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Shape of the Game : les positions de la France face à l'évolution du rugby

Paul Boudehent en lutte dans une touche lors du match de Top 14 entre La Rochelle et Perpignan au stade Marcel-Deflandre, à La Rochelle, le 27 septembre 2025. (Photo : Xavier Léoty / AFP via Getty Images)

Alors que le forum mondial Shape of the Game se tient cette semaine à Londres pour réfléchir à l’avenir du rugby, les représentants français arrivent avec l’ambition de préserver l’essence du rugby à XV. Dans un contexte où de profondes réformes sont à l’étude, la France entend défendre ses convictions, son identité de jeu et un modèle qui, selon elle, fonctionne.

« Des évolutions de règles sont envisagées, qui entraîneraient une standardisation accrue du jeu en rapprochant le rugby à XV de son cousin du XIII, ou qui ne placent pas la sécurité des joueurs comme priorité absolue », a soulevé lundi Florian Grill, président de la Fédération française de rugby (FFR), lors d’une conférence de presse à distance.

Pour lui, le rugby à XV doit rester un sport où tous les profils physiques ont leur place. « Il y a de la place pour tout le monde, notamment dans ces phases de combat que sont la mêlée ou les mauls. C’est un peu l’ADN du XV », insiste-t-il.

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Le modèle français face aux réformes du Sud

Sur ce terrain, la France n’est pas isolée : les autres nations des Six Nations et l’Afrique du Sud partagent cette inquiétude. Ensemble, elles discutent des réformes défendues par les fédérations néo-zélandaise et australienne, que Florian Grill estime d’agir « sous prétexte d’audience ».

« Les Australiens et les Néo-Zélandais essayent d’attaquer toutes les phases un peu chronophages : les mêlées, les mauls, les touches », explique Mathieu Raynal, manager du secteur professionnel des arbitres du Top 14 et de la Pro D2. Selon lui, ces propositions visent à accroître le temps de jeu effectif, quitte à sacrifier des fondements du rugby.

« Ils voudraient par exemple remplacer les mêlées par des bras cassés, et certains réclament l’autorisation d’écrouler les mauls », déplore l’ancien arbitre international.

« Nous ne sommes pas conservateurs. Nous voulons simplement garder ce qui fait l’essence de notre jeu : les valeurs de combat. »

Pour Raynal, ces phases ne sont pas de simples séquences techniques, mais des symboles du rugby. « Ces actions font partie de la charte du rugby, vieille de 200 ans. Ce sont des symboles aussi forts que la tour Eiffel pour Paris. » Elles permettent, ajoute-t-il, « à tout le monde de participer à notre sport – les gros, les grands, les petits, les rapides, les moins rapides ».

Cette diversité fait aussi l’identité du rugby français, que les représentants tricolores entendent mettre en avant à Londres. « Nous ne sommes pas conservateurs », plaide Thomas Castaignède, vice-président de la FFR chargé de l’international et de l’arbitrage. « Nous voulons simplement garder ce qui fait l’essence de notre jeu : les valeurs de combat. »

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Discussions autour du carton rouge

Autre grande bataille française : le maintien du carton rouge définitif. Une proposition circule pour ne le conserver que dans les cas extrêmes (morsures, coups de poing ou coups de pied) et le remplacer, dans les autres situations, par une exclusion temporaire de vingt minutes.

« Résultat, on pourrait se retrouver avec une charge à l’épaule au visage d’un joueur, qui sortirait blessé, pendant que l’équipe fautive reviendrait à 15 joueurs après 20 minutes. Ce n’est pas normal », s’insurge Raynal. Pour lui, il est essentiel que le carton rouge définitif reste un repère clairement identifié et hautement dissuasif : « On va défendre l’idée qu’il est absolument nécessaire dans notre sport. »

Le poids du modèle français

Enfin, les Français veulent convaincre leurs collègues du besoin d’équilibre du jeu, fragilisé par une évolution trop favorable à l’attaque. « La tendance actuelle penche pour donner beaucoup de chances à l’attaque et beaucoup moins à la défense, ce qui est inacceptable. Nous, on souhaite qu’il y ait du contest partout sur le terrain », insiste Raynal.

Les dirigeants tricolores estiment par ailleurs que le rugby français a toute légitimité pour être entendu, fort de son attractivité et de ses audiences. « On se sent légitimes pour parler, proposer et peser dans les réflexions du rugby mondial », affirme Yann Roubert, président de la Ligue nationale de rugby (LNR).

Avec 4,3 millions de spectateurs chaque saison dans les stades de Top 14 et de Pro D2 – contre environ 2 millions pour le Super Rugby -, la France veut porter un modèle qui prouve son efficacité.

« On ira à Londres pour promouvoir un rugby qui fonctionne, sans donner de leçons à personne », promet Roubert.

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