Coupe du Monde de Rugby 2027 : comment le Top 14 compte s'adapter
Le prochain calendrier du Top 14 – pour la saison 2027-2028 – sera sans aucun doute influencée par la Coupe du Monde de Rugby 2027. Douze journées de championnat seront perturbées par les rendez-vous internationaux, d’après le document que la Ligue nationale de rugby a dévoilé mercredi 23 septembre.
La date de reprise, elle, reste inchangée. Le championnat démarrera comme les saisons précédentes, dès le premier week-end de septembre. Mais très vite, les internationaux – aussi bien français qu’étrangers – disparaîtront des feuilles de match. Les neuf premières journées se joueront sans eux, retenus par leur sélection pour préparer, puis disputer, la Coupe du Monde de Rugby du 1er octobre au 13 novembre 2027 en Australie. Certains pourraient toutefois revenir plus tôt, selon le parcours de leur équipe dans la compétition.
Trois journées concernées par le Six Nations
Trois autres journées seront touchées, cette fois par le Tournoi des Six Nations 2028. Deux d’entre elles relèvent de « faux doublons », des semaines où l’équipe de France ne joue pas, mais où certains joueurs restent malgré tout ménagés par le sélectionneur. La troisième correspond à un doublon véritable, lors de la 4e journée du Tournoi.
Résultat, presque la moitié de la saison régulière se jouera sans les internationaux français, sans même compter la période de repos qui suit leur compétition.
Un vivier de joueurs concernés en forte hausse
Pour situer l’ampleur du phénomène, la Ligue rappelle un précédent chiffré. « En 2023, 144 joueurs de Top 14 et Pro D2 ont participé à la Coupe du Monde de Rugby et ce nombre devrait encore augmenter en 2027 avec le passage de la compétition de 20 à 24 équipes », prévient l’instance.
Face à cette absence prolongée, la LNR détaille son dispositif de compensation. Les clubs pourront ainsi recruter un joker pour chaque joueur de première ligne appelé en sélection, et un joker pour deux joueurs sélectionnés aux autres postes. Des jokers supplémentaires seront accordés si un joueur du club rejoint les Bleus en cours de compétition. La Ligue précise par ailleurs qu’« un joueur prêté pourra également réintégrer temporairement son club prêteur pendant la compétition ».
Côté finances, chaque club fournissant un international touchera une compensation de 1 900 euros par jour et par joueur. Cette indemnisation courra du 15 août jusqu’au week-end suivant le dernier match des Bleus dans la compétition.
Anticipation contre frustration
Chez les entraîneurs, deux lectures s’opposent. Patrice Collazo a plutôt misé sur la préparation de longue date. Pour le manager du Racing 92, la logique est ancienne et bien connue des clubs. « On n’attend pas une Coupe du monde pour avoir un plan de succession quand on est dans un club de Top 14. C’est du travail à un, deux, voire trois ans d’avance, qu’on a déjà plus ou moins anticipé, tous les clubs. Après, ce qu’on ne sait pas, c’est le nombre de joueurs qui vont partir en sélection. […] Mais on s’adaptera », a-t-il estimé.
À l’UBB en revanche, le ton est nettement plus rude. Yannick Bru avait déjà, plus tôt dans la semaine, exprimé son mécontentement face à ce calendrier. « Je reste à ma place d’entraîneur, mais je suis obligé de vous partager ma frustration quand on m’annonce que, pendant la Coupe du monde, il va y avoir neuf doublons pour tous les coachs », avait-il lâché. Son club figure parmi les plus gros pourvoyeurs d’internationaux du championnat. Il sera donc, très probablement, l’un des plus exposés à ce calendrier surchargé.
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