Faut-il déjà s'inquiéter pour le Racing 92 ?
De réaction d’orgueil il n’y a pas eu du côté du Racing 92. Une semaine après avoir bu la tasse à Bordeaux (64-5), les Ciel et Blanc avaient l’occasion de se reprendre à Créteil pour la 2e journée de Top 14 contre Lyon mais ils ont connu au contraire une nouvelle déconvenue, concédant même le bonus offensif à leur adversaire (31-48). Avec douze points égarés au but par les Lyonnais, le tableau d’affichage aurait même dû faire un peu plus encore mal aux têtes franciliennes.
Comme les chiffres sont parfois plus parlant que les mots, il suffit de sortir la calculatrice pour vite comprendre l’inquiétude qui entoure le Racing en ce mois de septembre. Depuis la reprise de la saison, c’est 18 essais et 112 points encaissés. Et si on pousse jusqu’au dernier match de sa saison dernière, à savoir la demi-finale à Marseille où il s’est fait étriller par Toulouse (71-17), on est sur 28 essais et 183 points encaissés sur les trois derniers matchs. Soit une moyenne digne du Montauban de la saison passée de 9,33 essais et 61 points.
« On n’a pas bien appréhendé cette rencontre »
C’est pourtant à peu de chose près la même équipe qui avait cravaché dur pour entrer dans les six en deuxième partie de saison dernière, au prix d’un sprint final à fond les ballons, et qui avait été la première (et la seule) à faire chuter Pau au Hameau lors du barrage (31-33). Si l’extrême fatigue pouvait être invoqué lors de la demie face à un Stade toulousain en gestion d’effectif depuis plusieurs semaines, l’argument ne tient évidemment plus. Sauf à dire que les Racingmen n’ont pas digéré la préparation physique estivale.
Pour le manager Patrice Collazo, cette première défaite de la saison à la maison n’est pas tout à fait la même que celle du week-end précédent dans le contenu. « On est présent dans l’engagement mais on n’est pas bon dans l’utilisation du ballon, et on joue à la baballe. Leurs trois premiers essais, ce sont des ballons de turn over. Et nos coups de pied n’ont pas été du tout adaptés à ce profil d’équipe. On n’a pas bien appréhendé cette rencontre. » Un point stratégique peut-être à lier à l’absence du métronome Leo Carbonneau, tellement important dans le jeu francilien.
Premier match pour Jiuta Wainiqolo cette saison et l’ailier fait déjà des ravages @LeLOURugby 🪄#TOP14 pic.twitter.com/6OXmYwHZL1
— TOP 14 Rugby (@top14rugby) September 12, 2026
« On n’est pas à notre vrai niveau »
Le Racing est aussi tombé sur un homme en feu, Jiuta Wainiqolo, auteur de deux essais et une passe décisive. Les statistiques quantifiables d’une prestation XXL, l’adversaire francilien lui permettant aussi de briller sur ses points forts d’accélération et de vitesse. Sa réussite personne a aussi surligné en gras les failles altoséquanaises du moment, que Patrice Collazo n’a pas pu éluder en conférence de presse.
« Ce qui est certain, c’est qu’on n’est pas à notre vrai niveau, du moins celui où nous étions la saison dernière. Individuellement, certains joueurs ne le sont pas non plus. Mais peut-être que nous, staff, on ne s’est pas encore mis au niveau non plus. »
L’esquisse d’une remise en question générale profonde avant la troisième journée de Top 14 où le Racing devra se déplacer à La Rochelle, au contraire gonflée de confiance après sa victoire à Toulon (20-21).
« On est déjà un peu au pied du mur, sinon des écarts vont se creuser. Mais ça nous ressemble tellement. Ça va demander une mobilisation énorme en semaine, énorme le week-end. » Un travail obligatoire pour éviter une nouvelle fessée à Deflandre qui serait du plus mauvais effet pour un club qualifié dans le dernier carré la saison passée.
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