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Le grand virage de Jake White : les Springboks ne devraient plus quitter l'Afrique du Sud


Jake White, head coach des Vodacom Bulls, arrive lors du quart de finale de l’EPCR Challenge Cup entre Edinburgh Rugby et les Vodacom Bulls au Hive Stadium, stade d’Edinburgh Rugby, le 12 avril 2025 à Édimbourg, Écosse. Photo Euan Cherry/Getty Images.
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Dix ans après son expérience en Top 14, Jake White change complètement d’avis ! Ancien sélectionneur des Springboks (2004-2007), il appelle aujourd’hui la fédération sud-africaine (SARU) à modifier les règles de sélection des Boks pour redonner du poids aux franchises engagées en URC. White connaît le problème de l’intérieur : il a dirigé les Bulls entre 2020 et 2025, dans un contexte où les règles ont été assouplies en 2018 pour permettre la sélection de joueurs évoluant à l’étranger.

Un constat étonnant de la part de celui qui était head coach de Montpellier entre 2014 et 2017 et qui avait alors développé une vraie filière sud-africaine, comptant pas moins d’une douzaine de joueurs dans son effectif parmi lesquels Pierre Spies, Bismarck du Plessis, Jannie du Plessis, François Steyn… Une présence importante qui avait permis au club de remporter la European Challenge Cup.

La filière a considérablement fondu en France

À l’époque, les avis étaient partagés. Tant que les résultats suivaient, on louait « la recette sud-africaine » (jeu direct, fondamentaux Springboks, discipline collective) comme une méthode efficace. Mais dès mai 2016, le ton changeait avec un vestiaire est coupé en deux (les cadres français étaient mis à l’écart ou ignorés).

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Aujourd’hui, la présence sud-africaine en Top 14 a considérablement fondu ces dernières années, l’essentiel des Springboks actifs hors d’Afrique du Sud ayant migré vers le Japon. En Top 14, on en compte trois qui ont été appelés dernièrement par Rassie Erasmus : le troisième-ligne Jean-Luc du Preez (seulement trois matchs avec l’UBB cette saison), le pilier Carlü Sadie (69 matchs avec Bordeaux depuis son arrivée en 2023), ou encore le demi de mêlée Herschel Jantjies (20 matchs avec Bayonne cette saison).

Les joueurs devraient être « forcés » à rester au pays

Dans ce contexte, Jake White considère que les joueurs devraient être « forcés » à rester au pays pour relever le niveau des Bulls, des Sharks, des Stormers et des Lions, en grande difficulté en Champions Cup face aux armadas françaises et irlandaises.

L’écart de budget entre les clubs sud-africains d’un côté, les équipes françaises et irlandaises de l’autre, rend la marche trop haute sans les meilleurs internationaux alignés en franchise.

« Nous allons devoir réfléchir autrement », explique-t-il à Netwerk24. « Nous allons devoir forcer les Springboks à jouer localement. Cette exigence existait auparavant dans notre rugby et je comprends tous les autres arguments sur le droit des joueurs à évoluer à l’étranger, mais nos franchises sont perdantes dans l’histoire.

« Je l’ai souvent dit et je le maintiens. Il n’y a aucune chance qu’une équipe sud-africaine, avec les budgets actuels, puisse gagner la Champions Cup. »

Suivre les modèles irlandais et néo-zélandais

Quelques Springboks sont bien rentrés au pays après des passages en Europe ou au Japon, mais le mouvement se fait surtout en fin de carrière, rarement au sommet de leurs moyens. Les meilleurs éléments sud-africains qui arrivent au milieu de la vingtaine continuent, eux, de regarder vers l’étranger pour aller chercher des contrats plus lucratifs.

White estime toujours que la Nouvelle-Zélande et l’Irlande restent les modèles à suivre, avec une règle simple : sélection réservée aux joueurs qui évoluent dans le pays. « Nous formons des joueurs comme Cameron Hanekom et Kurt-Lee Arendse, qui joueront bientôt à l’étranger », poursuit-il.

« Cheslin Kolbe revient aux Stormers à 32 ans, ce qui est une bonne chose, mais la réalité, malheureusement, c’est qu’il a joué son meilleur rugby à l’étranger (en France et au Japon). C’est pour ça que je respecte des pays comme l’Irlande et la Nouvelle-Zélande. La Nouvelle-Zélande n’a aucune intention de déroger à sa politique sur les joueurs à l’étranger. C’est simple : si tu veux être All Black, tu dois jouer en Nouvelle-Zélande. Nous allons, nous aussi, devoir trouver un moyen de garder nos meilleurs joueurs ici. »

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