Depoortere : « Si on gagne à Gloucester, on rentre dans l’histoire de la Coupe d’Europe »
Deux titres européens consécutifs et seize victoires de rang. Bordeaux-Bègles entame vendredi 16 octobre à Gloucester une nouvelle campagne de Champions Cup avec un trophée à défendre et un record à portée de main. Seize victoires : aucun club français n’a réussi à faire mieux.
Jusqu’à aujourd’hui, le record de victoires consécutives en Champions Cup est partagé avec le Stade rochelais, avec 16 succès d’affilée entre les saisons 2021-2022 et 2022-2023, selon les statistiques officielles de l’EPCR. En comparaison, la meilleure série du Stade toulousain en Coupe d’Europe (club le plus titré de l’histoire de la Champions Cup avec 6 titres remportés en 1996, 2003, 2005, 2010, 2021 et 2024) est de 10 victoires consécutives, atteinte en 2010, sous Guy Novès. À l’époque, Toulouse était en mesure de dépasser les records de Leicester (11 victoires) et du Munster (13), mais sa série s’est arrêtée avant d’atteindre ces marques.
Des changements à prendre en compte
Cette série exceptionnelle, Nicolas Depoortere ne le cache pas, il souhaite que ça continue et que le record soit battu, tout en rappelant que les succès des deux dernières saisons ne garantissent rien pour la suivante. Sacrée contre Northampton en 2025, puis face au Leinster en 2026, elle est devenue la sixième équipe à conserver sa couronne européenne. Un troisième titre consécutif lui permettrait de rejoindre Toulon, seul club à avoir réussi cette performance.
« On l’espère et on va se donner les moyens de conserver le trophée. Cette compétition est compliquée, il y a quelques petits changements de règles à prendre en compte, comme pour le point de bonus offensif. Et encore une fois, on commence à l’extérieur. On sait qu’il faut essayer de gagner tous les matches pour pouvoir, derrière, jouer les phases finales à domicile ».
Le bonus offensif dépend désormais de l’écart entre les deux équipes. Il faut inscrire au moins trois essais de plus que son adversaire, et non simplement en marquer quatre. Un changement qui peut peser sur le classement, donc sur l’avantage du terrain lors des rencontres à élimination directe.
À Gloucester, une dix-septième victoire en vue
Avant de penser au triplé, Bordeaux-Bègles peut prolonger sa série dès vendredi et battre le record du Stade Rochelais. Le sujet a été abordé cette semaine au sein du groupe. « Bien sûr, on en a parlé durant la semaine », admet Depoortere. « On en est à 16 matchs gagnés, comme La Rochelle. On sait que si on gagne à Gloucester, on va rentrer dans l’histoire de la Coupe d’Europe parce que ça n’a jamais été fait et on ne sait pas qui pourra rééditer ça à l’avenir quand on voit le niveau, tellement dur. J’espère participer à ça, contribuer à inscrire le club dans les petits noms de la Coupe d’Europe. »
Le déplacement ne sera pas anodin. L’UBB connaît les difficultés que peut lui poser Gloucester, qui l’avait battue deux fois lors de la campagne 2022-2023, en Angleterre puis à Bordeaux. Depoortere insiste surtout sur les évolutions de son prochain adversaire, plutôt que sur les résultats passés.
« De tête, La Rochelle, Toulon… Je ne les ai pas toutes. Chaque année, les cartes sont redistribuées, il y a des changements dans les staffs, dans les joueurs. Nous, on trouve de la stabilité au sein du groupe. Gloucester, pour le coup, a fait pas mal de recrues avec des internationaux, gallois, écossais, anglais, avec un nouveau staff aussi, donc ça va être nouveau. Ils sont premiers de leur championnat, je pense que ça va être un bon match ».
Un statut à défendre, sans changer d’approche
Leicester (2001 et 2002), le Leinster (2011 et 2012), Toulon (2013, 2014 et 2015), les Saracens (2016 et 2017) et La Rochelle (2022 et 2023) avaient réussi à conserver leur titre avant Bordeaux-Bègles. Cette continuité place désormais les Bordelais parmi les références européennes.
Depoortere préfère toutefois parler de préparation et de plaisir de jouer plutôt que d’une relation particulière avec la Champions Cup. « Oui et non. Le rugby c’est notre métier, notre sport, notre loisir, donc que ce soit en Top 14 ou en coupe d’Europe, on prend du plaisir tous les week-ends. On aborde cette compétition avec deux trophées, on va donc être attendus. Ça va être encore une belle compétition, toutes les équipes auront à cœur de l’emporter. Nous aussi, on se prépare bien, donc maintenant, bonne chance aux meilleurs ».
Clermont a donné un premier élan
L’UBB arrive à Gloucester après sa première victoire à l’extérieur de la saison, obtenue à Clermont le week-end dernier, 23-22. Au repos pour cette rencontre, Depoortere y voit un résultat important avant deux déplacements successifs, en Angleterre puis à La Rochelle en Top 14.
« Je n’y étais pas, j’étais au repos mais je l’ai vécue quand même à distance, je suis toujours derrière eux. C’est quelque chose d’extrêmement positif qui permet de bien nous lancer dans la saison et d’entamer la Coupe d’Europe la tête plus légère. En plus, on enchaînera avec un autre match à l’extérieur en Top 14, à La Rochelle, et on sait à quel point c’est dur de récupérer des points pour s’installer dans le top 6, voire peut-être plus haut, dans le top 2. La victoire à Clermont, c’est donc une bonne chose de faite mais il ne faut pas se relâcher. Il faut confirmer week-end après week-end ».
Pour Bordeaux-Bègles, la première étape sera donc de confirmer loin de ses bases. Avec, cette fois, la possibilité d’ajouter un record à ses deux titres européens.
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