Urdapilleta et l'USAP, une attraction commune : « Tu sais qu'il va secouer la pulpe de beaucoup de joueurs »
Dans le monde du rugby professionnel, il n’y a pas de place pour les cadeaux. Surtout pas en Top 14 où la concurrence est trop rude pour les sentiments. Lorsque Perpignan a proposé à son ouvreur vétéran Benjamin Urdapilleta, 40 ans, un nouveau contrat d’un an à l’issue de la saison dernière, il ne l’a pas fait pour services rendus et pas plus pour lui permettre, au cours d’une entrée en jeu, d’inscrire cette transformation ou cette pénalité qui lui permettrait de dépasser les 2612 points de Romain Teulet, toujours meilleur réalisateur de l’histoire du Top 14.
Quand bien même cela en jetterait, ce n’est pas pour cela que Laurent Labit a validé cette année supplémentaire en Catalogne pour l’Argentin. Lorsqu’il est arrivé au chevet d’une USAP en détresse et sans le moindre point au cours de la saison dernière, l’une des premières actions de l’ancien adjoint de Fabien Galthié en équipe de France a été de se procurer le contact d’Urdapilleta pour lui passer un coup de fil et lui demander (déjà), de rechausser les crampons.
Parce qu’il a toujours eu un faible pour ces joueurs au tempérament très affirmé et mauvais perdants au possible, au point de nourrir une haine viscérale de la défaite même la plus anecdotique.
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Rendez-vous demain à 19h30 face à Bath 💥
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— USAP (@usap_officiel) August 26, 2026
0 victoire en phase régulière de Top 14 la saison dernière sans Urdapilleta
«Faire sortir de sa retraite un joueur comme ça, avec cette grinta et cette passion, a eu un rôle prépondérant dans notre maintien, commente Laurent Labit pour RugbyPass. Il est un des éléments qui ont fait que le club à pu repartir et se sauver. Il est habité par la compétition. Vous pouvez jouer avec lui aux cartes, au ping-pong, à la pétanque… c’est impossible pour lui de perdre. Donc forcément, un mec comme ça dans le vestiaire, tu sais qu’il va secouer la pulpe de beaucoup de joueurs. »
Arrivé à l’USAP en novembre, Urdapilleta était titulaire un mois plus tard lorsque les Catalans ont enfin débloqué leur compteur victoire en Top 14, juste avant Noël, contre Clermont et a inscrit 16 des 26 points de son équipe (26-20). Sur l’ensemble de la saison, il a participé à 13 matchs dont 12 en tant que titulaire. Coincidence ou pas, Perpignan a connu ses six victoires de la saison passée dans la phase régulière lorsqu’il portait le numéro 10 sang et or.
La septième était cet access-match contre Provence Rugby au cours duquel les hommes de Laurent Labit ont obtenu leur maintien. La plus importante de toute, donc, qui s’est jouée sans Urdapilleta, blessé et obligé de déclarer forfait. D’autant plus rageant pour l’ancien Clermontois que ce match, en plus d’être celui de la survie pour l’USAP, devait aussi le consacrer comme meilleur marqueur de points de l’histoire du Top 14.
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L’USAP et son président François Rivière sont fiers d’annoncer la signature du demi d’ouverture international Argentin, Benjamin Urdapilleta, pour une saison. pic.twitter.com/fiYRgHUhMe— USAP (@usap_officiel) July 18, 2026
« Il n’y a même pas eu besoin de remettre une pièce dans le jukebox »
Cette frustration était pour lui un levier naturel pour pousser encore un peu le bouchon et pour Labit l’assurance de récupérer un joueur ultra motivé à la rentrée. « Il était venu à Perpignan pour sauver le club. Arrivé la veille du match du maintien, il se blesse et n’a pas pu y contribuer. Forcément, lorsqu’on a évoqué le fait de terminer l’histoire, il n’y a même pas eu besoin de remettre une pièce dans le jukebox que la musique était déjà lancée ! »
Et cela malgré la contrainte personnelle du joueur, dont l’épouse et les enfants vivent en Argentine depuis la fin de son contrat à Clermont à l’été 2025. Son tempérament de compétiteur fait aussi qu’il ne se contentera pas d’inscrire son nom dans le livre d’or du championnat, comme il l’a expliqué cette semaine à Actu Rugby.
« J’ai bien conscience qu’il y a le record qui m’attend. Ça fait toujours plaisir. Ça fait partie des petites choses que je n’aurais jamais imaginées avoir dans ma vie. Après, le battre, ce n’est pas le problème. Il va surtout falloir que je le mette le plus haut possible pour que ceux qui arrivent derrière ne le battent pas… »
Précisément le genre d’état d’esprit que Labit souhaite insuffler à son groupe pour franchir un cap et éviter les deux dernières places en fin de saison, quand bien même le club s’était déjà assuré la signature de l’ouvreur international italien Paolo Garbisi. Et la raison pour laquelle le manager perpignanais a vu le souhait de son winner quadragénaire de rempiler comme une belle opportunité pour l’USAP.
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