La confession de Uini Atonio après son accident cardiaque : « je ne suis pas mort »
Le 27 janvier 2026, La Rochelle annonce que Uini Atonio a été hospitalisé en urgence au Centre Hospitalier de La Rochelle suite à un accident cardiaque. On est en pleine préparation du Tournoi des Six Nations et le staff de Fabien Galthié vient de rappeler ce vétéran de 36 ans et 68 sélections.
Il venait seulement de reprendre la compétition
Victime d’une blessure aux ischio-jambiers en juin 2025 qui l’avait tenu éloigné des terrains pendant plusieurs mois, le natif de Nouvelle-Zélande n’avait pu effectuer son retour à la compétition que quelques semaines auparavant, n’ayant disputé que six matchs au total sur l’ensemble de la saison.
Durant sa période d’indisponibilité, il avait été intégré au staff rochelais en tant que consultant/entraîneur de la mêlée, amorçant ainsi une reconversion. C’est dans ce contexte que s’est déclaré son accident cardiaque.
« Écoute, ça va, ça va, de mieux en mieux. Ça fait trois mois que je reste vraiment tranquille », explique-t-il dans une interview exclusive accordée à nos confrères du Canal Rugby Club. Il s’y livre comme rarement, lui le taciturne au regard espiègle. Mais lorsqu’il s’agit de santé, les masques tombent.
Première alerte dans le vestiaire
Il fait remonter une première alerte dans le vestiaire de Clermont quelques jours avant. « Je croyais que c’était mécanique. Sachant que dans la semaine j’avais fait un scanner, ils m’ont dit que j’avais un os un peu abîmé, et du coup j’y croyais, toujours c’était ça. Mais clairement, là pendant l’échauffement je me disais non, je sentais que c’était… il y avait autre chose », raconte-t-il.
« C’était bizarre parce que quand on est blessé, en tant qu’athlète, on croit toujours que c’est mécanique. Et finalement quand on a su que c’était le cœur, ouais, ça m’a fait un p’tit peu peur. Mais vu que je vois toujours les choses en positif, je me suis dit, enfin, ça va être un peu violent mais j’suis pas mort, j’ai encore la chance d’être là avec tout le monde. Du coup, ouais, un peu peur mais en même temps content de commencer une nouvelle vie après le rugby. »
Le soutien de la communauté du rugby
Une opération, du repos, de la rééducation et une surveillance à vie. Uini s’est fait discret à la sortie de l’hôpital. « Pour le moment c’est des prises de sang régulières, et après c’est de continuer à faire du sport en endurance mais pas de sport en contact, faut continuer à “rester sage”, manger bien et rester tranquille », sourit le bon vivant.
En convalescence et loin des terrains, la communauté du rugby s’est mobilisée pour lui apporter tout le soutien affectif qu’il mérite tant sa situation a touché au coeur tout le monde.

« Ça m’a vraiment touché quand t’es à l’hôpital et que tu reçois deux-trois cents messages en même temps. Ça fait vraiment chaud au cœur. La communauté du rugby c’est encore fort, on sait qu’on peut toujours compter sur tout le monde », assure-t-il.
Ce qui va lui manquer
Sa nouvelle vie sera de toute façon pas si éloignée du rugby, même si l’activité sera différente. Il en est conscient : son ancienne vie s’est terminée brutalement. Mais une chose qu’il ne manquera pas : la musculation. « Ça c’était vraiment pas mon truc », rigole-t-il du haut de son mètre 97 et de ses 152 kg. « Mais oui, tout ce qui est vestiaire, les préparations, les matchs, même – on va pas mentir – la 3e mi-temps, dans un vestiaire c’est… ça fait du bien. Dans le bus, même sur le terrain quand ça devient dur… Ça manque quand même. J’aurais bien aimé aller jusqu’au dernier, à la Coupe du monde dans un an, mais c’est comme ça. C’est brutal mais au moins je suis content avec ce que j’avais fait, que ce soit pour La Rochelle ou pour l’équipe de France. »
Entraîneur de mêlée : un nouveau rôle à apprivoiser
Où en est son projet de reconversion dans l’entraînement ? « Je pense que c’était plus facile au début de l’année parce que j’étais joueur encore, je faisais un peu le lien entre les deux, c’était plus fluide. Là maintenant je sais que je peux plus aller sur le terrain avec eux. J’ai pas changé la façon dont je travaille, c’est juste je pense le discours. Il faut que ça change un p’tit peu par rapport à avant. J’ai toujours dit c’est le meilleur métier au monde d’être rugbyman et je pense de travailler encore dans le rugby. »
Uini Atonio se trouvait dans les tribunes de Marcel-Deflandre dimanche soir pour la victoire du Stade Rochelais sur Toulouse qui permet aux Maritimes d’espérer accrocher le top 6 final.
« Déjà là, ça va être dur d’être en tribune contre Toulouse parce que c’était des gros matchs, j’adorais celui-là”, confiait-il à quelques heures du coup d’envoi. « Je sais qu’on a un bon groupe et c’est des matchs comme ça qui vont montrer ce qu’on a dans le ventre. »
Il n’avait pas tort.
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