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2,4 M€ à Toulouse, 207 000 € à Béziers : le grand écart des entraîneurs

Ugo Mola a une méthode bien à lui pour éviter la lassitude chez ses joueurs. (Photo : Franco Arland / Getty Images)

Le rapport de l’Autorité de régulation du rugby (A2R) 2024-2025, dévoilé la semaine passée par la Ligue Nationale de Rugby (LNR) révèle, en plus du salaire moyen des joueurs et des charges d’exploitation des clubs, les salaires que touchent les techniciens, entraîneurs, entraîneurs adjoints et autres conseillers de l’ombre.

Même s’ils ne gagnent pas autant que les joueurs, les membres du staff bénéficient souvent d’avantages – les loyers du manager, de ses adjoints, des préparateurs physiques et des analystes vidéo – qui alourdissent les finances des clubs. Mais ce poste de dépense invisible est indispensable pour attirer des techniciens venus d’autres régions ou de l’étranger.

Ce que gagne un entraîneur de Top 14

Les rétributions des entraîneurs et du staff sportif des clubs de Top 14 atteignent 18,9 M€ au total sur l’ensemble du championnat, soit 1,4 M€ en moyenne par club, en hausse de +6% en un an. Sur dix ans, la courbe est vertigineuse : la rémunération moyenne des entraîneurs est passée de 690 000 € à 1,7 M€, soit une multiplication par 2,5.

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Le salaire brut des entraîneurs représente 4% des charges d’exploitation des clubs (27% pour les joueurs) en Top 14.

Les écarts sont importants entre l’entraîneur du dernier du Top 14 (Vannes la saison dernière) qui touche moins de 500 000€ par an et le leader (Stade Toulousain) qui émarge à 2,4 millions d’Euros.

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Le rapport indique que les entraîneurs et préparateurs physiques représentent un poste budgétaire significatif dans chaque club. À titre d’exemple, Toulouse consacre 2,4 M€ aux entraîneurs et 1,5 M€ aux préparateurs physiques & consultants pour la saison 2024-2025, soit 3,9 M€ hors joueurs. Paris dépense même 2,5 M€ pour les seuls entraîneurs, soit la masse la plus haute du championnat.

Ce que gagne un entraîneur de Pro D2

En Pro D2, les salaires bruts des entraîneurs représentent en moyenne 376 000 € par an et par club, soit 3% des charges des clubs. Fait surprenant, les rétributions des entraîneurs progressent de +9,2% en 2024-2025, soit plus du double de la hausse des rétributions joueurs (+4,1%).

La rétribution moyenne s’établit à 376 000€ par club pour les entraîneurs – avec une très forte concentration : un seul club (Brive) concentre 46,5% de la hausse totale des rétributions entraîneurs de toute la Pro D2. Cette dynamique confirme que la revalorisation des staffs techniques n’est pas propre au Top 14 mais irrigue désormais l’ensemble du rugby professionnel français.

En Pro D2 aussi les disparités son importantes. Mieux vaut être entraîneur du CA Brive (906 000€) que de Béziers (207 000€).

Une précarité qui justifie une prime de risque

L’argument le plus fort en faveur de hauts salaires pour les techniciens est la durée de vie moyenne dans un club : 22 mois seulement. Cette instabilité professionnelle est structurelle : un résultat négatif suffit à déclencher un licenciement.

Ce fut le cas de Franck Azéma, arrivé à Perpignan en 2023 et qui a été licencié le 27 octobre 2025 après 8 défaites consécutives en 8 journées de championnat, laissant l’USAP dernière avec zéro point. Ses adjoints David Marty (attaque) et Gérald Bastide (défense) avaient déjà quitté le navire trois semaines avant lui. Azéma est aujourd’hui annoncé du côté de Toulon (ou aux Fidji), Gérald Bastide a intégré le staff du XV de France féminin en janvier 2026 et pas de nouvelles de David Marty.

Il y a aussi eu Grégory Patat qui a été invité à quitter l’Aviron Bayonnais le 18 février 2026 – d’un commun accord avait-on dit – alors que le club basque était 12e de Top 14 et n’avait plus gagné depuis le 27 décembre 2025. La rupture était en réalité inévitable depuis plusieurs semaines, après 9 défaites sur les 10 derniers matchs. Le 12 mars 2026, le CA Brive a officialisé sa signature comme manager sportif pour trois saisons, soit jusqu’en 2029.

À Grenoble (Pro D2) enfin, l’entraîneur Nicolas Nadau a été officiellement licencié en octobre 2025 et remplacé par Jeff Dubois. Nadau a vite rebondi comme entraîneur de l’attaque et des trois-quarts de l’USAP, dans le cadre de la reconstruction menée par Laurent Labit, successeur d’Azéma.

Des avantages pour attirer

En contrepartie directe de cette précarité, les clubs offrent donc des rémunérations élevées – c’est une logique classique de prime de risque, explicitement mentionnée dans le rapport.

D’autant que ces profils peu nombreux disposent d’un CV de haut niveau et sont en concurrence directe avec les championnats anglais (Premiership), irlandais et les équipes nationales. La rareté de ces compétences sur un marché international justifie des rémunérations alignées sur les standards européens.

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