Le Crunch ou le crash : 11 candidats potentiels pour remplacer Steve Borthwick (au cas où)
Malgré les dénégations de la fédération anglaise de rugby qui lui accorde toujours toute sa confiance – « clairement la bonne personne pour ce travail. C’est un coach fantastique » , répète même à l’envi le capitaine Maro Itoje – l’aura de Steve Borthwick vacille après trois défaites en quatre matchs.
L’Angleterre a basculé à Rome, battue pour la première fois de son histoire par l’Italie au Stadio Olimpico, un revers qui a transformé une mauvaise passe en véritable crise de régime. Officiellement, il n’en est rien, mais la RFU a quand même pris soin d’annoncer le lancement d’une analyse approfondie de cette campagne du Tournoi des Six Nations, signe que le dossier Borthwick est désormais ouvert plus que jamais.
Alors, au cas où les choses bougent au lendemain du Super Saturday samedi prochain, on a pensé à quelques candidats qui pourraient le remplacer…
Scott Robertson, le grand déçu des All Blacks
Scott Robertson vient de quitter son poste de sélectionneur des All Blacks après une revue interne consécutive à une série de résultats jugés insuffisants, alors qu’il était sous contrat jusqu’en 2027. « Coacher les All Blacks a été l’honneur de ma vie », a-t-il certifié, reconnaissant être « dégoûté » par la décision de sa fédération, tout en acceptant de partir pour laisser le temps à un nouveau staff de préparer la Coupe du Monde de Rugby en Australie. Libéré plus tôt que prévu par la Nouvelle-Zélande, son éventuelle disponibilité dépendrait des modalités de son départ, mais son profil de technicien innovant et déjà champion avec des franchises en fait un nom impossible à ignorer pour l’Angleterre.
Ronan O’Gara, l’ambitieux ancré à La Rochelle
Ronan O’Gara a prolongé son contrat avec La Rochelle (depuis 2019) jusqu’en 2027, se retirant déjà une première fois de la course au poste de sélectionneur de l’Angleterre lorsque l’ombre d’Eddie Jones planait encore sur Twickenham. L’Irlandais ancien entraîneur de la défense du Racing 92 (2013-2017) a rappelé récemment : « Je suis ici jusqu’en 2027, et je veux gagner plus avec La Rochelle », tout en admettant que son objectif à terme reste de se tester au niveau international. Il a précisé qu’un départ de Charente-Maritime ne se ferait que pour une sélection, citant l’Irlande, la France ou l’Angleterre comme horizons possibles, mais en insistant sur le fait que « le projet n’est pas terminé ici ».
Andy Farrell, l’option populaire mais verrouillée
Andy Farrell a construit avec l’Irlande une machine à gagner, prolongée après le dernier Mondial, et son statut le place mécaniquement au sommet des souhaits des supporters anglais. L’ancien adjoint de l’Angleterre et sélectionneur des Lions reste très courtisé, mais à Dublin, l’IRFU a verrouillé le dossier et ne montre aucun signe d’ouverture à un départ imminent à 18 mois de la prochaine Coupe du Monde de Rugby. Sa situation contractuelle et l’ambition irlandaise font de lui une cible désirée mais extrêmement improbable à court terme, malgré des rumeurs récurrentes sur des offres de clubs riches comme les Saracens.
Rob Baxter, la piste anglaise naturelle
Rob Baxter a longtemps été associé à l’idée d’un parcours entier en terre d’Exeter, mais il avait déjà accepté d’échanger avec la RFU lors de la succession d’Eddie Jones. Il a entamé un nouveau cycle de reconstruction chez les Chiefs, sans fermer totalement la porte à un défi international, ce qui en fait un candidat naturel si la RFU veut confier le poste à un Anglais rompu au très haut niveau de club. Dans l’équation politique qui entoure le futur de la sélection, Baxter incarne une solution interne au rugby anglais, à la fois expérimentée et relativement consensuelle auprès des dirigeants.
