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Classement mondial : pourquoi ça risque d'être figé ce week-end

JOHANNESBURG, AFRIQUE DU SUD - 8 JUILLET : (de gauche à droite) Handre Pollard, Jesse Kriel et Damian Willemse observent la séance d'entraînement de l'équipe d'Afrique du Sud au stade de Johannesburg, le 8 juillet 2026, à Johannesburg, en Afrique du Sud. (Photo : David Rogers/Getty Images)
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Les supporters des Springboks ont eu de quoi grincer des dents. Leur démonstration 45–21 contre l’Angleterre en ouverture du Championnat des Nations n’a pas rapporté le moindre point au classement mondial World Rugby. Mais là, ce samedi 11 juillet, au Loftus Versfeld, une petite récompense est enfin possible en cas de succès contre l’Écosse.

L’histoire entre l’Écosse et l’Afrique du Sud en terre sud-africaine est à sens unique. Les Écossais se sont déplacés sept fois, pour sept défaites. Rien, pour l’instant, ne laisse penser que les choses vont changer?: à Pretoria, leur taux de victoires frôle les 80?%. Pour Rassie Erasmus, qui fêtera son 55e match à la tête de la sélection, cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’un règne marqué par deux Coupes du monde et la place de numéro un mondial.

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Pretoria : une opportunité rare

Dans ce contexte, les Springboks disposent d’une occasion rare?: améliorer, même légèrement, leur avance sur la Nouvelle-Zélande au classement. Favoris logiques, ils sont attendus avec une marge confortable. S’ils gagnent par plus de 15 points, leur note passera de 93,94 à 93,97. Trois centièmes de point, c’est peu, mais c’est le prix de la domination dans un système où les points sont échangés entre les équipes en fonction du niveau théorique de l’adversaire. Quand l’écart est trop important au coup d’envoi, le favori peut gagner sur le terrain sans gagner au classement.

Depuis que l’Afrique du Sud a dépassé la Nouvelle-Zélande en septembre dernier pour s’installer en tête, les occasions de prendre des points ont été rares. Sur les huit tests disputés depuis, seuls trois ont permis d’améliorer leur total?: les victoires à l’extérieur contre l’Irlande et la France en novembre, et le succès en Rugby Championship contre l’Argentine à Twickenham, pour un gain cumulé de 2,32 points. Le reste?? Rien, ou presque. À domicile contre l’Argentine avant le match de Londres, puis face au Japon, à l’Italie, au Pays de Galles et récemment à l’Angleterre, les Boks ont été «?victimes?» de leur propre supériorité, leurs adversaires étant trop loin derrière pour que les chiffres bougent.

Le déplacement de l’Écosse en Afrique du Sud change la donne. Grâce à son succès sur l’Argentine, le XV du Chardon s’est rapproché des Boks au classement, rendant le match de Pretoria «?payant?» pour les champions du monde, sauf scénario improbable. Il faudrait un accident historique, une défaite sud-africaine à Loftus pour la première fois depuis 2018, pour que cette opportunité se transforme en catastrophe.

Un effet domino sur le top 3

Un tout petit peu plus bas dans le classement, c’est la Nouvelle-Zélande qui se retrouve, à son tour, dans une position figée. Les All Blacks affronteront une Italie nettement moins bien classée, huit places derrière et avec un écart de 13,73 points au rating. Même en gagnant, ils savent déjà que leur note ne bougera pas. Seule une situation extrême peut rebattre les cartes?: une défaite lourde de l’Afrique du Sud contre l’Écosse combinée à une victoire des All Blacks sur l’Italie renverrait la Nouvelle-Zélande au sommet.

La logique est la même pour l’Irlande, troisième du classement. Face à un Japon en dehors du top 10, eux aussi ne peuvent espérer de gain chiffré en cas de victoire. Le système protège les équipes mieux classées lorsque l’écart est trop grand, et limite l’impact des succès attendus.

Derrière ce trio, le week-end peut en revanche provoquer des remous plus nets. L’Angleterre, en particulier, marche sur une ligne de crête. Si sa mauvaise série se poursuit avec une défaite contre les Fidji à Liverpool, et si l’Argentine bat le Pays de Galles pendant qu’un succès australien se dessine face à la France, le XV de la Rose pourrait plonger jusqu’à la huitième place. Ce serait alors l’égalisation de son plus mauvais rang historique, celui de février 2016, lorsque Eddie Jones avait pris les commandes après la Coupe du Monde de Rugby ratée à domicile sous Stuart Lancaster.

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Quid de la France ?

Enfin, les Bleus sont solidement installés à la quatrième place, sans pouvoir monter par leurs seuls résultats. Pour espérer grimper, ils dépendent des autres, et surtout de l’Irlande. Il faudrait pour cela que l’Irlande perde contre le Japon, d’au moins 15 points. Sans ce faux pas irlandais, les Bleus restent bloqués. Et même si la Nouvelle-Zélande subissait une première défaite historique contre l’Italie, la France ne pourrait pas rejoindre les All Blacks à la deuxième place. La marche est trop haute.

Mais en cas de défaite, la France reculera si l’Écosse gagne en Afrique du Sud. Les Écossais profiteraient alors du faux pas français et d’un succès de prestige contre les champions du monde pour grimper au classement. Plus subtil encore?: même un match nul ne met pas complètement la France à l’abri.


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