Les carnets de Tournoi de Morgane Bourgeois : Chapitre 1
Pour la deuxième saison, l’arrière Morgane Bourgeois raconte de l’intérieur, en exclusivité pour RugbyPass, la vie intime et sportive des Bleues à l’occasion du Tournoi des Six Nations 2026. Un rendez-vous hebdomadaire pour vivre le Tournoi au plus près du XV de France féminin.
Nous arrivons en stage dès le mardi, avec un groupe de 38 joueuses. Un effectif légèrement différent de celui de Blagnac : quelques visages familiers, mais aussi de nouvelles têtes qui viennent enrichir le collectif. L’objectif reste inchangé, presque martelé comme un fil conducteur : continuer à construire, à intégrer, à faire grandir ce « grand projet bleu ».
Très vite, le ton est donné. On replonge dans la révision du projet de jeu, avec l’ajout de nouvelles notions. Les séances sont appliquées, studieuses, presque minutieuses. Chacune est concentrée, investie, avec cette exigence commune qui s’installe naturellement. Parce que pendant que l’on se prépare, cinq autres nations s’entraînent dur aussi. Pour les battre, nous devons faire plus.
Retour à Marcoussis
Le retour à Marcoussis a aussi quelque chose de particulier. On retrouve l’aile du XV, ses repères, ses habitudes. Certaines connaissent déjà bien les lieux, les chambres, le fonctionnement du quotidien, ce qui facilite l’installation dès l’arrivée. Ce cadre familier permet de gagner du temps et d’être rapidement opérationnelles.
Car en toile de fond, il y a cette échéance : à la fin du stage, 32 joueuses seront retenues pour participer au Tournoi. Une légère tension flotte, perceptible mais jamais pesante. Elle reste très saine. Elle nourrit une forme d’émulation positive où chacune cherche à donner le meilleur sans jamais sortir du cadre collectif.
Se préparer à deux mois de vie commune
Au début, le groupe est encore un peu timide, en construction. Les échanges sont mesurés, les repères encore fragiles. Puis, progressivement, la vie prend le dessus. Les premières tournantes au ping-pong apparaissent, les chambrages commencent déjà et les liens se créent.
Petit à petit, le groupe se dessine réellement, au-delà du terrain. Et c’est essentiel : pour les 32 qui partiront au Tournoi, ce sera près de deux mois de vie commune, en continu. Alors ces moments-là, en dehors du rugby, comptent presque autant que le reste.
L’instant où le Tournoi devient réel
Le stage file à toute vitesse. En réalité, ce ne sont que trois jours pleins : entraînements intenses, retours vidéo à répétition, ajustements permanents. Un rythme dense, exigeant, où tout s’enchaîne sans vraiment laisser le temps de souffler. Court, mais chargé.
Le mercredi, pendant que le groupe poursuit le travail, François (Ratier, le sélectionneur, ndlr) et Manae (Feleu, la capitaine, ndlr) s’envolent pour Londres pour la photo des capitaines. Un moment à part, presque symbolique. Comme si, à cet instant précis, le Tournoi prenait une autre dimension. Ce déplacement marque quelque chose : une bascule. Cette fois, ça y est, on y est. Le Tournoi 2026 est lancé, concrètement, officiellement. Et dans les têtes, tout devient un peu plus réel.