Héros de 2025, le sélectionneur anglais Steve Borthwick sur un fil avant le « Crunch »
Gonflé à bloc après une année 2025 dorée, le sélectionneur anglais Steve Borthwick déchante. Son XV de la Rose s’est présenté aux portes du Tournoi des Six Nations en mode conquérant, porté par l’élan de onze victoires d’affilée, notamment contre des cadors comme la France, l’Argentine, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qu’il n’avait plus battue depuis treize ans à Twickenham.
Borthwick rêvait alors tout haut de soulever le trophée à Saint-Denis : « Nous voulons que les supporters anglais affluent de l’autre côté de la Manche pour voir l’équipe disputer un match décisif lors de la dernière journée. »
Après un succès aisé contre les Gallois (48-7), toutefois, un enchaînement maléfique de défaites en Ecosse (31-20), contre l’Irlande (21-42, pire revers à domicile contre cet adversaire) et en Italie (23-18) – la première de l’histoire – a plongé l’ancien deuxième ligne en plein cauchemar.
Officiellement, et malgré ces résultats « extrêmement décevants », la fédération anglaise et son directeur général Bill Sweeney restent au soutien de l’entraîneur, en poste depuis plus de trois ans, selon un communiqué publié en début de semaine. Jusqu’à quand ? « Si l’Angleterre perd quatre matchs pour la première fois depuis le passage à six nations dans le Tournoi, ce sera très difficile à défendre », a jugé l’ancien capitaine du pays de Galles Sam Warburton dans l’émission Rugby Special de la BBC.
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— England Rugby (@EnglandRugby) March 7, 2026
Un colosse aux pieds d’argile
L’équipe au maillot blanc, deuxième de la précédente édition, a certes été affaiblie par plusieurs blessures, comme celle du troisième ligne Tom Curry durant l’échauffement à Rome le week-end dernier, mais elle a également affiché en grand certains points faibles, surtout en Italie. Parmi eux, un manque de discipline (les cartons jaunes cumulés de Sam Underhill et Maro Itoje) et un manque d’idées criant, particulièrement visible dans le jeu au pied utilisé à outrance.
« Alors que l’Angleterre a connu un déclin spectaculaire au cours des quatre dernières semaines, Borthwick a restreint son plan de jeu », ce qui n’arrangera pas son image auprès des supporters anglais, dont la majorité « voient en lui un entraîneur conservateur de nature, qui impose trop facilement un carcan », a écrit le quotidien britannique The Guardian.
Les joueurs derrière Borthwick
À écouter le capitaine Maro Itoje, ces critiques semblent infondées. « Je ne pense pas que le problème ait été la stratégie, mais plutôt la mise en application. La stratégie et le plan de jeu, c’est une chose, mais ensuite il faut les faire vivre sur le terrain, et c’est là que nous aurions pu être meilleurs », a précisé le deuxième ligne des Saracens.
Il n’est pas le premier joueur à voler au secours du sélectionneur.
« Le bruit qu’il y a autour de tout ça est complètement dingue, s’est ainsi indigné le troisième ligne Ben Earl, quelques jours plus tôt. Il suffit de penser à ce que cette équipe a accompli depuis que Steve a pris les rênes. Nous avons fini troisièmes à la Coupe du monde (en 2023, ndlr). »
Pour Joe El-Abd, entraîneur des avants anglais, Borthwick reste imperturbable: « Il connaît la pression qui existe et je pense qu’il se soucie plus de l’impact sur les joueurs et le staff technique que sur lui-même. » Une pression qui n’en demeure pas moins réelle alors qu’un naufrage au Stade de France terminerait d’enterrer pour de bon tout le positif de 2025 pour le XV de la Rose.
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