Les pistes du rachat pour Bayonne : « On ne peut pas être pénalisé 15 fois par match et espérer gagner »
C’était mardi dernier. À deux jours d’attaquer son deuxième match amical de la présaison contre le champion de France toulousain, l’Aviron bayonnais avait donné rendez-vous à ses abonnés à Jean-Dauger pour la présentation de son effectif. Devant quelques centaines de ses fidèles supporters, les joueurs ont défilé et le président Philippe Tayeb a pris le micro pour le traditionnel discours.
Tout en ventant la gestion de son club « basé sur l’économie réelle et non affilié à des mécènes », le patron de l’Aviron n’a pas voulu tomber dans l’esbrouffe et la poudre de perlimpinpin. En une phrase, la couleur a été annoncée : « Ce sera une année compliquée sportivement ». Parce que le Top 14 est de plus en plus dense, que Bayonne n’a pas fait non plus des folies sur le marché des mutations et aussi parce que sa douzième place de la saison dernière, dans un contexte de tensions internes entre la direction et le manager d’alors Grégory Patat – qui a fini par partir en cours d’année – pousse à l’humilité.
Ainsi, lorsqu’on a demandé à l’entraîneur principal Gerard Fraser, qui partage la responsabilité du sportif avec Laurent Travers, quel objectif il avait fixé à son groupe pour la saison à venir, la prudence était de mise.
« Les objectifs vont arriver avec les performances. Nous sommes déçus des résultats de la saison dernière, on n’était pas dans les standards du club. On doit donc trouver de la régularité avant d’envisager un top 8 ou un top 6. »
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Discipline et cohésion
Pour cela, le Neo-Zélandais a ciblé deux leviers. Le rugby, tout d’abord, avec un cheval de bataille, partagé par bon nombre de techniciens de ce sport : la discipline. « On a analysé notre saison, le Top 14, ce qui marche en Top 14 et ce qu’on doit combler pour être plus performant. La discipline est effectivement un des points négatifs de notre saison dernière. On ne peut pas être pénalisé 15 fois par match et espérer gagner. Faire mieux est évidemment un objectif. »
Dans les chiffres, Bayonne a été pénalisé à 302 reprises la saison passée, soit une moyenne de 11,6 pénalités par match. Seuls les deux clubs franciliens ont fait moins bien. Les Basques ont aussi reçu le plus de cartons jaunes (28), une donnée forcément significative pour expliquer les mauvais résultats.
Au-delà du rugby, Fraser veut aussi insister cette année sur la notion de groupe.
« Le plus important pour nous était d’avoir du temps en pré-saison pour évacuer ensemble ce qui s’est passé l’an dernier et se préparer au mieux pour cette saison. En cela, le stage de présaison a été capital car il y a bien sûr le côté rugby à mettre en place mais aussi la cohésion de l’équipe à laquelle on doit donner une importance égale. Je suis convaincu que l’esprit d’équipe a toujours une importance forte dans le rugby. Notre sport demande de la cohésion et de la solidarité. C’est une des bases du rugby et un élément déterminant dans la réussite d’une saison. »
Exister à l’extérieur
S’aimer pour souffrir ensemble et soulever des montagnes, la recette est aussi vieille que le rugby dans la construction d’un groupe. Une notion « qu’on peut voir, sentir mais pas mesure » et qui donne souvent les résultats les plus surprenants. Gerard Fraser en est convaincu, c’est une des clés pour permettre à son équipe de remonter au classement, ce qui passera aussi par le fait d’exister hors de Jean-Dauger, ce que Bayonne n’avait pas su faire l’an dernier, au grand dam du président Tayeb excédé par les déconvenues à répétition.
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« Récupérer des points à l’extérieur, cela veut dire avoir de la régularité dans les performances. Si on veut construire une bonne saison, on ne peut pas faire les montagnes russes entre ce qu’on fait à Jean-Dauger et ce qu’on fait à l’extérieur. Pour la confiance du groupe, c’est très important. »
Les Bayonnais redémarreront le Top 14 samedi prochain par la réception de Toulon avant de se déplacer la semaine suivante chez le voisin palois. Le Hameau, un premier gros test pour savoir si cet Aviron est prêt à retrouver ses standards perdus.
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