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Vannes : la finale comme aboutissement logique d'une saison de l'impossible


Des supporters du RC Vannes. Photo : @RugbyClubVannes
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Deux cents billets mis en vente un lundi matin, épuisés en treize minutes. Le RC Vannes disputera la finale de Pro D2 le samedi 6 juin face à Provence Rugby. Une ville entière va basculer en mode finale, portée par le 45e match consécutif à guichets fermés à la Rabine. Un engouement qui ne se décrète pas.

Rencontre
Pro D2
Vannes
09:00
6 Juin 26
Provence Rugby
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La saison passée en Top 14 aurait pu briser l’élan. Premier club breton à avoir atteint l’élite en 2024, Vannes était vite redescendu après avoir été lanterne rouge toute la saison. « Ça restait une descente et une dernière place au classement, ça restait quand même un échec sportif », a reconnu le directeur général Martin Michel. Mais la ferveur, elle, n’a pas vacillé.

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Un stade trop petit pour un club trop grand

« L’amour pour le RC Vannes, qui d’ailleurs a été nourri par son passage remarqué en Top 14, ne s’est pas démenti du tout cette année », s’est-il réjoui auprès de l’AFP. Dès l’avant-saison, le signe était là : 17 000 spectateurs au Roudourou de Guingamp pour un amical contre Toulouse, 30 000 à Roazhon Park en novembre pour une victoire en championnat contre Grenoble.

Des rencontres qui ont « conforté l’ancrage et l’attachement de la Bretagne au projet », a estimé le directeur général, mais aussi confirmé que le potentiel de public dépassait largement les 12 500 places actuelles de la Rabine. Véritable « poumon économique » du projet, le stade devrait passer à 15 000 places « à court ou moyen terme », avec 3 000 loges en supplément. « On verra pour la suite », a glissé le dirigeant, sans s’avancer davantage.

Un budget mieux anticipé

Le club a mis ce temps à profit pour se structurer. On a « profité de cette saison pour grandir », résume Michel, pointant des « avancées sur la capacité à organiser la gouvernance du club et à organiser une économie autour du club ». Résultat : 650 entreprises partenaires, dont quinze « premium » et cinq entrées au capital la saison dernière, un budget d’environ 20 millions d’euros, proche des 23 millions engagés en Top 14.

Si montée il y a, le club espère se rapprocher du peloton de l’élite qui tourne autour de 30 millions d’euros, mais sans prise de risques excessive. « On fera grandir naturellement le projet du club (…) mais dans ce Top 14 on sera avant tout positionné comme un simple candidat au maintien », a concédé Martin Michel. « L’idée est de créer de manière vertueuse une économie qui serve au sportif pour progresser, pas de faire tapis à chaque fois et lancer tous nos atouts sur la table », a tranché le DG.

Des records qui tombent

Sur le terrain, la saison a été sans équivalent. Premiers avec 21 points d’avance sur Colomiers, assurés du titre dès la 26e journée après un 71-0 infligé à Béziers, les Morbihannais ont battu le record de points marqués en une saison – 1 092, contre 1 076 pour Brive en 2002-2003 – avec une différence étourdissante de +549. Seize victoires à domicile, dont quatorze bonifées, douze succès consécutifs : des statistiques jamais vues en Pro D2. La demi-finale contre Oyonnax n’a fait que prolonger la démonstration. 48-7.

Pourtant, personne au club ne s’est laissé griser. « Rater la remontée immédiate serait une déception, notamment pour le groupe des joueurs qui maîtrise la compétition depuis le début du championnat », a admis Martin Michel. « Après, les règles de la compétition, on les connaissait dès le début. Il y a deux ans, quand on a terminé deuxième (de la phase régulière) et qu’on a été sacré champion à Toulouse, peut-être qu’on était heureux que le premier n’y monte pas directement. »

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« On est plutôt dans l’idée d’avoir tout à gagner »

Le coach Jean-Noël Spitzer, lui, a refusé d’endosser le costume du favori encombrant. « On est plutôt dans l’idée d’avoir tout à gagner. On a exprimé toute la saison notre capacité à être bons. À nous d’être à notre niveau et de montrer notre meilleur visage. C’est notre focus et notre mantra. » Armés de leur expérience des phases finales, les Vannetais éprouvent même « une forme d’impatience décuplée par le fait d’avoir été un petit peu en phase d’attente là sur cette fin de saison », a assuré l’entraîneur.

Revers de la médaille de leur saison exemplaire, ils n’ont plus disputé de match avec un réel enjeu sportif – mise à part la demi-finale – depuis un mois et demi, mais « ce n’est quand même pas une situation inconfortable », a relativisé le technicien. « On a profité aussi de ce confort pour s’accorder du temps de repos, du temps de travail », a-t-il expliqué même si cela a aussi « un inconvénient, c’est que tu sors un petit peu de la compétition, de cette pression ».

L’ouvreur Maxime Lafarge a confirmé cet état d’esprit : « Il y a eu des turnovers, surtout sur des matchs à domicile. Sur des
matchs à l’extérieur, on a envoyé une équipe avec un peu plus d’expérience, on a essayé de se challenger, surtout sur les gros matches à l’extérieur. Il y a toujours eu cette motivation pour performer, pour garder des standards élevés. Je pense que c’est ce qui nous permet de continuer sur un chemin aussi long. »

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