Maxime Lucu : « remporter la victoire cette fois-ci et avoir des sourires à la fin du match »
Pour l’équipe de France, pas question de sous-estimer ces Wallabies, seulement huitièmes mondiaux et qui ne comptent qu’une seule victoire en neuf rencontres. Le test du samedi 11 juillet au Suncorp Stadium promet d’être accroché tant les deux équipes ont à prouver.
A 24h du coup d’envoi, Maxime Lucu, le capitaine du XV de France, s’est posé pour répondre aux questions.
Digérer la frustration des All Blacks
Comment avez-vous évacué la frustration de la semaine dernière (défaite de deux points contre les All Blacks) pour préparer l’Australie ?
Maxime Lucu : En analysant tout ce qui a fait qu’on a pris des points un petit peu trop facilement parfois, les petits détails qui ont compté la semaine dernière, et essayer de progresser comme on le dit depuis le début de la tournée, d’entraînement en entraînement. Et le match a servi à ça aussi, à voir qu’on avait fait des belles choses mais aussi des moments, des petites choses qui nous ont coûté cher. On a appris de ça, on a travaillé un peu sur la même stratégie, essayé d’être un peu plus présent sur certains points. Et après forcément de ressortir avec des sourires cette fois-ci et une victoire à l’extérieur. Ça serait bien de faire déjà un bon match et après d’essayer de gagner.
La dernière fois que la France a gagné à Brisbane, c’était le 25 juin 1972. Depuis, l’Australie a remporté huit des neuf tests disputés contre les Bleus dans cette ville. Est-ce que vous vous en servez comme moteur aussi ?
Oui, exactement. On avait dit un petit peu la même chose la semaine dernière, on le dit encore cette semaine. En tout cas ce qui est sûr, c’est qu’on est venu ici pour se tester, notamment contre les nations du Sud chez elles. On a encore une occasion demain de le faire, donc à nous d’être le meilleur possible pour essayer de remporter la victoire cette fois-ci et d’avoir des sourires à la fin du match.
Les automatismes retrouvés
Vous n’avez eu que deux entraînements cette semaine. Comment s’est passée l’intégration des finalistes du Top 14 ? Est-ce facile de reprendre rapidement des repères avec Romain Ntamack à la charnière, par exemple ?
Oui, franchement. C’est jamais l’idéal parce qu’on aimerait bosser un petit peu plus c’est sûr, mais on n’a pas le temps de gamberger et les tournées sont ainsi. On a besoin de vite trouver des automatismes, mais avec Romain ça fait un petit moment que l’on joue ensemble depuis que le mandat de Fabien est lancé. Donc on a ces automatismes-là aux entraînements, ça s’est vite retrouvé. Il faudra juste qu’on joue le plus juste possible demain et qu’on ait cette association-là qui soit bonne, de même pour essayer de bien mettre nos arrières, notamment nos centres et nos ailiers, dans des bonnes dispositions pour essayer de trouver de l’avancée face à une grosse défense.

Mais oui, l’intégration s’est faite assez rapidement, assez facilement, parce que c’est déjà des grands champions. Ils arrivent à s’adapter assez facilement, ils sont dans le système depuis un long moment. Il faut une ou deux journées pour s’y remettre.
Trouver le réalisme dans les moments clés
Le staff a aussi pas mal parlé de ce qui était efficacité offensive, peut-être mieux jouer les coups, prendre un peu son temps aussi, prendre des points s’il le faut. Vous avez remis des focus un peu là-dessus ?
Oui, exactement. Ça faisait partie des petits détails dont je parlais tout à l’heure. Ça fait partie de ces zones de marque où on a eu deux ou trois situations contre les All Blacks. Si elles vont au fond à dix mètres, peut-être que le match aurait changé de physionomie. Et à l’inverse, les Blacks quand ils venaient dans nos cinq mètres ou dix mètres, c’était trois points ou sept.
C’est là que les grands matchs se jouent. On a pêché un petit peu – même si on a fait un très grand match – sur deux-trois situations qui auraient pu faire douter un peu plus les Blacks et peut-être aussi nous donner une victoire à la fin. Donc on a revu tout ça. Les situations sont pas mauvaises, mais il faut juste bien finir. C’est un petit peu le lot des grands matchs, le réalisme.
Se méfier des Wallabies malgré les résultats
L’Australie est huitième mondiale, ça fait cinq défaites d’affilée sur neuf matchs, la seule victoire c’est le Japon. Sur le papier ils sont pas au top. N’est-elle pas une équipe dangereuse pour cette raison aussi ?
Quand tu regardes les résultats ou les matchs qu’ils font, ils ne sont pas loin de faire tomber certaines grosses équipes. On a vu le match de l’Irlande la semaine dernière. S’ils gèrent un petit peu mieux les cinq dernières minutes, peut-être qu’à l’arrivée la victoire est pour l’Australie, et elle n’aurait pas été volée parce qu’ils ont fait un grand match. Ils jouent le ballon, ils tiennent le ballon, ils sont costauds, ils ont des énormes porteurs. Donc ils essaient de fatiguer les équipes comme ça, et par moment ça ne leur sourit pas parce qu’ils jouent peut-être un peu trop. Mais en tout cas ils ont une belle équipe.

En novembre (2025, ndlr) jusqu’à la soixantième on était vraiment au coude-à-coude avec eux, et c’est des exploits un peu personnels qui nous ont fait sortir de la nasse. Donc on sait à quoi s’attendre. On sait qu’on aura un gros volume de jeu et qu’ils vont vouloir nous cracher un petit peu le venin sur nous.
Brisbane, un défi et une motivation
En deux semaines, ça fait trois fois que vous venez au Suncorp Stadium (dont deux fois pour voir un match de rugby à XIII). On imagine maintenant qu’il vous brûle d’être sur la pelouse quand on a vu l’ambiance qu’il peut y avoir ici ?
Exactement ! On est venu prendre un peu nos marques, on a vu de beaux matchs, de superbes matchs à l’image de celui de mercredi (finale du Stade of Origin avec la victoire de la Nouvelle Galles du Sud sur le Queensland, ndlr). Et puis ça donne envie d’être aussi sur le terrain et de faire les mêmes choses.
C’est vraiment une belle enceinte et on a envie de faire déjà un beau match. Quand t’es compétiteur, quand t’es joueur de rugby, t’as envie de jouer dans des enceintes comme ça, devant des belles équipes comme ça. Maintenant on a hâte que ça soit nous.