La petite pique d’Ugo Mola qui relance déjà la machine à gagner
Secoué par Montpellier, le Stade toulousain a fait parler son savoir-faire incomparable pour répondre, une fois de plus, à « l’appel du Bouclier » et s’offrir un quadruplé historique… avant de déjà se tourner vers la conquête d’un cinquième titre.
« On a une génération qui est assez incroyable, qui a faim de titres chaque année, la soif de gagner tout le temps », a lancé le demi d’ouverture Romain Ntamack, déjà six Brennus au compteur. « C’est la logique de dire qu’on veut en chercher un cinquième, et en plus avec Ugo qui nous a déjà mis une petite pique cinq minutes après la fin du match sur ça, c’est sûr qu’on va l’évoquer », assurait-il en zone mixte.
Mais quelle était cette petite pique lancée à par le manager à ses joueurs ? Celle-ci a été captée par les caméras de Canal +, alors que l’équipe est en cercle. « Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on a encore de la marge avec la seconde mi-temps de merde qu’on fait… », lance le manager. En gros : c’est bien les p’tits gars, mais on peut mieux faire !
Toulouse signe un quadruplé historique en Top 14
Faim ou soif, les Toulousains ont choisi de ne pas choisir et d’assumer une gloutonnerie sans partage à l’échelle nationale. Depuis 2019, sur les sept derniers titres décernés, les Rouge et Noir en ont remporté six, se montrant invincibles au moment d’entrer sur le terrain lors des finales.
Au total, 11 membres de l’effectif toulousain ont désormais atteint les six sacres nationaux, 12 en comptant le centre Pita Ahki, rentré en cours de saison en Nouvelle-Zélande, mais présent pour soutenir ses ex-coéquipiers au Stade de France samedi.
« En étant le nez dedans, avec les saisons qui s’enchaînent, ils ne se rendent pas compte mais il ne faut pas banaliser », souligne l’entraîneur des avants Virgile Lacombe. La saison qui s’est achevée samedi n’a pas été la plus simple pour le club toulousain, empêtré dans des affaires d’infractions au règlement du plafond salarial qui pourraient bientôt lui coûter cher et parfois dans le flou sur le plan sportif avec une fin de saison étrange, interminable depuis l’élimination en Champions Cup mi-avril contre Bordeaux-Bègles.
Une saison compliquée transformée en succès
Mais comme l’année précédente, le staff a réussi à remobiliser ses troupes pour transformer la frustration en motivation et s’offrir le droit, au terme de la finale, de dégainer les casquettes siglées d’un malicieux « Back 4 Back ». Peut-être une façon de répondre au slogan « Back 2 Back » clamé par les rivaux de l’UBB après leur deuxième sacre européen consécutif en mai.
« Ça a été une saison difficile, peut-être l’une des plus compliquées qu’on ait eu à jouer depuis pas mal de temps », juge Ntamack, estimant qu’elle « montre que ce groupe a des ressources assez particulières, est très soudé et s’aime profondément ».
Une cohésion visible samedi pour venir à bout de solides montpelliérains (28-20) : « L’appel du Bouclier a été très fort et on a voulu tenir ce bras de fer jusqu’au bout pour l’emporter », poursuit l’ouvreur. Emplis de quiétude plus que débordés par l’euphorie samedi soir, les Toulousains vont à nouveau pouvoir laisser éclater leur joie au Capitole, pour des célébrations devenues annuelles dans la Ville Rose.
Déjà tournés vers un cinquième titre inédit
Pour cette génération incarnée par une tête d’affiche hors normes, le n°9 Antoine Dupont, la trace laissée dans l’histoire du rugby semble rester le moteur principal, au même titre qu’une haine viscérale de la défaite. « On peut se retourner sur ce qu’on a fait jusqu’à maintenant et en être très fiers, quatre d’affilée, c’est exceptionnel, incroyable », assène Romain Ntamack, peut-être le mieux placé pour mesurer la portée d’un tel exploit : son père Emile, six Brennus également, faisait partie de la seule génération toulousaine à avoir réaliser un quadruplé (1994-1997).
Maintenant que les glorieux aînés sont égalés, quels rêves restent-t-ils aux Ramos, Cros, Mauvaka et consorts ? « Bien sûr, on n’a pas envie de s’arrêter là et je pense que ceux qui ont déjà 5 ou 6 (titres en Top 14), ils ont envie d’en accumuler un maximum », assure Kalvin Gourgues, 20 ans et à court de mots pour décrire sa joie après sa première saison complète chez les professionnels.
Jérôme Cazalbou, manager du haut niveau des Rouge et Noir et n°9 dans les années 1990, est clairement dans le viseur de ses ouailles, avec son record toulousain de sept titres nationaux. Et la perspective d’aller chercher un cinquième Bouclier consécutif, un exploit encore jamais réalisé dans le rubgy français, fait déjà de l’œil aux Toulousains.
Pour y parvenir, ils devraient s’appuyer sur un effectif quasi identique, avec le départ de Dimitri Delibes à Montpellier, celui probable de Paul Costes, l’arrivée d’un phénomène italien, le centre Tommaso Menoncello, et le retour de prêt de l’ouvreur Valentin Delpy. « Maintenant on va savourer et se préparer pour l’année prochaine et aller chercher un cinquième titre d’affilée, c’est le but je pense », résume Kalvin Gourgues avec simplicité.
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