraiment m’investir, faire des efforts supplémentaires, discuter avec mes entraîneurs et mes préparateurs physiques pour montrer que mon éthique de travail était supérieure à celle des autres. Je ne voulais pas compter uniquement sur mon talent ; je voulais que mon éthique de travail soit ma marque de fabrique. »

L’installation à Brive s’accompagne aussi d’un dépaysement. L’anglais est peu parlé au sein du club et dans la ville, alors Brown suit des cours de français une heure par jour, presque quotidiennement, en complétant son apprentissage avec Duolingo. Supporter des Harlequins depuis l’enfance, il a trouvé un guide en la personne d’Irne Herbst, ancien joueur du club londonien. Les espoirs participent notamment aux séances de conquête avec les professionnels.

« J’adore être plongé dans le grand bain aux côtés d’une foule de joueurs internationaux et du Top 14. J’adore ce style de rugby : c’est rapide, c’est intense, on est toujours sur le qui-vive, et j’adore ça.

« Voir Irne Herbst jouer pour les Quins me faisait un peu peur quand j’avais 16 ans et que je pesais 74 kg, parce que c’est un vrai monstre. Pouvoir m’entraîner et aller à la salle de sport à ses côtés aujourd’hui, c’est surréaliste. C’est fou quand on y pense. Ça ne peut que m’être bénéfique d’apprendre ce qu’il fait, ce dans quoi il excelle, et d’intégrer ça à mon jeu. »

Les sélections U20 comme objectif

Sa taille constitue évidemment un atout majeur. Brown apprend à utiliser son poids et son envergure dans plusieurs secteurs, avec un volume de jeu déjà important pour un joueur de ce gabarit. Ses qualités ballon en main sont encore en construction et son expérience à l’étranger doit aussi l’aider à progresser dans le leadership, notamment en dirigeant une touche dans une autre langue.

Le jeune Briviste espère surtout obtenir une première chance sur la scène internationale. Sa famille retourne régulièrement dans le Western Cape et Brown garde le souvenir des matchs des Stormers au DHL Stadium. Il se sent lié aux deux versants de son histoire familiale. Une sélection chez les moins de 20 ans anglais ou sud-africains ne le lierait pas encore définitivement pour la suite de sa carrière. Il connaît la concurrence, sait qu’il doit encore construire son parcours, mais réclame seulement une occasion de se montrer.

ADVERTISEMENT

Besoin d’une opportunité pour prouver

« Il y a une chose que je veux absolument réussir : participer à un stage avec les moins de 20 ans de l’Angleterre ou de l’Afrique du Sud. C’est l’un de mes grands objectifs pour les prochains mois. Je sais simplement que si on m’en donnait l’occasion, le fait d’avoir cette expérience à mon actif et de prouver ce dont je suis capable face aux autres joueurs à mon poste ne ferait que m’aider à réaliser mes aspirations. J’ai juste besoin de cette opportunité pour pouvoir montrer au staff ce dont je suis capable.

« Je n’ai pas beaucoup d’expérience au sein des structures de l’équipe d’Angleterre. Je fais tout mon possible pour participer à un stage. Chacun suit un parcours différent ; même en passant de la deuxième équipe des moins de 8 ans de Maidenhead au rugby international, c’est quelque chose dont je sais que je suis capable.

« J’ai toujours voulu progresser dès mon plus jeune âge pour pouvoir vraiment me démarquer au niveau senior, que ce soit avec l’Angleterre ou l’Afrique du Sud, voire avec les Lions britanniques et irlandais – et voir si je peux atteindre le plus haut niveau. »

Sa saison a réellement démarré au début du mois de septembre. Il a déjà affronté les meilleurs jeunes de Clermont, Perpignan et Toulouse, avec l’espoir de goûter à la Pro D2 avant la fin de l’exercice. D’ici là, les sélections des moins de 20 ans seront annoncées. Il espère y trouver son nom. Huit mois plus tôt, il cherchait encore un point de chute. Aujourd’hui, l’horizon s’est largement ouvert.

Related

Actus, exclus, stats, matchs en direct et plus encore ! Téléchargez dès maintenant la nouvelle application RugbyPass sur l'App Store (iOS) et Google Play (Android) !

ADVERTISEMENT
Play Video
LIVE

{{item.title}}

Trending on RugbyPass

Commentaires

0 Comments
Soyez le premier à commenter...

Inscrivez-vous gratuitement et dites-nous ce que vous en pensez vraiment !

Inscription gratuite
ADVERTISEMENT

Latest Long Reads

Comments on RugbyPass

Close Panel
Close Panel

Edition & Time Zone

{{current.name}}
Set time zone automatically
{{selectedTimezoneTitle}} (auto)
Choose a different time zone
Close Panel

Editions

Close Panel

Change Time Zone

Close
ADVERTISEMENT