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L'été indien de l'USAP : « Le staff doit se gratter la tête quelques fois pour faire les compos »

Le deuxième ligne de l'USAP Mathieu Tanguy reçoit le ballon. (Photo by Huw Fairclough/Getty Images).
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Avec trois victoires en sept journées et deux bonus défensif glanés à l’extérieur, dont le plus récent samedi dernier après une remontée spectaculaire à Toulouse (38-33), l’USAP, 10e de Top 14, vit un début de saison bien plus doux que les années précédentes. Moins rude surtout que celui, cauchemardesque, de l’an dernier, marqué par onze défaites d’affilée.

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Un changement agréable pour le deuxième ligne Mathieu Tanguy, ancien du vestiaire catalan et qui est revenu pour RugbyPass sur ces deux premiers mois de compétition globalement positifs qui permettent au groupe perpignanais de travailler dans la sérénité.

Que dit votre dernière demi-heure à Toulouse des dispositions du moment de l’USAP ?

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Cela démontre une forme de résilience et de caractère qui qualifie bien notre effectif dans sa globalité. On est très satisfaits de ça car en général, quand tu commences à prendre un puis deux puis trois puis quatre essais à Toulouse, ça fait lourd à l’arrivée. Nous sommes restés sur notre process, nous n’avons pas lâché et nous avons récupéré ce point à la fin donc c’était bien.

« On est là où on voulait être sur notre tableau de marche »

Quel était le sentiment lorsque vous avez célébré ce point sur la pelouse presque comme une victoire ?

Nous avions à coeur de faire un bon match. On savait qu’ils avaient joué le dimanche avant, donc avec peu de jours pour préparer notre réception et aussi avec des joueurs en moins donc on s’était dit qu’on aurait peut-être une opportunité d’être pas trop loin et de les faire douter, même si on sait que cette équipe doute rarement. On voulait jouer notre carte à fond, avec tout le respect qu’on a pour cette grande équipe. Oui, on a célébré, peut-être un peu trop à mon goût car on n’a pas gagné. Prendre un point à Toulouse, c’est très bien, peu d’équipes le feront mais ce n’est pas toujours pas une victoire à l’extérieur pour nous donc on doit rester mesurés.

Perpignan avait l’habitude de débuter mal ses saisons. Qu’est-ce que les résultats positifs depuis la reprise changent dans la vie du groupe ?

Déjà, c’est toujours plus simple de préparer des matchs avec des victoires. C’est vrai que par rapport aux années précédentes, on est là où on voulait être sur notre tableau de marche. On est satisfaits de ce qu’on a proposé à la maison et par intermittence à l’extérieur. C’est là où on a encore un peu de travail, d’arriver à faire un match complet sur 80 minutes à l’extérieur. À Toulouse, entre la fin de la première période et le début de la seconde, on voit qu’on a un gros trou d’air qui nous coûte cher. On s’est déplacés chez trois des quatres derniers demi-finalistes. Face à des équipes comme ça, si on a des trous d’air, c’est trop dur d’aller chercher quelque chose. Les limiter augmentera notre capacité à gagner un match à l’extérieur.

« Laurent ne fait pas de passe-droit »

Vous avez repris tôt la saison et été la première équipe de Top 14 à se jauger en amical. Est-ce que cela a joué dans votre état de forme ?

Peut-être que cela nous a permis de nous rendre compte assez vite de ce qu’on devait améliorer. Mais j’ose aussi espérer qu’on a appris de nos erreurs et qu’on a voulu démarrer fort car on sait que nos départs ont pêché ces dernières années. C’est ma 4e saison ici, je suis bien placé pour dire que nos départs nous ont coûté cher les trois années précédentes. Après, entre être conscient de ça et faire ce qu’il faut pour l’éviter, il y a un gap. Est-ce que le groupe a pris en maturité ? Certainement. Est-ce que le recrutement nous a permis de nous améliorer ? Je pense aussi.

Et ?

Tout le monde s’est mis à la page très tôt, on a un groupe très homogène et je pense que le staff doit se gratter la tête quelques fois pour faire les compos. Ça travaille fort, ça travaille bien, on a tous envie de jouer ce championnat et participer à ce bon début de saison. C’est un tout je crois.

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La méthode de Laurent Labit, qui n’hésite pas parfois à bousculer les joueurs, semble avoir obtenu l’adhésion du vestiaire…

Je vais parler en mon nom : je préfère 100 fois quelqu’un qui me dit les choses, à partir du moment où elles sont bien dites. Laurent est très bon là-dessus. Et des fois, il n’a pas besoin de parler. Dans sa posture et son regard, on sait. Il ne fait pas de passe-droit. Je crois que c’est ce qui paye sur le long terme car peu importe ton statut, si tu ne fais pas ce qu’il faut, un autre prendra ta place. Là où Laurent est aussi très bon dans son discours, c’est qu’il met le club avant tout. Il nous répète que les joueurs ne sont que de passage et que le club restera après eux, et je le suis complètement là-dedans.

« Ce qu’on veut, c’est se maintenir le plus tôt possible et je pense qu’on doit rester là-dessus »

Une victoire à l’extérieur n’est-il pas à l’heure actuelle ce qu’il vous manque encore pour franchir un nouveau palier ?

C’est évident mais je ne crois pas que c’est se focaliser sur la victoire qui nous l’amènera mais plus sur la façon d’y parvenir. Je reviens sur les trous d’air qu’on a eu sur quasiment tous nos matchs à l’extérieur, si on arrive à gommer ça, si on reste sur nos process et notre agressivité, si on arrive un jour à mettre sur un seul match ce qu’on a fait de bien sur nos quatre matchs à l’extérieur, le positif en découlera.

Je pense aussi à cette précision qui nous manque parfois : une pénaltouche manquée, un lancer pas droit en zone de marque… Ces petits détails qu’on rattrape certainement à Aimé-Giral avec le soutien du public et le supplément d’âme qu’on peut y mettre. On doit rester focaliser sur ça. Tout le monde veut gagner à l’extérieur mais il ne suffit pas de le dire pour y arriver.

On entre dans la première fenêtre internationale. Si vous la gérez bien, face à des équipes plus impactées (Pau et La Rochelle), le regard sur votre statut et vos ambitions vont évoluer. Y pensez-vous ?

En général, les équipes qui gèrent le mieux ces périodes de novembre et février sont dans les clous à la fin voire mieux que ça. Après, on a envie de se focaliser sur nous. Ce qu’on veut, c’est se maintenir le plus tôt possible et je pense qu’on doit rester là-dessus. Tout le reste sera du plus. On est un groupe qui travaille et qui n’aime pas parler pour parler. Si on gère bien cette fenêtre, on aura potentiellement autre chose à jouer mais on veut se focaliser sur l’objectif du début de saison.

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