Racing 92 : Joey Manu résiste aux sirènes de la NRL et devrait rester à Paris
Sauf énorme surprise de dernière minute, Joey Manu devrait entamer sa deuxième saison pleine au Racing 92. À 30 ans désormais, le centre néo-zélandais poursuit une reconversion encore récente : cet exercice n’est que son troisième en rugby à XV, après un bref passage au Japon et une dizaine d’années au sommet du rugby à XIII. Annoncé à plusieurs reprises par la presse australienne sur le chemin d’un retour au pays, il a finalement choisi de rester dans les Hauts-de-Seine.
Une visite à Port Moresby qui nourrit les spéculations
Son contrat avec le Racing court jusqu’en juin 2027, et son avenir suscite déjà des convoitises. Cet été, il s’est rendu à Port Moresby pour visiter les installations des PNG Chiefs, la future franchise de NRL basée en Papouasie-Nouvelle-Guinée et attendue pour 2028, qui lui aurait proposé un contrat conséquent et net d’impôts.
Les All Blacks, de leur côté, continuent de suivre de près son profil hybride, même si une sélection en équipe nationale imposerait son retour dans un championnat néo-zélandais. Mais avant d’envisager un éventuel retour dans l’hémisphère sud, Joey Manu devra d’abord honorer son engagement avec le Racing.
Après le XIII et le Japon, le véritable défi du Top 14
Désormais bien identifié par ses adversaires et attendu après une première saison réussie, il ne bénéficie plus de l’effet de surprise. Cette deuxième saison permettra de mesurer plus précisément la place qu’il occupe réellement dans le projet francilien.
Sa première saison complète en Top 14 avait déjà convaincu. Avec son 1,90 m et ses 102 kg, Manu a rapidement trouvé sa place dans le système de Patrice Collazo.
Sa puissance, sa disponibilité et sa capacité à répéter les efforts ont permis au Racing de l’employer au centre comme à l’aile, où son passé à XIII se remarque autant dans ses prises de balle que dans son activité défensive. « J’ai encore du boulot », nuance-t-il. « Mais les mecs du Racing ont vraiment été très accueillants et m’ont donné beaucoup de conseils. » Sa technique de plaquage, elle, remonte à bien plus longtemps. « J’ai ça en moi depuis que je suis tout petit. À l’époque, mon papa adorait me challenger dans le jardin de la maison et j’ai toujours gardé en moi ce goût pour le plaquage. »
Un pari gagnant
Le pari de l’acclimatation de Joey Manu au Racing 92 a payé. L’ancien crack du rugby à XIII a notamment conduit le club francilien jusqu’en demi-finale du Top 14 face à Toulouse. « Je voulais tout simplement me tester dans un championnat relevé. Beaucoup de grands joueurs sont passés avant moi au Racing, ça m’a vraiment donné le sentiment que c’était le bon club », expliquait-il à l’AFP.
Il avait affronté la dureté du championnat français lors de plus de vingt matchs, avant d’enchaîner sur la phase finale. À Pau, lors du barrage remporté par les ciel et blanc (31-33), il avait joué les quatre-vingts minutes.
« J’ai l’impression que le public est différent en France. Il y a beaucoup de chants, on les entend vraiment bien. Même si Pau n’est pas aussi grand que certains des matches auxquels j’ai participé, les supporters font tellement de bruit… L’atmosphère quand on entre dans le stade, les chansons qu’ils chantent, c’est génial. J’ai vraiment adoré », confiait-il.
Longtemps resté sous les radars du championnat, le Racing 92 avait tardé à montrer son meilleur visage. Il avait fallu attendre l’avant-dernière journée à Clermont, puis le barrage à Pau, pour voir l’équipe hausser le ton.
« Nous avons tous pris conscience de la force de notre équipe. Nous savons que nous sommes une bonne équipe. Nous avons beaucoup d’excellents joueurs. Quand on est au niveau, comme lors de ces matches et dans ces moments-là, on est capables de faire des choses spéciales », analysait Joey Manu.
Jouer à sa façon
Le centre était lui aussi monté en puissance, au fil de l’expérience accumulée dans le rugby à quinze.
« Le 15 est un sport spécifique, très complexe. C’est un changement de discipline. Il avait fait une transition au Japon. Il a été très utilisé à l’aile. Mais on trouve que ses qualités à l’aile sont un peu bridées. Nous, on veut le placer au centre du jeu. Mais jouer centre en Top 14, ça demande aussi un peu de vécu », détaillait en début de saison Patrice Collazo, appelant à ne pas le juger trop vite.
Manu avait dû aussi apprendre un rôle inédit pour lui. « En rugby à XIII, les arrières ne sont jamais vraiment remplaçants. J’avais l’habitude d’être souvent titulaire. J’ai essayé de m’habituer à sortir du banc et à apprendre ce rôle, la façon dont on peut peser sur un match. Ils aiment beaucoup faire tourner l’effectif ici en France, parce que la saison est très longue. J’essaie d’apporter un maximum d’intensité. »
Sa complémentarité avec la puissance brute des Fidjiens Josua Tuisova et Vinaya Habosi, également repositionné au centre par Collazo, s’était révélée précieuse. « J’essaie juste de créer une connexion avec eux. Je sais que la puissance est leur point fort, alors je veux en profiter autant que possible. Les servir tôt dans l’action, les faire avancer et simplement construire cette entente avec eux. Ce sont un vrai danger », soulignait-il.
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