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Les Anglaises ont 10 ans d'avance sur la France... et pourquoi le fossé va encore se creuser

L’approche décontractée et chaleureuse des Red Roses a créé une vraie connexion avec les supporters. (Photo : David Rogers / Getty Images)

Alors que le rugby féminin lance cette semaine son Tournoi des Six Nations, la Premiership Women’s Rugby – diffusé en partie sur RugbyPass TV en même temps que le Celtic Challenge – s’apprête à changer de dimension. La ligue vient en effet de lancer ce qu’elle nomme un processus d’“expressions of interest” à l’ensemble des programmes féminins du Royaume-Uni et d’Irlande, dans l’optique de bâtir le futur visage du rugby féminin de clubs Outre-Manche.

Ce championnat, longtemps réservé aux seules formations anglaises, regarde désormais au-delà de ses frontières historiques. L’invitation s’adresse aussi bien aux clubs existants qu’aux structures portées ou soutenues par les fédérations irlandaise, galloise ou écossaise, dès lors qu’elles sont prêtes à se hisser au niveau d’exigence d’un environnement pleinement professionnel.

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Une extension sous conditions

Dans les faits, la PWR s’ouvre sous condition avec un engagement financier d’au moins 1,2 million de livres par saison, un effectif compris entre 45 et 55 joueuses et des infrastructures capables d’absorber les contraintes de la haute performance, de la diffusion télévisée et d’un calendrier de compétition dense. Par conséquent, seuls des projets solides et taillés pour durer dans une ligue qui se veut un pilier du sport féminin professionnel seront retenus.

Les organisations intéressées doivent se manifester avant le 30 avril 2026, via un dossier détaillé mis à disposition par la ligue. Ce premier tri servira de base au travail de planification avec construction du format de compétition, réflexion sur le nombre d’équipes et articulation avec les calendriers internationaux.

Une évolution qui semble presque naturelle

Déjà sur le terrain, une grande partie des internationales irlandaises, galloises et écossaises évolue en PWR, tandis que le Celtic Challenge constitue aujourd’hui le principal point de chute pour les joueuses issues des nations celtes. Sur le plan du calendrier, les premiers effets concrets de ce processus ne sont pas attendus avant au moins la saison 2027-2028.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de croissance accélérée, nourri par la visibilité croissante du rugby féminin et par l’effet d’entraînement d’une Coupe du Monde de Rugby disputée en Angleterre. La PWR a consolidé une base commerciale de plus en plus solide, portée par un partenariat pluriannuel avec TNT Sports et des soutiens comme Gallagher ou l’armée britannique.

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« Si on ne met pas les moyens, il n’y aura pas de résultats… »

En comparaison, la France semble à des années lumière d’être à ce niveau-là en termes de rugby féminin. « On a des records d’affluence, les gens s’y intéressent, les gens commencent à connaître de plus en plus la discipline », constate l’internationale Séraphine Okemba dans le podcast Coalition de SportpowHER. « Maintenant, il manque les moyens pour mieux structurer le championnat là où les Anglaises ont dix ans d’avance sur nous.

« Le retard qu’on prend se voit sur les résultats de l’équipe de France. Pour moi, il n’y a pas de secret : si on veut de la performance, il faut aussi des moyens. Et tant qu’on n’aura pas les moyens, c’est vraiment un cercle infernal, c’est un cercle vicieux. Si on ne met pas les moyens, il n’y aura pas de résultats. »

Une premier pas en Élite 1 féminine

L’arrivée d’Axa comme sponsor titre de la compétition Élite 1 féminine cette saison est un pas en avant vers une restructuration du rugby féminin en France. Mais ça part de tellement loin…

« Ce qui est le plus frustrant, c’est de se dire qu’on a le potentiel, on a le vivier sur les catégories jeunes, on est supérieur que ce soit en U18, moins de 20… », poursuite l’ancienne septiste internationale. « Mais après, malheureusement, le reste du championnat n’est pas professionnel. C’est des filles qui étudient, qui travaillent la journée et qui s’entraînent le soir. Or, si on n’est pas en capacité de faire évoluer le championnat, on ne pourra pas faire évoluer notre équipe de France.

« Et si on veut que, pour la prochaine Olympiade ou pour la prochaine Coupe du monde, on soit sur le podium, voire à la première place du podium, il faut qu’à un moment donné toutes les joueuses passent professionnelles, ou du moins semi-pro. Donc oui, il y a des records d’affluence, et c’est super important qu’on n’ait plus des discours de personnes qui se demandent : “ah mais ça existe, le rugby féminin ?” Parce que souvent, ça peut encore arriver. »

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