Les trois pistes de France Rugby pour renflouer ses caisses

Par Willy Billiard
Stade de France

Lors de l’assemblée générale financière de la Fédération Française de Rugby (FFR) organisée à Marcoussis samedi 16 décembre, le président Florian Grill a confirmé le montant « abyssal » du déficit de la FFR : 40 millions d’euros sur deux saisons.

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« La situation est difficile, puisqu’on a un cumul de déficits d’exploitation depuis six ans qui continue de se creuser », confirme pour sa part Claude Helias, trésorier général de la FFR, sur le site de France Rugby.

S’il se refuse à dire que la situation est préoccupante, il la prend néanmoins très au sérieux.

« Disons qu’elle pourrait être meilleure. Elle nous laisse un peu de temps, encore deux exercices pour pouvoir redresser la situation et changer la trajectoire. Il faudra au moins ça, selon moi, pour retrouver des exercices bénéficiaires », assure le trésorier.

La répartition des retombées financières

Lors de l’assemblée générale de mi-décembre, Florian Grill avait déjà annoncé réduire la voilure pour toutes les équipes de France – et au-delà – afin de parvenir à une économie de 8 à 10 millions d’euros par an. Sans pour autant mettre tout le monde au régime sec !

Le trésorier général dévoile d’autres pistes à rentabilité plus directe pour venir renflouer les caisses vides de la fédération au plus vite.

« Au niveau du partenariat notamment, mais aussi des revenus de la Société des Six Nations que l’on espère plus importants. C’est en négociation », confirme Claude Hélias sur le site de France Rugby.

« La conséquence de l’entrée de CVC (le fonds d’investissement CVC Capital Partners est devenu acquéreur de 14,3% du Tournoi des Six Nations au printemps 2021 pour plus de 425 millions d’euros, ndlr), c’est qu’on répartit les revenus à sept au lieu de six.

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« Il faut espérer que de nouvelles formes de compétition comme la Nations Cup et le développement des droits TV permettent d’augmenter ces revenus qui proviennent de la Société des Six Nations. »

D’où l’importance du nouveau calendrier mondial harmonisé dévoilé en octobre dernier par World Rugby qui devrait donner naissance à de nouveaux rendez-vous dès 2026, notamment la Nations Cup en juillet et novembre en remplacement des tournées d’été et de novembre.

Deux autres pistes

Autre piste pour se refaire rapidement : le mécénat. « Le mécénat avec la fédération à missions devrait aussi nous permettre de récupérer des produits supplémentaires », affirme le trésorier général.

Enfin, la dernière possibilité est à la fois la plus évidente et celle qui semblait impossible jusqu’à présent : une indemnité pour non-occupation du Stade de France en raison des JO de Paris 2024 puisque le comité olympique en prendra possession du 15 mars au 20 septembre 2024.

Cette année 2024, la France devait en effet accueillir trois matchs du Tournoi des Six Nations. Dans un Stade de France plein comme un œuf, ça aurait permis de rassembler – et de satisfaire – environ 240 000 spectateurs.

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Or, du fait des Jeux olympiques de Paris 2024, l’occupation du Stade n’est plus possible, ce qui a obligé la FFR de se rabattre sur trois autres enceintes de moindre importance à Marseille (contre l’Irlande le 2 février), Lille (contre l’Italie le 25 février) et Lyon (contre l’Angleterre le 16 mars). Mais le manque à gagner est énorme : 2 millions d’euros par match, soit six millions en tout.

En plus, cette situation crée de la frustration auprès des supporters puisque la fédé a reçu plus de 400 000 demandes de billets (dont plus de la moitié pour le Crunch) alors qu’elle n’a pu en fournir que 175 000, selon le Midi Olympique.

Les négociations pour une indemnisation ont commencé

Or, cette indemnisation n’a jamais été à l’ordre du jour, selon les informations de l’Equipe révélées au mois d’avril 2023 qui avait déterré un contrat de mise à disposition du Stade de France signé cinq ans plus tôt entre le président de la fédé de l’époque, Bernard Laporte, et le président du Consortium Stade de France.

Il était alors stipulé que « en raison des Jeux de Paris 2024, il est convenu entre les parties que le Stade de France peut être indisponible sur une période, non définie au jour de la signature de ce contrat, au cours de l’année 2024, ce que la FFR reconnaît et accepte […] Si, malgré les efforts du consortium pour obtenir une dérogation (auprès du comité d’organisation des JO afin que les matches puissent être maintenus au SDF), la FFR n’est pas en mesure d’organiser au Stade de France un ou plusieurs matches identifiés au présent contrat, le consortium ne pourra en être tenu pour responsable. Dans une telle hypothèse, le nombre minimum de 36 matches que la FFR s’engage à organiser au Stade de France entre le 1er juillet 2018 et le 30 juin 2025 serait diminué du nombre de matches n’ayant pu être organisés en raison de l’indisponibilité liée à la tenue des JO, et ce sans indemnités de part et d’autre. »

Pourtant, c’est sur ce levier que la FFR souhaite agir aujourd’hui. « On a fait une demande d’indemnisation auprès du Cojop (Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, ndlr) puisqu’on ne peut pas jouer au Stade de France à cause des travaux. C’est donc auprès d’eux qu’on s’est tournés pour entamer des discussions », a confirmé Claude Helias.

Reste à savoir qui va payer : le consortium, le comité olympique ou l’Etat. Pour sa part, l’Etat aurait déjà procédé à un versement de 1,4 million d’euros au Consortium Stade de France afin de compenser la délocalisation de matchs de l’équipe de France de football, selon Le Monde.

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