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Attissogbe, Brau-Boirie, Gailleton : Dan Robson décrypte pourquoi la Section paloise cartonne

Théo Attissogbe (Getty Images)

Pau est en train de faire bouger les lignes du rugby français, et Théo Attissogbe en est le meilleur exemple. Portée par une génération d’intrépides, la Section Paloise alimente aujourd’hui le XV de France qui vise un Grand Chelem, avec l’Italie comme prochain test à Lille.

Les essais d’Attissogbe contre l’Irlande puis le Pays de Galles ont fait taire les sceptiques qui ne comprenaient pas que Fabien Galthié ose se passer de Damian Penaud, l’ailier star de Bordeaux. Le sélectionneur a été conforté dans ses choix : l’ailier de Pau allie vitesse, qualité de main et énorme appétit de travail, au sein d’un duo tranchant avec Louis Bielle-Biarrey.

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Ils sont désormais huit joueurs de Pau dans l’effectif français pour le Tournoi. Pour ceux qui regardent le Top 14 de loin, le chiffre peut surprendre. Mais il s’explique simplement : la Section est aujourd’hui deuxième du championnat, juste derrière le champion en titre Toulouse et un point devant les tenants de la Champions Cup, Bordeaux-Bègles.

Au cœur de cette dynamique, Dan Robson, ancien demi de mêlée de l’Angleterre et aujourd’hui patron du jeu à Pau, tire la sonnette pour le reste de l’Europe : Théo Attissogbe n’en est qu’au début de son ascension. « Théo est rapide et il va devenir encore plus rapide », affirme-t-il dans un entretien à RugbyPass. « Ce qui fait peur, c’est qu’il est encore en train de trouver sa vitesse maximale et qu’il lui reste encore quelques mètres à gagner et, pour un garçon aussi jeune, il a une très bonne vision du jeu et une vraie compréhension du jeu. Théo et Bielle-Biarrey sont très similaires, ils sont très rapides et lisent très bien le jeu. »

Plus que la vitesse, c’est la maturité qui frappe Robson. « On ne voit pas souvent ça chez un joueur de son âge et la façon dont Théo regarde et lit le jeu, il veut juste être dans tous les bons coups », dit-il. « Il cherche les espaces et il est exceptionnel dans ce domaine, il est tout simplement brillant. Ce qui est impressionnant, c’est que Théo s’est adapté au rugby international comme un poisson dans l’eau. »

Robson élargit rapidement le propos à toute la jeune garde tricolore. Selon lui, « les jeunes joueurs ont tellement confiance en eux et se font confiance ; beaucoup sont passés par les moins de 20 ans français et il y en a toujours quelques-uns qui seront meilleurs que les autres. Ils se font confiance pour réussir cette transition vers l’équipe première et nos gars se sont intégrés sans problème à 20 ou 22 ans. C’est dingue. »

Cette montée en puissance repose sur un terreau de club particulier. Les résultats de Pau, cette saison, ont conduit Galthié à se tourner vers une formation longtemps restée dans l’ombre de bastions plus médiatiques pour redessiner son groupe. La profondeur au centre en est l’illustration parfaite. Après la blessure ou l’indisponibilité du duo bordelais Nicolas DepoortereYoram Moefana, qui avait contribué à la victoire sur l’Irlande, le sélectionneur a tout simplement installé la paire de la Section : Fabien Brau-Boirie et Emilien Gailleton, pour aller corriger le Pays de Galles 54–12 à Cardiff.

Fait remarquable, le XV de France n’a connu aucun trou d’air. Ni en rythme, ni en puissance, ni en qualité de jeu de passes, malgré ce changement complet de paire de centres. Brau-Boirie, 20 ans, pour sa première sélection, et Gailleton, 22 ans, ont tous les deux marqué, dans le sillage d’une charnière de gala avec Matthieu Jalibert et Antoine Dupont.

