Pau confirme son statut d'outsider solide
Comme l’an dernier, Pau a débuté sa saison par une victoire à l’extérieur, cette fois chez le finaliste du dernier Top 14 Montpellier (19-27), confirmant son statut d’outsider encore mieux armé pour voir plus loin que la réception de Bayonne samedi.
C’était un démarrage en côte qui était proposé à la Section, fortement diminuée. Elle l’a effectué en trombe, signant le seul succès à l’extérieur de cette journée inaugurale.
L’avantage de débuter à l’extérieur
« Ça fait un mois qu’on étudie ce qu’on peut faire pour gagner ce match », confesse l’ailier portugais Rodrigo Marta, recrue en provenance de Colomiers (Pro D2) et marqueur samedi : « C’est le fruit de tout le travail du groupe. La saison dernière lui a sûrement amené de la confiance. »
Et quelques bonnes idées. Il y a un an, les hommes de Sébastien Piqueronies s’étaient imposés à Castres (17-15), ce qui avait idéalement lancé leur saison conclue à la 4e place, leur meilleur résultat en Top 14.
« Débuter à l’extérieur, c’est toujours une opportunité car les équipes ne sont jamais rodées », juge le troisième ligne Loïc Credoz, alors que la machine béarnaise n’a pas tourné à plein régime dans l’Hérault.
Des automatismes à créer
Les raisons : une conquête un peu faiblarde, parce qu’elle déplorait 18 absents dont une dizaine d’éléments majeurs, et la familiarisation avec un nouveau plan de jeu qui bouscule ses habitudes.
« Il y a eu beaucoup de déchets, ce n’était pas beau à voir. On a des automatismes à créer », reconnaît Credoz, satisfait de n’avoir laissé aucun point de bonus à Montpellier, un concurrent annoncé.
Dépassé, le MHR n’a pu que reconnaître la supériorité « d’une grosse équipe de Top 14 », selon Joan Caudullo, son manager.
202 plaquages
Si elle a défendu avec ardeur son avantage, assénant 202 plaquages à 90% de réussite et volant cinq ballons dans les rucks, la Section a pris les devants grâce à trois essais inscrits dans des styles différents, sur un ballon porté, une attaque supersonique puis une jolie séquence bien déroulée.
De quoi dessiner les contours d’un groupe qui ne possède pas encore la maîtrise totale des couleurs mais offre une palette assez large.
« On veut avoir le jeu le plus complet et le plus surprenant possible », assure Sébastien Piqueronies. « On essaie de se servir de nos armes au mieux. Et j’ai trouvé mon équipe très lucide sur celles à utiliser (samedi). En tout cas, on a encore bonifié notre effectif pour activer toutes les options. »
Un comportement exemplaire
Baptiste Pesenti, Bastien Vergnes-Taillefer, Gonzalo Garcia, Marta et Santiago Grondona ont rejoint le Béarn. Cinq internationaux de plus, un ajout de concurrence hautement qualifiée, comme une aubaine pour le manager béarnais qui a trouvé « le coaching impactant (à Montpellier), notamment sur les rôles stratégiques. Ça donne confiance en notre groupe. »
« On n’a jamais rien lâché, on a joué pour le copain. De la première à la dernière minute, on est restés froids, on s’est écouté les uns les autres, on a fait les efforts. Cette solidarité nous donne vraiment un influx nerveux et physique, on l’a ressenti », salue encore Credoz.
« Malgré les erreurs, il y a eu un engagement féroce, des convictions. Notre comportement a été exemplaire », prolonge Piqueronies.
Désormais, il faut que ça dure, comme la saison dernière. Après son succès au CO, Pau n’avait plus jamais quitté le top 6, échouant seulement en barrage face au Racing 92 en juin (31-33) au Hameau, jusque-là inviolé.
« Pour solder tout ça, il faudra arriver au mois de juin 2027. Et c’est très, très loin », prévient Piqueronies. Qui d’ici là, ne veut pas subir trop de coups de frein.
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