Le XV face à la montée inexorable du rugby à XIII en Nouvelle-Zélande
L’ancien international néo-zélandais Michael Jones estime que le rugby à XV perd en Nouvelle-Zélande la bataille des « coeurs et des esprits » face au rugby à XIII, en particulier auprès des populations originaires des îles du Pacifique.
S’ils demeurent l’emblème du sport national, les All Blacks ont perdu de leur aura d’invincibilité, tandis que le rugby à XIII s’impose comme « le sport du peuple aujourd’hui », a déclaré il y a peu l’ancien troisième ligne à l’AFP.
Relancer l’intérêt
Ces propos interviennent alors que les All Blacks s’échinent à relancer l’intérêt du public, que ce soit avec le Championnat des Nations ou maintenant The Greatest Rivalry contre l’Afrique du Sud. Mais dans le même temps, la disparition de Moana Pasifika, la franchise du Super Rugby, a été confirmée compte tenu des « réalités financières, opérationnelles et stratégiques ».
Etablie à Auckland, la plus grande ville du pays, cette équipe créée pour renforcer la représentation des joueurs d’origine samoane, tongienne et des îles Cook peinait à attirer un large public et à conserver ses meilleurs éléments.
Les Warriors comme modèle
Dans le même temps, la franchise de rugby à XIII des New Zealand Warriors, également basée à Auckland, a connu une forte progression, remplissant régulièrement son stade de 25 000 places, indépendamment des résultats sportifs.
Cette évolution se reflète aussi dans les choix de diffusion télévisée puisque le rugby à XIII bénéficie désormais d’une exposition prioritaire en Nouvelle-Zélande par rapport au Super Rugby.
Un XV jugé trop rigide
Michael Jones estime que la dynamique du XIII repose sur une approche plus moderne et plus proche de ses supporters. « Il faut reconnaître ce que fait le rugby à XIII. Si le rugby à XV garde la tête dans les nuages, nous finirons tous par jouer à XIII », a averti le champion du monde 1987 (55 sélections).
Selon lui, si le XV, bien plus pratiqué au niveau mondial que son rival, dispose d’un poids historique majeur, il ne peut considérer cette domination comme acquise. Ces dernières années, le recul des résultats sportifs et une forme de désaffection du public ont contribué à affaiblir l’attrait du rugby à XV, notamment dans le sud d’Auckland, où vit une importante communauté issue des îles du Pacifique.
Michael Jones plaide pour une meilleure prise en compte de ces publics et critique des règles d’éligibilité internationales qu’il juge « archaïques », estimant qu’elles freinent le développement des nations du Pacifique. Dans le rugby à XV, un joueur ne peut changer de sélection qu’après une période de carence de trois ans, alors que le rugby à XIII autorise des changements bien plus souples.
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