Face aux Black Ferns, les Bleues doivent colmater les brèches
Une semaine après la défaite à Hamilton (81-12), les Bleues retrouvent la Nouvelle-Zélande à Whangarei samedi 24 octobre avec une réaction attendue. Ce revers, le plus lourd depuis le 109-0 encaissé lors du premier affrontement entre les deux sélections en septembre 1996, a révélé des difficultés qu’elles devront corriger pour espérer rivaliser.
Les Black Ferns restent sur quatre victoires consécutives face aux Françaises et mènent désormais dix succès à cinq dans leurs confrontations. Cette domination récente contraste avec la période précédente, durant laquelle les Bleues avaient remporté cinq de leurs six duels, ne cédant qu’en demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby, disputée en novembre 2022 à Eden Park.
Défense des Bleues : des chiffres à corriger
La priorité française sera de mieux défendre, après seulement 71 % de plaquages réussis à Hamilton. Leur taux de réussite n’a jamais dépassé 82 % depuis le début des WXV Global Series, au cours desquelles elles ont encaissé 22 essais pour 12 inscrits. La conquête reste également fragile, avec 16 ballons perdus sur 58 lancers en touche, soit 72,4 % de réussite. À ces difficultés s’ajoute une discipline coûteuse, marquée par les exclusions d’Ambre Mwayembe et de Cloé Correa, deux grosses porteuses de balle de retour à temps pour ce deuxième test, ainsi que trois cartons jaunes.
« S’il y a une chose qu’on n’a pas réussi à faire le week-end dernier, c’est avancer », rappelle le sélectionneur François Ratier. « Et ces joueuses-là, effectivement, nous apportent cette dimension physique. C’est ce qu’on leur demande. Sur ce WXV, on a rarement eu de porteuses dans nos matchs, parce que les joueuses qui nous ont fait avancer pendant le Tournoi, elles ne font pas partie de cette compétition. Et là, on a vraiment besoin de ces joueuses pour nous faire avancer. De toute façon, le premier principe en attaque, c’est avancer. Là, on a un cruel besoin d’avancer. »
À Hamilton, les Françaises n’avaient pas inscrit le moindre point avant la pause. Cela ne leur était plus arrivé depuis leur quart de finale de la Coupe du Monde de Rugby 2025 contre l’Irlande, lorsqu’elles avaient finalement renversé la rencontre pour s’imposer 18-13 après avoir été menées 13-0.
Des Black Ferns rodées, une réponse attendue
La frustration et la colère d’Hamilton évacuées, les Bleues ont passé la semaine à réviser leurs leçons pour tenter d’exister face à leur bête noire. Si elles ont encore les moyens de surprendre leurs adversaires — après tout, elles n’ont rien pu montrer la semaine précédente —, ce n’est pas aux Néo-Zélandaises de s’adapter, à en croire Ratier.
« Écoute, elles vont pas changer grand-chose », analyse-t-il. « Leurs circuits offensifs, on les a laissées les mettre en place. Je ne dis pas qu’on les aurait tous stoppés, attention, mais on les a vraiment laissées jouer. Donc en plus, quand tu laisses jouer une équipe qui arrive maintenant à son huitième match d’affilée…
« Donc tu comprends, elles ont pas besoin d’aller puiser dans d’autres systèmes offensifs ou défensifs. Elles sont rodées, elles sont à bloc, elles sont au top de leur forme et de leur rythme. Elles vont rien nous faire de différent. Mais ce qu’elles font, elles le font très bien, très vite, très fort. Donc là, nous, c’est la réponse, c’est la capacité à répondre à ça qui va être le facteur de performance. Elles ont rien changé et elles changeront rien. »
La rencontre sera dirigée pour la première fois par Amber McLachlan, dont ce sera le cinquième test de l’année depuis son retour sur la scène internationale après la naissance de son fils Lincoln. L’Australienne avait déjà arbitré les Bleues dans ce même stade de Whang?rei, lors de leur victoire contre les Fidji (44-0) à la Coupe du Monde de Rugby disputée en 2022. Les Black Ferns ont, elles aussi, remporté leurs trois précédents tests sous sa direction.
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