Pro D2 : Vannes a dominé 29 matchs ; il en reste un seul qui compte vraiment
Pour une finale, on remet généralement les compteurs à zéro, même si les deux équipes ne s’avancent pas à totale égalité après leur saison 2025-2026. Le RC Vannes arrive comme le grand favori après une saison régulière dominée de bout en bout : 24 victoires, 5 défaites, 37 points marqués en moyenne par match, meilleure attaque du championnat. À domicile, les Bretons ont été tout simplement intouchables, et leurs dernières sorties – 48-7 contre Oyonnax, 61-24 face à Soyaux-Angoulême – confirment un collectif en pleine puissance. Deux fois finalistes par le passé, deux fois battus, les hommes de La Rabine savent ce que coûte un rendez-vous manqué.
Mais face au 1er de la saison régulière, Provence Rugby, avec sa troisième place au général, n’a pas à rougir. Outsider sérieux, le club de Philippe Saint-André est porté par une phase finale convaincante : 19 victoires avec une élimination de Colomiers en demi-finale. Pour ce club en construction dont la professionnalisation s’est accélérée en 2018, il s’agit d’une première finale de Pro D2, étape supplémentaire d’une progression entamée depuis leur titre de champion de Nationale il y a deux ans. Leur victoire 34-31 à La Rabine en cours de saison rappelle qu’ils sont capables de battre n’importe qui. Mais leur indiscipline – 26 cartons jaunes, 4 rouges, 345 pénalités concédées (contre 299 pour Vannes) – reste le principal point de vigilance face à une équipe aussi rigoureuse que Vannes.
L’importance du 16e homme
Si Vannes incarne la régularité, la solidité défensive et l’efficacité clinique, Provence représente l’ambition montante, le jeu offensif (160 franchissements cette saison contre 146 pour Vannes) et la capacité à renverser les matchs. Le duel promet entre la meilleure équipe de la saison régulière contre la plus en forme au moment qui compte le plus.
« C’est peut-être la seule pression qu’on a, d’être à la hauteur de nos supporters », a jugé l’entraîneur de Vannes Jean-Noël Spitzer vendredi à la veille de la finale. « Cette bataille dans les tribunes, eux vont la gagner, à nous de la gagner sur le terrain », estime le technicien breton alors que 8 000 supporters du RCV sont attendus à Ernest-Wallon samedi à 18h00.
La ferveur du public de Vannes avait marqué les esprits la saison dernière, pour la première année de son club en Top 14, et est restée fidèle en deuxième division avec une moyenne de près de 13 000 spectateurs à chaque match quand Provence Rugby en attirait plus de 8 000 (8 359). Les deux clubs ont néanmoins joué à guichets fermés tout au long de la saison à un point tel que les billets pour la finale se sont arrachés en moins de deux semaines.