Le MHR version Caudullo, transformé en machine à victoires
En juin 2024, Mohed Altrad surprend tout le monde en nommant Joan Caudullo, 43 ans, à la tête de l’équipe première de Montpellier. Fini les grands noms (Galthié, Jake White, Vern Cotter, Garbajosa, Philippe Saint-André) : le président lance un « jeune du cru », ancien talonneur formé au club.
Dès son arrivée, peu le prennent au sérieux. La presse le décrit d’emblée comme « novice et inconnu du grand public ». Jusqu’alors, Caudullo était responsable du centre de formation (2020-2024). Il va vite s’attacher les services de Geoffrey Doumayrou (défense) et Benoît Paillaugue, sous l’oeil de Bernard Laporte comme directeur du rugby.
1re saison : la reconstruction
Avant son arrivée, le MHR venait de vivre une saison 2023-2024 catastrophique. Deux ans seulement après son titre de champion de France (2022), le club termine 13e de la saison régulière et doit jouer un barrage de maintien contre Grenoble. Le MHR s’en sort in extremis (18-20) grâce à une pénalité de Louis Carbonel à la 77e minute. Un moment traumatisant pour un club du calibre du MHR.
Montpellier l’emporte de justesse à Grenoble (18 …” data-state=”closed”>Mais dès la première saison, la reconstruction est en marche. Le début est chaotique avec seulement six points en cinq journées. Puis la montée en puissance se fait progressivement, avec des séries de victoires. Caudullo commence à imprimer sa marque en responsabilisant les joueurs, mettant en place un socle défensif et un jeu de pression.
Le MHR termine la saison à la 9e place du Top 14, à sept points de Castres, dernier qualifié pour les phases finales (56 pts, 12 victoires, 14 défaites sur 26 matchs). C’est mieux. « Il y a des progrès partout. On a posé les fondations, maintenant on doit consolider ce travail », juge Altrad qui renouvelle son poulain pour une deuxième saison.
2e saison : l’explosion
La seconde saison, sera celle de l’explosion. C’est celle que nous sommes en train de vivre. Le travail de Caudullo porte ses fruits de manière spectaculaire. Après un nouveau début (9e à la 9e journée), la remontada est irrésistible à partir de novembre avec notamment un 44-14 retentissant contre le Stade Toulousain à domicile (20 septembre), un 62-22 contre Bayonne (3 janvier), un 44-7 contre le Stade Français (31 janvier), ou encore un 41-17 contre le Racing 92 (28 février).
Au classement actuel, à la veille de la 19e journée, le MHR est 2e du Top 14 avec 57 points (11V, 1N, 7D), derrière Toulouse (67 pts) et devant Pau (55 pts).
Un entraîneur désormais courtisé
Preuve ultime de sa réussite : Toulon a tenté de recruter Caudullo en mars 2026, mais Bernard Laporte et le MHR semblent avoir fait barrage pour le retenir, selon des infos du Midol. Et à l’aube d’aller jouer Toulouse, Caudullo ne se prend pas la tête.
« Depuis que je suis revenu au club, en 2020, on les a joués onze fois », détaille-t-il dans le Midi Libre. « Bilan : deux victoires. Une fois en 2021 chez eux (16-29), et en septembre dernier. C’est 18% de victoires. À chaque fois qu’on a gagné, il y a eu une grosse performance stratégique et individuelle de notre part. On sait face à qui on se mesure. On a travaillé pour les titiller, les empêcher d’avoir de la continuité dans la performance. »
Le match retour contre Toulouse
Après quatre victoires consécutives (une seul défaite lors des sept dernières rencontres), Caudullo affirme ne rien avoir changé dans ses plans contre le leader qui a tant malmené d’équipes. « J’ai envie qu’on voie notre ADN samedi. Oui, beaucoup de clubs avec leur équipe-type ont ramassé. On a travaillé pour ne pas ramasser. On sait où on va », dit-il.
Face à eux, les Montpelliérains auront Antoine Dupont, le meilleur joueur du monde, de retour après un Tournoi des Six Nations triomphant. Ce sera pour Caudullo et sa bande presque une découverte.
« On ne l’a pas beaucoup joué sur les six dernières années. Il a participé à aucune défaite du Stade contre Montpellier. Le décor est planté. J’espère qu’il y aura la meilleure équipe de Toulouse, c’est important pour mes joueurs. C’est bien de jouer les meilleurs. C’est toujours intéressant », assure-t-il.