Les Reds ont besoin de la méthode mise en place par Vern Cotter à Clermont
C’était l’un des secrets les mieux gardés du monde, du moins une annonce qu’on n’avait pas vu venir. Entraîneur-chef des Blues champions du Super Rugby 2025, l’ancien coach de Clermont et de Montpellier Vern Cotter vient d’être recruté pour être le futur entraîneur des Reds du Queensland pour la saison prochaine.
La recherche a débuté dès le mois d’avril 2025, suite à l’annonce de la succession de Joe Schmidt à la tête des Wallabies par Les Kiss, coach des Reds jusqu’en juillet 2026. Il y a près de trois mois, en novembre, des discussions avancées se sont nouées avec Vern Cotter, l’un des rares entraîneurs à avoir gagné des titres dans l’hémisphère Nord et dans l’hémisphère Sud.
Premiers contacts dans les années 2000 en France
On doit cette initiative, entre autres, à Sam Cordingley, actuel directeur de la haute performance des Reds et ancien demi de mêlée des Wallabies (49 ans, 23 sélections). Cordingley a côtoyé Cotter en France, lorsque le premier jouait à Grenoble, en Pro D2 (2004-2006, puis 2008-2010). À ce moment-là, Vern Cotter faisait revivre l’ASM (2006-2014). Le lien n’a jamais cassé.
Si bien que le Néo-Zélandais d’1,91 m est venu rencontrer les dirigeants de la Queensland Rugby Union à Brisbane en fin d’année dernière pour faire connaissance, visiter les installations et discuter projet. C’est là que tout s’est décanté.
« Notre objectif, c’est de gagner le titre, on ne va pas le cacher, c’est pour ça qu’on vient, avec des gens de qualité, sur la base du bon travail qui a déjà été fait. C’est ça qui est excitant », a confié celui qui est encore entraîneur des Blues, lors d’un entretien vidéo depuis Auckland ce mardi 27 janvier.
« Notre objectif, c’est de gagner le titre, on ne va pas le cacher, c’est pour ça qu’on vient »
« Quand est-ce qu’une équipe australienne a gagné pour la dernière fois le Super Rugby Pacific ? Quand est-ce que les Reds l’ont remporté pour la dernière fois ? Ce sont typiquement le genre de défis qui me parlent. Je l’ai fait en France avec Clermont, je l’ai même fait plusieurs fois, et avec une autre équipe, donc, vraiment, qu’est-ce qu’on cherche ? À progresser, d’abord moi-même, mais aussi les gens avec qui je travaille, à créer du lien, à construire une connexion forte avec les supporters et à gagner pour soulever ce trophée au bout. C’est ça, le plus excitant. On aime ce jeu, donc j’ai hâte de m’y mettre. »
S’appuyer sur ce qui a été fait pour avancer et aller plus loin, c’est la méthode qu’il compte mettre en place pour enfin sortir de cette sempiternelle loose. C’est celle qu’il avait tenté de mettre en place à Montpellier en 2016 lorsqu’il avait pris la suite de Jake White, après un passage controversé.
Une méthode qui a apporté le succès à Clermont
Gagner, c’est aussi ce qu’il avait réussi à faire avec Clermont, club qu’il a entraîné huit années, en arrivant pour apporter de la stabilité après quatre saisons compliquées ponctuées par des résultats irréguliers et pas mal de changements dans le staff dont le dernier fut dirigé par le duo Bernard Laporte – Jean-Marc Lhermet.
Vern Cotter apporta en 2006 une stabilité bienvenue et attendue et l’ASM s’empara du Challenge européen en 2007 avant d’être sacrée sacrée champion de France en 2010. Ainsi, Clermont l’éternel perdant avait repris de la puissance. Seul Franck Azéma, aujourd’hui sans club après avoir été débarqué de Perpignan en fin d’année dernière, a réussi à égaler le palmarès avec le Brennus en 2017 et le Challenge en 2019. Plus personne depuis.
« Ces quelques pourcents qui manquent, est?ce que c’est du technique, du tactique, du physique, de la capacité d’adaptation, du leadership ? », interroge Vern Cotter qui a vu le potentiel des Reds, toujours tomber trop près du but, trop tôt dans la compétition avec une élimination en quarts quatre années de suite (2022-2025).
« Il y a énormément de choses qui entrent en ligne de compte dans une performance sans relâche pendant 80 minutes, et, en gros, tout ça commence sur le terrain d’entraînement. Donc je ne saurai vraiment qu’une fois qu’on sera sur le terrain et qu’on aura mis pas mal d’éléments en place. Je dirais que 90–95–97% de ce qui est fait aujourd’hui est très bien. Est-ce que je peux trouver ce petit plus ? C’est ça le défi, et j’ai confiance en moi pour le trouver. »

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