Face à Toulouse, les calculs contraints de Collazo pour rester dans les clous des Jiff
Le Racing 92 jouera sa place en phase finale du Top 14 lors de la dernière journée samedi 6 juin en rentrant dans les clous du nombre de “Jiff” (joueurs issus des filières de formation) face à un Stade toulousain qui sera à nouveau privé d’Antoine Dupont.
Seul club encore sous le seuil réglementaire
Seul club du Top 14 encore sous le seuil réglementaire, le Racing 92 affichait une moyenne de 15,92 Jiff par match avant cette ultime journée, alors que le minimum imposé par la LNR est fixé à 16. Pour se mettre en règle, Patrice Collazo a finalement fait ses calculs et a plié après avoir été plus bravache dans la semaine.
« Si j’ai envie de jiffer, je jifferai plus tard dans la saison peut-être », avait-il pourtant lancé dans la semaine tout en rassurant que « la meilleure équipe jouera contre le Stade toulousain ». Collazo a donc décidé de se mettre en conformité en alignant pas moins de 19 joueurs français ou formés en France dans son groupe de 23, au lieu des 18 initialement jugés nécessaires par les observateurs. Le prix à payer en cas de manquement serait lourd, très lourd – une pénalité de six points au classement dès l’entame de la saison prochaine.
Les choix imposés par la logique
Parmi les non-Jiff maintenus dans le groupe, les ailiers fidjiens Vinaya Habosi et Wame Naituvi conservent leur place, tandis que le troisième ligne Nathan Hughes et le pilier australien Taniela Tupou font les frais de cette arithmétique contraignante.
Gaël Fickou occupera le centre, derrière la jeune charnière Carbonneau-Gibert, auteurs d’une prestation remarquable lors du succès éclatant à Clermont le week-end précédent (41-13). Une grande surprise marque néanmoins la composition avec la présence au poste de numéro 6 du jeune talonneur Thomas Lacombre, configuration pour le moins inhabituelle dans un match à enjeu.
Dupont, absent depuis un mois
Côté toulousain, l’absence d’Antoine Dupont confirme une tendance qui s’installe depuis la mi-mai. Victime d’une gêne musculaire à l’adducteur, le capitaine des Bleus n’a plus foulé une pelouse depuis le 9 mai et la large victoire à Toulon (27-51), ce qui signifie qu’il abordera les demi-finales du 19 juin avec près d’un mois et demi sans compétition dans les jambes.
Son habituel remplaçant Paul Graou est lui aussi forfait suite à un pépin musculaire, le staff toulousain préférant ne prendre aucun risque sur la pelouse synthétique de Nanterre. C’est donc le Japonais Naoto Saito qui assurera la titularisation à la mêlée, associé à Blair Kinghorn, dans un XV toulousain hybride mais délesté de toute pression de résultat.
Un destin entre les mains
La victoire est impérative pour le Racing 92. Sans elle, les Franciliens laisseraient à d’autres clubs le soin de décider de leur sort en barrages. L’enjeu est donc double : gagner sur le terrain, mais aussi gagner la bataille des quotas, pour ne pas hypothéquer dès maintenant la saison à venir.
Rarement une dernière journée de phase régulière aura autant ressemblé, pour un club, à une partie d’échecs jouée sur deux tableaux simultanément.