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Rucks : la guerre invisible entre Toulouse et l’UBB

Par AFP
TOPSHOT – Le troisième ligne anglais de Toulouse, Jack Willis (au centre), célèbre son essai lors de la finale du Top 14 de rugby entre le Stade Toulousain et l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) au Stade de France, à Saint-Denis, au nord de Paris, le 28 juin 2025. (Photo MARTIN BUREAU / AFP via Getty Images)

Apanage des travailleurs courageux voire inconscients, le secteur du grattage peut faire basculer des rencontres, certains joueurs se transformant en poisons pour les offensives adverses. Et il devrait encore être au cœur des débats dimanche 12 avril entre Toulousains et Bordelo-Béglais.

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S’il fallait dresser le portrait-robot du « gratteur », téméraire au point de s’aventurer dans cette zone hostile des rucks, il serait équipé de bras taillés comme des grappins et de vérins en guise de cuisses. Et la trombine espiègle de Jack Willis ne tarderait pas à apparaître.

Jack Willis, le modèle toulousain

L’Anglais du Stade toulousain fait figure de référence dans le rôle de l’homme chargé de « ralentir les ballons, de permettre à l’équipe de se repositionner, de gagner du temps et d’annihiler un petit peu la vitesse de l’attaque adverse », selon la définition donnée par François Cros, son compère de la troisième ligne rouge et noire.

« Ce n’est pas donné à tout le monde et c’est vrai que Jack a ce superpouvoir », souriait fin mars Jean Bouilhou, l’entraîneur des avants toulousains, soulignant aussi « cette souplesse de hanche et de cheville qui lui permet d’être extrêmement bas ».

Le ruck, zone stratégique et risquée

Autant d’atouts indispensables dans un domaine où le « gratteur » doit aller chaparder le ballon sans perdre ses appuis ni mettre ses mains au sol et sans être hors-jeu… Les chiffres parlent pour Willis, deuxième meilleur gratteur du Top 14 mais aussi de la Champions Cup cette saison, avec 12 ballons arrachés en quatre rencontres européennes. « C’est mon job d’être chiant dans les rucks », souriait le flanker de 29 ans jeudi.

« C’est mon job d’être chiant dans les rucks »

Scrutées par les arbitres, dont les interprétations peuvent varier d’un match à l’autre, les zones de rucks font l’objet de stratégies différentes en fonction des entraîneurs. Certains évitent d’y prendre trop de risques, comme le sélectionneur des Bleus Fabien Galthié, qui expliquait en mars au Midi Olympique avoir fait le « choix délibéré » de réduire à la portion congrue ces ballons contestés, pour éviter d’être hors-jeu.

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D’autres encouragent leurs joueurs. « Des rucks, il y en a peut-être 200 par match, 100 pour chaque équipe, donc il faut le bosser offensivement, défensivement », explique à l’AFP David Mélé, entraîneur adjoint du Stade toulousain.

Toulouse veut reprendre la main face à l’UBB

« C’est toujours une balance bénéfices-risques », résume François Cros. « Est-ce que ça vaut le coup d’y aller, au risque de prendre une pénalité ? Ou est-ce qu’on est déjà acculé, dans une situation critique, et il faut intervenir ? C’est toujours important de travailler dans ces zones-là, mais il faut le faire à bon escient. »

Face à l’UBB, lors de la Champions Cup 2025, les spécialistes toulousains, parmi lesquels des tauliers comme Pita Ahki ou Julien Marchand, avaient été dominés dans ce domaine. « On avait manqué un peu d’agressivité dans les rucks en demi-finale l’année dernière », a reconnu jeudi Jack Willis en souvenir de ce revers cuisant (35-18).

Etat de forme de l'équipe

5 derniers matchs

4
Victoires
4
3
Série
2
29
Essais marqués
28
81
Différence de points
84
4/5
Premier essai
3/5
4/5
Premiers points
0/5
4/5
Course aux 10 points
4/5

Le talonneur bordelo-béglais Maxime Lamothe, notamment, avait excellé à ce niveau, écœurant des Toulousains en panne de munitions. « Toulouse domine ses rucks, base beaucoup son rugby là-dessus, (…) contre eux, la guerre du ruck va être très importante », annonce son coéquipier Bastien Vergnes-Taillefer.

Vexés d’avoir été pris à leur propre jeu, les triples champions de France en titre effectuent régulièrement un travail ciblé sur ce secteur, par « divers petits ateliers à la fin des entraînements », explique Jean Bouilhou, ancien troisième ligne retraité depuis 2016.

Richie McCaw, le king

De sa génération, le Béarnais cite le All Black Richie McCaw comme « le roi dans ce domaine », mais aussi « Thierry Dusautoir, qui avait ce rôle de fer de lance sur les zones d’affrontement ». Capitaine des Bleus lors de la finale de la Coupe du Monde de Rugby 2011, ce dernier met en avant « la maîtrise » nécessaire à cette tâche.

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« Il ne faut pas juste du courage, a-t-il expliqué à l’AFP, il faut aussi ne pas faire de fautes. C’est souvent la partie la plus difficile à aborder. » Si les nouvelles règles font « qu’il y a plus de temps donné aux attaquants, (…) c’est un secteur de jeu qui est décisif et qui fait la différence », insiste-t-il, soulignant que « toutes les équipes ont des joueurs » à l’aise avec le grattage. « La majorité des ballons passent par le sol », rappelle-t-il, s’attendant à un nouveau duel de haute lutte dimanche.

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