L'énigme Jalibert : titulaire à l'arrière, mais toujours incertain
Depuis le retour à Brisbane dimanche 5 juillet au soir, les Bleus n’ont eu droit qu’à deux entraînements sur la pelouse du Nudgee College, au nord de la capitale du Queensland. Lundi : clarté, mardi et mercredi : entraînement, jeudi : off, et vendredi : entraînement du capitaine avant le match du 11 juillet contre l’Australie au Suncorp Stadium.
Deux jours, c’est peu. Et quand on n’y participe pas, c’est pire. C’est le cas de l’ouvreur de l’UBB Matthieu Jalibert, resté sur le bord terrain, adossé aux boucliers et mollet strappé, pendant les deux entraînements, à regarder ses coéquipiers sans y prendre part. Jamais il n’a été question qu’il déclare forfait.
Jalibert blessé mais toujours dans le plan
Et pourtant, on le retrouve titulaire à l’arrière contre l’Australie pour le deuxième rendez-vous du Championnat des Nations samedi 11 juillet au Suncorp Stadium. « Non, on n’est pas sûr, honnêtement », a concédé, énigmatique le sélectionneur Fabien Galthié lors de la présentation de la composition du XV de France jeudi 9 juillet.
« Il a pris un coup sur le dernier essai, la dernière action. C’est une contusion mollet. C’est une blessure normalement qui peut se gérer dans la semaine, donc on l’a protégé cette semaine. Il reprend l’activité aujourd’hui et il y aura un test grandeur nature demain au stade, et on prendra les décisions en fonction de ce qu’il ressent. »
Ce qui a poussé Galthié à reconduire l’international aux 40 sélections, c’est sa performance face aux All Blacks une semaine avant à Christchurch au cours de laquelle Jalibert a livré un match plein, marqué par sa justesse dans l’animation : dès la 2e, il glisse Penaud dans l’intervalle pour lancer les Bleus, avant de récidiver à la 47e en jouant parfaitement la montée adverse pour créer une nouvelle brèche. Précis et tranchant dans ses choix, il a été à l’origine de la majorité des situations franches, amenant même deux autres incursions dans l’en-but.
Ntamack Jalibert, une association inédite
Au-delà, ce que Galthié aimerait bien tester aussi, c’est cette association inédite avec Romain Ntamack à l’ouverture et Jalibert à l’arrière. Dans toute sa carrière, Jalibert n’a joué que quatre fois à l’arrière et 164 à l’ouverture. Et jamais en équipe de France. « J’avais promis à Mathieu le premier test-match et j’avais promis à Romain le deuxième test-match. J’avais fait des promesses, et donc je les tiens », sourit Galthié.
« Et ensuite, il y avait une petite organisation autour de cette promesse qu’on avait pensée, qu’on avait envisagée avec Patrick Arlettaz. C’était que Mathieu, avec son niveau de rugby actuel et sa confiance actuelle, recule d’un cran. Donc tout ça, c’était prévu, dans le meilleur des cas.
« Et c’est pas sûr encore, parce qu’il faut tester Mathieu vendredi. Dans notre animation sur la partie offensive, ils ont le même job, et sur la partie défensive, ils ont le même job, dans notre rugby. Ils ont le même travail offensif et défensif, et le 10 et le 15 jouent vraiment ensemble, un plutôt côté gauche, l’autre plutôt côté droit, et ils jouent ensemble. »
Deux énigmes à venir donc : jouera-t-il, jouera-t-il pas ? Et si oui, comment s’en sortira-t-il à l’arrière ?