Blessures, adaptation, Maïlys Mailagi : François Ratier explique ses choix avant le dernier test
Battues lors des deux premiers tests en Nouvelle-Zélande face aux Black Ferns, les Françaises devront composer sans les cadres Teani Feleu, Gaëlle Vernier ni Axelle Berthoumieu, toutes blessées, samedi 31 octobre à Christchurch pour le troisième et dernier duel de la tournée.
Le sélectionneur François Ratier a effectué au total huit changements dans son XV de départ, deux semaines après la gifle reçue lors de la première confrontation en Nouvelle-Zélande (81-12) et une semaine après avoir montré un meilleur visage (31-12).
Sorties touchées la semaine dernière, les centres Gabrielle Vernier et Teani Feleu souffrent toutes les deux d’une grosse contusion à l’épaule. Elles sont remplacées par la Toulousaine Élodie Fernandez et par sa partenaire de club Charlie Gauyat, 19 ans, qui connaîtront là leur troisième sélection en bleu, la toute première en tant que titulaires.
Peut-on fair un point infirmerie après les deux premiers tests ?
François Ratier : Bien sûr. Mouna Touré et Marie Ibanez sont sorties pour protocole commotion. Elles savent qu’elles ne pourront pas jouer ce week-end, mais qu’à leur retour, elles seront probablement, de grandes chances, sorties du protocole. Ensuite, on a Axelle Berthoumieu qui a une entorse acromio-claviculaire, qui, elle, est indisponible pour le match. On a Teani Feleu qui a eu un choc au niveau de l’épaule elle aussi, mais c’est plus une contusion, une grosse contusion, ce qui fait qu’elle ne peut pas jouer ce week-end. En tout cas, ça aurait presque pu se faire, mais c’est encore juste. Donc elle aussi, ce n’est pas très grave.
On a Gabrielle Vernier qui a aussi eu une contusion au niveau de l’épaule, qui doit passer des examens complémentaires arrivée en France, donc elle est indisponible aussi. Annaëlle Deshayes, qui avait eu une blessure similaire aussi au niveau de l’épaule, l’acromio, la semaine d’Hamilton, elle, elle est en capacité de faire partie des réservistes. Aubane Rousset avait eu ce type de blessure aussi, mais elle, c’est accidentel. Elle était réceptionnée d’une façon qui lui a occasionné une blessure à l’épaule. Mais pour les trois que j’ai nommées, Teani, Axelle et Gaby, c’est vraiment au combat, samedi dernier. Personne a triché, je vous garantis.
Est-ce que ces blessures ont obligé le staff à s’adapter ?
François Ratier : On a travaillé comme on le souhaite parce que l’avantage d’être trente-deux, c’est quand même que, même quand tu es réduit à vingt-quatre, vingt-cinq, avec des joueuses après huit semaines, tu sais que la dernière semaine, il va y avoir des joueuses qu’il va falloir ménager, en se mettant comme objectif le match en lui-même. On part à rebours en se disant : “Qu’est-ce qu’on va faire pour que cette joueuse, aujourd’hui, puisse faire le match samedi ? Qu’est-ce qu’il faut qu’elle fasse ou qu’elle ne fasse pas ?” Nous aussi, on ajuste nos entraînements. Mais ça n’a pas affecté nos entraînements en opposition, parce qu’on est capables aussi, même si tu as sept joueuses en opposition, de les mettre à des endroits où on veut qu’elles soient. De toute façon, c’était aussi une semaine de décharge avec un niveau de contact très faible, vu les intensités de contact qu’on a en match.
Tout cela prouve également la profondeur du groupe France ?
Oui, en fait, on a la chance de pouvoir les évaluer en plus des matchs. C’est-à-dire qu’on les voit dans un environnement, on les voit à l’entraînement. Ça compte aussi. Évidemment, le match est l’évaluation ultime. Donc moi, j’ai quand même beaucoup plus de billes en cette fin de tournée que j’en avais il y a quatre semaines, individuellement. C’est sûr que collectivement, comme ton équipe bouge souvent, trouver les automatismes nécessaires, parfois… Mais ça, on le savait. Là, il n’y a ni excuse ni surprise.
Ce qu’on ne savait pas, qu’on ne pouvait pas anticiper, c’est qu’on aurait des cadres blessées pendant le tournoi. Disons que les jeunes, on aurait voulu aussi les mettre dans des conditions, on va dire, plus graduelles. Mais aujourd’hui, notre réservoir, c’est celui-là. Tu sais, moi, j’ai revu encore aujourd’hui les matchs d’Élite 1 de ce week-end, du début du championnat. Je sais qu’on a les joueuses les plus disposées à jouer à ce niveau-là chez les jeunes. Les autres sont ou blessées ou indisponibles. Donc ça permet effectivement, pour répondre à ta question initiale, de faire vraiment un état des lieux.
Quand on aura terminé ce week-end, on aura fait onze matchs sur la première année du cycle. Et on aura vu une cinquantaine de joueuses dans des conditions parfois diverses. Des fois, c’est comme ça. C’est pas nous qui avons choisi le calendrier de l’année un de notre mandat. Là, on pourra vraiment évaluer si oui ou non on a progressé et où est-ce qu’on est.
Et puis il y a la présence de la jeune Maïlys Mailagi qui a joué à XIII et qui est au départ plus pilier que talonneuse…
Oui, quand je suis arrivé au Stade bordelais, elle est arrivée aussi. Maïlys, c’est une joueuse de match. Il y a des joueuses comme ça qui sont très bien, qui font leur job, mais en match, tu les vois un peu plus. Et elle, notamment dans ces zones de marque, en plus, elle a la ligne, elle aime la ligne d’essai. On veut l’essayer au talon parce qu’elle a, pour nous, la dimension physique pour devenir une talonneuse internationale. Elle est aussi très adroite avec ses mains. C’est quelqu’un qui peut lancer, qui peut passer, plein de choses. Elle aime le ballon.
Et puis c’est une joueuse qui a déjà gagné trois titres avec Bordeaux, qui est multisport, qui est sympa dans un groupe. Maintenant, il faut qu’elle passe à l’autre dimension. Il ne faut plus qu’elle soit la jeune joueuse que tout le monde aime bien. Il faut qu’elle devienne la joueuse internationale dominante. Contre l’Australie, elle fait une super entrée dans des conditions particulières. Après, elle se pète le pied à ce moment-là. Et là, on a réussi… Moi, je voulais absolument l’emmener en sachant qu’il y avait une possibilité qu’elle puisse jouer. Là, elle va pouvoir jouer à 100%, donc c’est bien.
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