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Cette capacité de permutation est, pour Robson, un signe fort de la richesse française au centre du terrain. « C’est un exploit remarquable et, quand on le met sur le papier, c’est assez fou de simplement échanger une paire de centres de club contre une autre au niveau international. Puis, à Toulouse, vous avez aussi Pierre-Louis Barassi et Kalvin Gourgues et donc il y a potentiellement trois paires de centres de club parmi lesquelles la France peut choisir. Vous n’avez même pas encore mentionné Gaël Fickou, et c’est vraiment une profondeur d’effectif incroyable. » Le sélectionneur dispose ainsi de plusieurs paires déjà rodées en club, prêtes à être transposées telles quelles au niveau test.

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« C’est assez fou de simplement échanger une paire de centres de club contre une autre au niveau international. »

Si Pau peut alimenter ainsi le XV de France, c’est aussi grâce à une politique de formation. « À Pau, l’académie a été tellement importante pour développer le jeune noyau de l’effectif et nous récoltons désormais les bénéfices et les fruits de ce travail », rappelle Robson. Fabien Brau-Boirie en est un bon exemple. « Fabien (Brau-Boirie) est un joueur qui est arrivé à l’entraînement l’an dernier et c’est un garçon faussement mince, en réalité très costaud et physique. Il franchit la ligne d’avantage avec une grande facilité et je me souviens m’être entraîné avec lui en me disant qu’il fallait qu’on le fasse entrer dans l’équipe et qu’on le pousse aussi loin et aussi vite que possible. »

Le poste de premier centre, au cœur d’un Top 14 rugueux, ne lui a pas fait peur. « Jouer 12 en Top 14 n’est pas une tâche facile mais il a rendu ça facile. Aller à Cardiff et jouer comme il l’a fait, avec un tel confort et une telle aisance, c’était très impressionnant et il ne peut que devenir meilleur parce qu’il est encore très jeune. J’étais fier des trois gars de Pau, ils ont tous été remarquables pendant ce match. » En club, Brau-Boirie affiche déjà des chiffres de finisseur : neuf essais en quinze rencontres cette saison. À ses côtés, Gailleton, né en Angleterre, a signé un nouvel essai contre les Gallois, pour la deuxième année de suite en équipe de France.

« Fabien (Brau-Boirie) est un joueur qui est arrivé à l’entraînement l’an dernier et c’est un garçon faussement mince, en réalité très costaud et physique. Jouer 12 en Top 14 n’est pas une tâche facile mais il a rendu ça facile. »

Le revers de cette réussite, pour Pau, se joue en ce moment même. Avec huit joueurs retenus en équipe de France, la Section se retrouve, en pleine période de Tournoi, dans une situation qu’elle subissait auparavant chez ses adversaires. « Pau a huit joueurs dans le squad français en ce moment et, normalement, à ce stade de la saison, quand le Tournoi des Six Nations a lieu, nous chercherions à marquer le coup en Top 14 contre des équipes qui, d’habitude, ont des joueurs retenus avec la France. » Désormais, c’est à Pau de faire sans ses internationaux. « Maintenant, c’est nous qui sommes dans cette position avec huit joueurs en moins et c’est au reste de l’effectif de maintenir notre niveau dans la compétition pendant que les gars sont loin du club. »

L’objectif prioritaire reste de se qualifier pour les phases finales du Top 14 pour la première fois. Pour Robson, qui quittera la Section à la fin de la saison pour rejoindre Gloucester, ce serait une sortie idéale. « Tout se passe bien en Top 14 et, j’espère, nous pourrons continuer ainsi et atteindre les play-offs pour la première fois et finir mon passage ici sur une bonne note. Les play-offs, c’est ce dont on parle depuis quelques saisons. Il y avait une possibilité pour moi de rester ici mais l’offre est arrivée de Gloucester avec le départ de Tomos Williams et j’ai toujours voulu revenir dans le club où tout a commencé pour moi. »

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