Toulouse - UBB : de la difficulté de surprendre un club que l'on « connait par coeur »
Opposés à de nombreuses reprises ces dernières saisons, souvent à des altitudes où la pression peut faire déjouer, Bordeaux-Bègles et Toulouse, face à face dimanche 12 avril en quart de finale de Champions Cup, disent se connaître « par coeur ».
Chacun veut pourtant surprendre son rival. « On s’est joué six fois en 18 mois, donc on sait absolument ce qui nous attend. » Mercredi, le manager bordelo-béglais Yannick Bru a préféré balayer les incertitudes qui pourraient s’amonceler au-dessus de ses ouailles à Chaban-Delmas dimanche sur les coups de 16h00, en même temps que les nuages annoncés.
Six fois en 18 mois
Les rendez-vous entre les deux clubs se sont multipliés ces dernières saisons avec, en plus des deux levées annuelles lors de la saison régulière en Top 14, deux finales de championnat, mémorables chacune à leur manière mais remportées par les Rouge et Noir, et une demi-finale de Champions Cup, dominée elle par l’UBB en mai dernier.
« On est moins surpris peut-être quand on joue Bordeaux que quand on joue Bristol, une équipe qu’on ne connaissait pas », souligne Antoine Dupont, absent lors des deux chocs de phase finale en 2025. Une connaissance de l’adversaire qui vient de la répétition des affiches, mais aussi de la proximité entre deux groupes se mélangeant largement lors des rassemblements sous le maillot bleu.
Le rendez-vous fixé dimanche survient ainsi moins d’un mois après la victoire contre l’Angleterre (48-46) dans le dernier Tournoi des Six Nations, au Stade de France, au terme d’un match haletant. Au coup d’envoi, 12 des 15 titulaires évoluaient à Bordeaux-Bègles et Toulouse.
Chaque staff analyse les moindres faits et gestes
« On se connaît par coeur, il y a aussi quelques affinités entre certains mecs, il faudra laisser ça de côté pendant 80 minutes », note le troisième ligne bordelo-béglais Bastien Vergnes-Taillefer. De quoi supprimer tout effet de surprise quand ces partenaires de sélection se retrouvent opposés avec leurs clubs ?
« Chaque staff, j’imagine, analyse les moindres faits et gestes des défenses ou des attaques adverses, donc on essaie toujours de trouver des petits ajustements pour pouvoir, sur un lancement ou sur une stratégie, surprendre l’adversaire », a expliqué l’arrière toulousain Thomas Ramos dans un sourire.
Avant de nuancer : « Mais c’est sûr que les joueurs restent les mêmes, les collectifs restent les mêmes et on connaît les points forts et les points faibles de chacun. »
Pas facile de trouver les failles
« Je ne suis pas inquiet, je pense qu’ils nous auront bien préparé une ou deux surprises qu’on n’attendra pas », a également ironisé Antoine Dupont, dans un jeu classique où chacun tente de faire retomber la pression sur son adversaire. Jeu auquel s’est également livré le Bordelo-Béglais Arthur Retière, passé par Toulouse entre 2022 et 2024.
« Même si on essaye de leur trouver des failles, c’est toujours compliqué, c’est un très grand club et n’importe qui peut sortir quelque chose de nulle part pour marquer un essai », dit-il.
L’UBB avait réussi à prendre les Toulousains à leur propre jeu dans les rucks au stade Atlantique l’année dernière (35-18) en Champions Cup. Une belle réponse à la claque (59-3) moins d’un an plus tôt, en juin 2024, lorsque les Rouge et Noir avaient pris les Girondins à la gorge pour les laminer en finale du championnat.
Semaine studieuse de préparation
« Chaque année, les équipes évoluent, les défenses essaient de s’adapter, les attaques aussi. (…) Mais bien sûr qu’à 80 ou 90%, on les connaît, et inversement, ils nous connaissent par coeur », a déclaré Dupont.
La semaine de préparation a donc été studieuse de part et d’autre, avec pour objectif d’appuyer là où le rival s’y attend le moins. « Aujourd’hui, à l’image de mon staff, des joueurs, quand je vois l’oeil pétillant, je me dis quand même qu’on fait tout ça pour ça », s’est réjoui Ugo Mola.
« Ces rivalités, elles amènent évidemment des performances, mais aussi des dépassements sur des choses qu’on pourrait croire établies, donc oui, on va se surprendre d’une manière ou d’une autre. J’espère, nous, un peu plus qu’eux », a-t-il lancé.