Phil Dowson, l’étoile montante de Northampton
Phil Dowson a hissé Northampton parmi les références du jeu de club en Angleterre, avec une identité offensive marquée et un management salué par ses pairs. En interne, il est de notoriété que ses contrats incluent une clause de libération pour un poste international, ce qui le maintient de fait dans le radar de la RFU à chaque début de crise. Ses ambitions déclarées de coacher un jour l’Angleterre, alliées à ses résultats récents avec les Saints, en font l’un des premiers noms à sortir dès lors que Twickenham regarde vers une nouvelle génération de techniciens.
Shaun Edwards, l’erreur historique à réparer
On ne compte plus les occasions manquées par la RFU avec Shaun Edwards, parti faire le bonheur du Pays de Galles avant de bonifier la défense de la France (depuis 2020). Considéré comme l’un des meilleurs stratèges défensifs de la planète, il reste sous contrat avec les Bleus, ce qui rendrait tout rapprochement avec l’Angleterre complexe sur le plan contractuel et politique. Mais dans une période où la sélection anglaise concède essais et certitudes, la tentation de donner enfin à Edwards un rôle majeur pourrait ressurgir si la RFU décidait de casser sa tirelire.
Johann van Graan, l’architecte de Bath
À Bath, Johann van Graan a accompli ce que beaucoup avaient échoué à faire : transformer un club en quête de repères en machine à trophées. Son profil d’architecte patient et méthodique séduit, d’autant qu’il est régulièrement cité comme successeur potentiel de Rassie Erasmus à la tête des Springboks. Cette perspective sud-africaine pourrait toutefois l’inciter à patienter, à préserver son capital plutôt qu’à plonger dans la tourmente actuelle de l’Angleterre.
Jamie Joseph, l’outsider expérimenté
Jamie Joseph a longtemps été associé à la progression du Japon, avant de candidater sans succès au poste des All Blacks, battu sur le fil par Dave Rennie. Fort de cette expérience et d’un vécu international conséquent, il se glisserait volontiers dans la lutte pour un banc aussi exposé que celui de l’Angleterre, même s’il partirait loin derrière les têtes d’affiche dans les projections des bookmakers. Son nom renvoie à un profil d’outsider, capable de fédérer un groupe et d’accepter un défi à haute pression sans bénéficier, au départ, du soutien massif du public.
Michael Cheika, le CV estampillé mondial
Finaliste de Coupe du monde avec l’Australie, Michael Cheika a prouvé sa capacité à transformer une sélection en courte période, avec un style exigeant et abrasif. Engagé aujourd’hui en NRL, l’ancien entraîneur du Stade Français (2010-2012) est déjà pressenti pour un poste majeur dans le rugby à XIII, ce qui pourrait décaler de plusieurs mois voire d’un an toute hypothèse d’arrivée immédiate à Twickenham. Son profil reste celui d’un pompier de luxe, habitué des environnements sous tension, mais le timing joue clairement contre une prise de fonction rapide en Angleterre.
John Mitchell, la solution interne à moindre coût
John Mitchell, actuel sélectionneur des Red Roses, vient de mener l’Angleterre féminine au sommet mondial, renforçant sa crédibilité au sein de la RFU. Déjà passé par le staff de l’équipe masculine, il représente une option interne si l’instance souhaite éviter des indemnités de rachat de contrat élevées. Sa nomination serait un pari audacieux, presque « hors cadre », mais s’inscrirait dans une logique de continuité structurelle plutôt que dans une révolution de modèle.
Jake White, l’expertise mondiale en réserve
Jake White, vainqueur de la Coupe du monde avec l’Afrique du Sud en 2007, reste disponible et a récemment été aperçu dans les processus d’entretien pour un poste de coach à Trévise. Désireux de revenir au premier plan, l’ancien entraîneur de Montpellier (2014-2017) coche toutes les cases de l’expérience et du savoir-faire en rugby de sélection, avec un ADN de pragmatique, tourné vers l’efficacité plus que vers le spectacle. Dans un contexte anglais en quête de résultats rapides et de structure, son nom peut resurgir comme une solution de court à moyen terme si la RFU privilégie la sécurité à la révolution.
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