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Courtney Lawes : la Pro D2 m'a rendu meilleur que jamais


Cette photo prise le 28 novembre 2024 montre Courtney Lawes, le troisième ligne anglais de Brive, en pleine action lors du match de rugby à XV de Pro D2 opposant le Club Athlétique Brive Corrèze Limousin à l'Union Sportive Montalbanaise Rugby au stade Amédée-Domenech, à Brive-la-Gaillarde, dans le centre de la France.(Photo de DIARMID COURREGES / AFP)
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Deux saisons en ProD2 suffisent parfois à bousculer des habitudes adoptées en vingt ans de haut niveau. Le deuxième ou troisième ligne anglais Courtney Lawes, 21 fois titulaire en 21 matchs cette saison avec le CA Brive, en est la démonstration vivante. Assis à la table de sa cuisine, dans sa maison mise en vente aux abords de la capitale de la Corrèze, l’ancien capitaine de l’Angleterre aux 105 sélections l’affirme dans une longue interview au Telegraph : « Je suis un meilleur joueur aujourd’hui qu’au moment où j’ai quitté l’Angleterre. »

Et bizarrement, alors qu’il comptait mettre fin à sa carrière en France après avoir pris sa retraite internationale au lendemain de la Coupe du Monde de Rugby 2023, cette expérience lui a finalement donné l’envie de continuer, au moins encore un peu. Même à 37 ans.

La Pro D2 : un tournoi autrement plus relevé que la Premiership

« Je ne pense pas que les gens réalisent à quel point c’est difficile de jouer dans un endroit comme celui-ci, dans un championnat comme celui-là », confie-t-il. « C’est un rugby très différent. Les joueurs sont entraînés et formés d’une manière très différente de celle dont vous avez été entraînés et formés, et la structure est beaucoup plus souple. »

Son coéquipier Jamie Shillcock, lui aussi passé par la Premiership, lui a confirmé la chose sans hésiter. « Je lui ai demandé si c’était plus difficile de jouer ici. Il m’a répondu : “à cent pour cent.” », raconte celui qui a été l’un des plus gros porteurs de balle de Brive.

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Là où il a progressé

« Tout est tellement non structuré. Les joueurs sont formés à être individuellement bons plutôt que collectivement bons, et c’est assez difficile à gérer. Mais ça m’a en fait aidé à développer mon intelligence du jeu sur le terrain, à communiquer, à essayer d’aider mes coéquipiers à se placer au bon endroit pour que je puisse les utiliser, ou qu’ils puissent m’aider.

« J’ai pu travailler énormément cette année sur la défense, les touches et les rucks. J’ai gratté le plus de ballons de toute la compétition lors des deux saisons, ce qui est plutôt cool pour un grand gaillard comme moi. »

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Il raconte que même ses trois garçons se sont mis eux aussi au rugby à Brive et salue la qualité des écoles de rugby en France. « Ils jouent cinq ou six heures de rugby par semaine : une heure et demie deux jours par semaine, puis un tournoi qui dure toute la journée le week-end. Alors qu’en Angleterre, ils ne joueraient ou ne s’entraîneraient qu’une fois par semaine », oppose-t-il.

Il relance le débat sur l’éligibilité des joueurs anglais

Cette expérience nourrit désormais sa réflexion sur la règle interdisant au sélectionneur Steve Borthwick de faire appel à des joueurs évoluant à l’étranger. Pour Lawes, la logique échappe à toute justification sérieuse. « Je ne vois pas vraiment quel avantage nous tirons d’empêcher des joueurs d’aller à l’étranger tout en jouant pour l’Angleterre », tranche-t-il.

« Car ils partiront de toute façon à l’étranger, vu les salaires qu’on peut y gagner par rapport à ici, et non seulement on les oblige à renoncer à leur carrière en équipe d’Angleterre, mais en plus on se tire une balle dans le pied en termes de qualité de l’équipe qu’on pourrait avoir. De nombreux joueurs anglais sont venus ici, ont très bien réussi et ont amélioré leur jeu. Prenez Willis et Ribbans.

« Si tous les joueurs anglais sont éligibles pour jouer pour l’Angleterre, il y a plus de concurrence… On a de meilleurs joueurs, et on obtient un meilleur produit. Je pense qu’il est grand temps d’y réfléchir. »

Ne pas s’empêcher d’aller en Australie en 2027

C’est précisément cette conviction qui l’a ramené, lui, en Angleterre, pour jouer avec Sale. Il se souvient du coup de fil de Dorian West, son ancien entraîneur des avants à Northampton qui fait désormais la même chose avec les Sharks. « Westy m’a téléphoné et m’a dit : “J’ai entendu que tu étais sur le marché, chef”, puis il m’a demandé si je voulais venir. Je lui ai répondu : “Ouais, mec, allons-y.” » En vingt-quatre heures, tout était réglé. Leicester et le Stade Français avaient tenté leur chance ; il avait poliment décliné.

Un dernier rendez-vous avec l’équipe d’Angleterre, peut-être une Coupe du Monde de Rugby en ligne de mire, Courtney Lawes ne s’interdit rien mais se veut lucide. « Quand le contrat a été signé, je me suis dit : “je retourne en Premiership pour jouer à un haut niveau, alors pourquoi m’exclure d’une Coupe du monde ?” Ça ne veut pas dire que j’ai encore la capacité de jouer à ce niveau, on sait pas encore, mais je ne vais pas m’empêcher si c’est le cas. »

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