« Ça détruirait la Premiership » : pourquoi des clubs anglais refusent toujours la sélection des expatriés
Alex Sanderson s’oppose à la sélection des internationaux anglais évoluant à l’étranger. Le directeur du rugby de Sale estime qu’un assouplissement de cette règle fragiliserait les clubs de Premiership, incapables de rivaliser financièrement avec les grosses écuries du Top 14.
Le débat a été relancé par Jack Willis, de nouveau désigné meilleur joueur du Top 14 lors de la Nuit du rugby le 30 septembre dernier. Avec humour, le troisième ligne de Toulouse, âgé de 29 ans, a demandé aux journalistes de lui trouver un moyen de retrouver le rugby international. Son avenir en sélection reste toujours un sujet de discussion en Angleterre.
Willis n’a plus porté le maillot anglais depuis la Coupe du Monde de Rugby 2023 en France. Après la disparition des Wasps, il avait bénéficié d’une dérogation lui permettant de jouer pour son pays malgré son départ en France. Sous contrat avec Toulouse jusqu’en 2029, il reste également ouvert à la possibilité de représenter l’Irlande d’Andy Farrell, à condition de trouver un accord pour un prêt d’un an dans l’une des quatre provinces irlandaises.
Sanderson défend les clubs anglais
Pour le dirigeant de Sale, autoriser les expatriés à jouer avec l’Angleterre retirerait aux clubs anglais un argument essentiel pour conserver leurs meilleurs joueurs.
« Je pense franchement que ça dévaluerait notre championnat. La PREM est un très bon produit, avec des équipes vraiment compétitives, mais ce serait trop si les joueurs pouvaient accepter un gros salaire et partir en France.
« Et ensuite, il leur suffirait de prendre l’Eurostar pour venir s’entraîner un peu avec la sélection. Je pense que ça détruirait la Premiership parce qu’à ce moment-là, les joueurs pourraient littéralement avoir le beurre et l’argent du beurre, non ?
« Ils pourraient toucher leur salaire sans que cela n’entraîne aucune conséquence pour avoir joué à l’étranger. Je comprends le point de vue de ceux qui pensent autrement, et nous en avons dans nos rangs. Courtney Lawes en a déjà parlé.
« Je ne vois pas pourquoi nous devrions changer cette règle. J’aborde la question sous un autre angle. Nous ne pourrions pas rivaliser ni conserver ces joueurs dans nos effectifs si nous devions nous mesurer à certains poids lourds du Top 14 », a déclaré Sanderson à RugbyPass.
Baxter partage cette position
Rob Baxter, le directeur du rugby d’Exeter, défend lui aussi le maintien de la règle. Il rappelle que d’autres nations imposent la même restriction sans remettre en cause son principe.
« On ne va pas améliorer la situation financière de la PREM en permettant aux joueurs de représenter l’Angleterre tout en évoluant à l’étranger. On risque de vouloir tout avoir.
« Comment améliorer la PREM ? Eh bien, il faut que vos meilleurs joueurs y évoluent. Donc, pour moi, je pense que c’est exactement ce qu’il faut faire. Je sais que certains évoquent d’autres modèles, mais cette règle ne pose aucun problème.
« L’Irlande n’y voit aucun problème. La Nouvelle-Zélande n’y voit aucun problème. On ne devrait pas non plus avoir de problème avec ça », a déclaré Baxter.