Les carnets de Tournoi de Morgane Bourgeois : Chapitre 3
La semaine de compétition commence vraiment, on entre dans le vif du sujet. Tout est millimétré : les entraînements sont moins intensifs, on privilégie la qualité à la quantité, et cela va être amené à diminuer encore et encore au fil des semaines.
Mercredi soir, après notre jour off, AXA nous a rendu visite pour nous faire visionner sa publicité en avant-première. Beaucoup d’entre nous y ont participé alors on chambre un peu les talents d’actrices de chacune. Mais derrière les rires, il y a surtout l’espoir que cette campagne ait un vrai impact, qu’elle attire du monde vers le rugby féminin. Qu’elle mette en lumière la réalité du terrain, nos défis, et notre force.
Jeudi, c’est déjà le départ. À l’arrivée à la gare, des pancartes AXA partout avec nos visages. Ils n’avaient pas menti, alors rebelote.
Deux heures de retard de train. Ça nous arrive presque à chaque tournoi.
Puis, classique de compétition : deux heures de retard de train. Ça nous arrive presque à chaque tournoi. On patiente, on s’adapte… et finalement, la journée se déroule très bien. Les coachs sont obligés d’adapter l’après-midi, la musculation est annulée mais l’entraînement collectif est maintenu, et de qualité. On s’entraîne au stade Lesdiguières, devant du public. La séance nous plonge déjà un peu dans l’ambiance du week-end.
Le lendemain, captain run, puis une après-midi assez calme. On profite du soleil en allant se balader dans la ville, boire un café, faire les magasins pour d’autres. On croise aussi quelques Italiennes, et notamment les Blagnacaises qui se posent en terrasse avec leurs coéquipières.
Avec les anciennes de 1982
Le soir, c’est la fameuse remise des maillots. La première du Tournoi 2026, toujours un moment un peu « sacré » pour l’équipe. Les anciennes de 1982 sont là, cette génération pionnière qui jouait en équipe de France quand ce n’était encore qu’une association, sans même le coq sur le maillot. On les avait déjà rencontrées plus tôt dans la semaine lors d’une opération com, donc on est plutôt à l’aise en leurs compagnies et on partage de beaux moments.
C’est touchant. Elles sont adorables. Le fil rouge de leurs discours nous rappelle de profiter, de savourer chaque instant avec ce maillot, parce que cela passe trop vite. Et elles sont les mieux placées pour en parler, je pense.
Regarder dans la même direction
Puis vient le match. Le stade est animé, des pancartes de nos visages circulent partout dans les tribunes. Dans le vestiaire, avant d’entrer sur le terrain, l’atmosphère est calme, sereine. Comme si tout le monde savait exactement où on allait, et comment ça allait se passer. Et ça se confirme sur le terrain. Une belle victoire pour lancer le Tournoi.
Nous rentrons direct à Marcoussis après le match, pour ne pas perdre de temps. Une arrivée aux alentours de 23h, et le dimanche est entièrement dédié à la récupération et aux retours vidéos. On s’installe devant la grande télé pour regarder certains matchs d’Élite 1, où nos copines jouent. Et on enchaîne avec le choc Bordeaux/Toulouse en Champions Cup, de quoi se chambrer encore un petit peu avant d’entamer une nouvelle semaine toutes ensemble, dans la même direction.