Les Bleues en Nouvelle-Zélande pour confirmer leurs progrès
Ce n’était qu’une victoire parmi d’autres, mais celle-ci revêtait une importance particulière. En battant le Canada 21-5 à La Rochelle en septembre, les Bleues ont retrouvé de la confiance avant le volet néo-zélandais de leurs WXV Global Series.
Face aux finalistes de la dernière Coupe du Monde de Rugby, la France a signé son premier succès contre une nation du top 3 depuis octobre 2023 et sa victoire 18-17 sur la Nouvelle-Zélande. Avec en plus en tête leur spectaculaire remontée contre l’Australie en Provence une semaine auparavant, les Françaises abordent cette tournée dans l’hémisphère Sud avec deux victoires en trois rencontres.
« Nous espérons que c’est le début d’une belle histoire »
La réaction des joueuses, lorsque Alexandra Chambon a envoyé le ballon en touche pour mettre fin au match, disait assez ce que représentait ce succès. « Nous espérons que c’est le début d’une belle histoire », confiait Pauline Bourdon-Sansus aux journalistes après le coup de sifflet final au stade Marcel-Deflandre. « Ça faisait longtemps que nous n’avions pas battu une nation du top 3. Nous ne pouvons qu’être fières d’avoir battu les vice-championnes du monde. »
La demi de mêlée ne voulait pourtant pas laisser l’enthousiasme masquer le travail encore nécessaire. « Comme je l’ai dit aux filles dans le cercle, c’était une belle prestation, mais nous devons toujours rester à notre meilleur niveau.
« Nous manquons souvent de régularité. Après une bonne prestation, nous connaissons un passage à vide. J’espère que ce résultat est de bon augure, mais nous n’avons aucune raison de nous reposer sur nos lauriers, car nous voulons toutes gagner des titres et travailler davantage pour rattraper les nations qui nous devancent. »
Construire sans se satisfaire d’un résultat
Alors que les célébrations se poursuivaient dans le vestiaire, Bourdon-Sansus se projetait déjà vers la suite car l’ambition française ne se limite pas à mettre fin à une série de défaites.
« Nous avons la tournée en Nouvelle-Zélande, puis nous retournerons dans nos clubs pour travailler encore davantage », indiquait-elle. « Nous devons encore progresser dans beaucoup de domaines, notamment dans le travail au sol. Nous sommes encore loin des nations qui nous devancent, alors c’est à nous de combler cet écart.
« Depuis le Tournoi des Six Nations, nous cherchons moins à réaliser des prestations spectaculaires, nous construisons quelque chose. Nous sommes sur la bonne voie. Nous travaillons dur, nous travaillons bien et je pense que nous progressons à chaque match, donc c’est encourageant. »
Une étape sur le chemin de la Coupe du Monde de Rugby 2029
François Ratier rappelait lui aussi que ces WXV Global Series 2026 ne constituent qu’une première étape dans la préparation de la Coupe du Monde de Rugby 2029, en Australie. « Les matchs à domicile contre le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont des étapes importantes. Nous constatons aussi des progrès sur trois ou quatre semaines », estimait-il.
« Le projet de jeu prend forme et les filles commencent à se l’approprier. Nous évoluons ensemble, nous grandissons ensemble et nous commençons maintenant à en voir les résultats.
« Nous allons en Nouvelle-Zélande avec l’ambition d’être performantes et de gagner des matchs. L’équipe sera un peu remaniée et rajeunie, mais l’objectif reste de continuer à progresser et à obtenir des résultats. »
Un groupe remanié pour la tournée
Pauline Bourdon-Sansus n’a pas accompagné les Bleues pour leurs trois rencontres en Nouvelle-Zélande. Restée en France pour des raisons familiales, elle demeure toutefois disponible en cas de blessure dans le groupe.
Les absences sont nombreuses. Madoussou Fall-Raclot est enceinte, tandis que la capitaine habituelle, Manae Feleu, prépare ses examens de médecine. Siobhan Soqeta, Yllana Brosseau et Charlotte Escudero ont rejoint la liste des blessées lors des rencontres disputées à Lyon, Aix-en-Provence et La Rochelle. Pauline Barrat et Joanna Grisez sont également absentes pour un bout de temps.
Cloé Correa et Ambre Mwayembe ne figurent pas dans le groupe initial. Leurs suspensions, consécutives à la victoire contre l’Australie, les privent du premier test.
Une profondeur importante
Les dernières rencontres ont néanmoins montré que la profondeur dans l’effectif était plus important qu’on pouvait le penser. Pour son retour en sélection, Émilie Boulard a inscrit trois essais en deux matchs. Face au Canada, l’arrière a pesé aussi bien en attaque qu’en défense.
Repositionnée au centre, son poste de prédilection, Teani Feleu s’est également affirmée, au point que Ratier estime qu’elle pourrait « jouer dans n’importe quelle équipe du top 3 ».
« Quand on veut être champion du monde, on regarde quelles joueuses de son équipe seraient titulaires ailleurs. Elle le serait. Elle doit encore travailler dur… mais elle tient le milieu du terrain, en attaque comme en défense », relève-t-il.
Alexandra Chambon, demie de mêlée de Romagnat et doublure habituelle de Bourdon-Sansus en sélection, sera capitaine en Nouvelle-Zélande. À La Rochelle, son essai en fin de rencontre avait écarté toute possibilité de retour canadien.
« Ces rencontres s’inscrivent pleinement dans notre projet », expliquait Ratier lors de l’annonce du groupe. « Elles nous permettront de poursuivre le travail déjà engagé avec le groupe, tout en offrant aux jeunes joueuses l’occasion de se mesurer aux meilleures au niveau international.
« C’est une étape importante pour continuer à construire et à élargir notre groupe. »
La victoire contre le Canada ne règle pas tout. Elle donne cependant aux Bleues un résultat sur lequel s’appuyer, avec la volonté de progresser sans considérer le chemin accompli comme suffisant.
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