Jalibert-Ntamack, le choc des deux dix
Ce dimanche soir, le choc de la 18e journée de Top 14 entre l’Union Bordeaux-Bègles et Toulouse (21h05) dépasse le simple enjeu du classement?: c’est aussi le cadre du grand retour de Romain Ntamack et d’un nouveau duel très attendu avec Matthieu Jalibert, son rival en Bleu.
Jalibert s’impose, Ntamack revient
L’un a connu l’euphorie du succès, l’autre la frustration de l’attente. Matthieu Jalibert a porté le XV de France vers la conquête du Tournoi des Six Nations, quand Romain Ntamack, blessé depuis fin 2025, observait depuis les tribunes. Ces destins croisés nourrissent une rivalité qui passionne depuis plusieurs saisons.
«?Je pense que pour Galthié et son staff, c’est quand même une aubaine de pouvoir compter sur deux joueurs à ce niveau, regardez au niveau international, quels pays peuvent aligner et interchanger deux dix de ce niveau ??», souligne Christophe Laussucq, entraîneur de la défense de l’UBB. Le sélectionneur des Bleus, lui, tempère les comparaisons?: «?Ce sont deux super mecs, mais ils ont le malheur d’être opposés par les médias. On a gagné avec l’un et l’autre. Je le répète, on a besoin des deux. Ce qui est important, c’est que les deux ont gagné des compétitions. Ils sont légitimes.?»
Cette saison, le hasard du calendrier a évité tout dilemme à Galthié?: Jalibert a manqué la tournée de novembre, Ntamack le Tournoi. Mais leur double absence ne fait que rappeler combien la France mesure sa chance de disposer de deux ouvreurs de ce calibre.
Deux styles, une même exigence
Depuis plusieurs années, le débat s’enflamme autour de leurs styles opposés. Jalibert, symbole de créativité, incarne la spontanéité et la prise de risque, capable de fulgurances aussi spectaculaires qu’efficaces. Ntamack, lui, séduit par sa maîtrise du tempo et sa gestion clinique des matchs.
Laussucq le reconnaît?: «?Globalement, en France, on est très sévère avec Matthieu. Là, j’espère qu’il a pris un peu de crédit.?» Son travail défensif, longtemps critiqué, est désormais cité en exemple par ses coéquipiers. «?On avait aucun doute sur la qualité du joueur, et c’est vrai que ça doit lui faire du bien d’avoir performé avec les Bleus, de revenir avec nous plein de confiance et ça nous fait du bien à nous aussi», confie Pablo Uberti, saluant ses progrès derrière la ligne.
En face, Ntamack reste cet artisan de la maîtrise, dont la régularité structure le jeu toulousain. Son coéquipier Peato Mauvaka s’attend à une réaction forte?: «?Il va vouloir montrer qu’il est toujours là, et tous les mecs autour, on va l’aider pour qu’il soit bien durant le match.?»
Un choc avant d’autres retrouvailles
Dimanche soir, à Bordeaux (21h05), leurs chemins se recroisent pour un choc au sommet entre l’UBB et Toulouse. Pour Ntamack, ce sera une première apparition depuis trois mois, après une blessure au rein puis une gêne à l’ischio-jambier. «?Il va pouvoir montrer rapidement qu’il sera prêt sur la fin de saison, c’est sûr que c’est une chose qu’il attend?», assure Virgile Lacombe, entraîneur adjoint du Stade Toulousain.
Jalibert, lui, arrive lancé, rasséréné par ses prestations en sélection et guidant une équipe bordelaise encore inconstante, cinquième et sous pression avant la dernière ligne droite. Cette confrontation dépasse le cadre d’un simple match de championnat?: dans moins d’un mois, les deux pourraient de nouveau se croiser en Champions Cup. Deux trajectoires, deux styles, mais surtout une rivalité qui tire le rugby français vers le haut.
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